les mauvaises habitudes ont toujours la peau dure
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MessageSujet: les mauvaises habitudes ont toujours la peau dure Lun 6 Oct - 18:56



Novembre 1977.

« Pff. Bon alors, le sortilège de transfert fait partie des nombreux sortilèges de transformation animale-humaine pouvant ainsi donner vie et corps à des objets ou encore rendre un être vivant parfaitement statique et matériel. Blablabla. » Au fur et à mesure que ses yeux glissaient sur les lignes instruites de son manuel de métamorphose, Dorea sentaient ces derniers devenir récalcitrants au point de devoir sauter des mots pour gagner en vitesse. Ca fut pourtant là où elle perdit en compréhension. Les phrases coulaient sous son regard mais ne signifiaient plus grand-chose pour son cerveau qui s’embrouillait entre les souvenirs du cours et les mots qui, collés les uns aux autres, ne signifiaient plus rien. Se redressant de la table en chêne de la salle commune où elle s’était mise à travailler, elle écarta les bras en signe de rejet et d’incompréhension. Beaucoup disaient que les lions savaient mieux se débrouiller en métamorphose que n’importe quelle autre maison de l’école. Tout simplement parce que leur directrice n’était autre que le professeur et que leurs caractères devaient avoir développés cette aptitude. Si c’était ainsi, soit Dorea n’était pas une véritable lionne, soit les racontars du dimanche soir n’étaient que des fables destinées à rassurer les premières années. Or, la demoiselle préférait la dernière version. Néanmoins, elle ne pouvait pas baisser les bras aussi rapidement, ni même aussi facilement. A chaque fois qu'elle était tentée de refermer son livre d'un geste brusque, le visage rieur et moqueur de son frère apparaissait devant elle. Trop fière, elle ne pouvait se permettre cet affront de le laisser avec raison et de tenter de la consoler parce qu'elle n'avait pas obtenu suffisamment d'ASPIC. Quel comble, quand même : Dorea Dearborn, attablée sur la grande table de travail de la salle commune, en train de baragouiner à son livre de cours pour qu'il lui révèle tous ses secrets, au lieu de s’entraîner et s'amuser et faire chuter Potter de son balai au quidditch, chaperonner Theodora, faire une partie de bataille explosive avec les sixièmes années réunis à l'autre bout de la table et tant d'autres activités tellement plus intéressantes. Mais non, à la place, elle était bloquée devant son épais manuel incompréhensible avec l'obligation morale de réussir à déchiffrer au moins le premier paragraphe pour pouvoir accéder à ses rêves. C'était stupéfiant la façon dont nos espérances, croyances et espoirs pouvaient nous porter plus loin que notre propre façon d'être.

Un coude déposé sur la table, sa joue au creux de sa main, Dorea jouait avec ses joues, envoyant son air d'une joue à l'autre, tout en relisant de nouveau les lignes de Margareth Wigtown. De sa main libre, elle releva le schéma d'un hibou se transformant en paire de jumelles pour théâtre. Sérieusement, à quoi cela pourrait bien lui servir ?! Ce n'était pas comme si elle était adepte du théâtre. Un concert, çà c'était bien plus intéressant. " Tout d'abord, commencez par visualiser l'objet. Blablabla. Comment quelque chose d'aussi évident peut paraître si compliqué ?! " Non, ce n'était pas possible, elle n'y arriverait pas. Où était donc Lily quand elle avait besoin d'elle ?! Chose demandée, souhait exaucé. A peine dix minutes plus tard, on pouvait entendre la grosse dame s'essayait de nouveau au chant. La pauvre ne semblait toujours pas convaincue de sa capacité à briser le verre, tellement sa voix était aiguë et haut perchée. C'était comme çà environ quatre jours par semaine. Un flot d'élèves finit par entrer mais c'était surtout la rousse en fureur qui attira son regard. Sans se dégager de son attitude nonchalante devant son livre, elle accueillit la demoiselle d'un sourire narquois, l'interpellant d'un : " Hola la rouquine ! T'as l'air de t'être transformée en dragon, tu comptes cracher du feu dans toute la pièce ?". Enfin une distraction, une vraie. Avoir une Lily Evans en pétard était comme un billet pour un parc d'attraction avec d'énormes montagnes russes. Adieu métamorphose, bonjour véritable vie !

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MessageSujet: Re: les mauvaises habitudes ont toujours la peau dure Sam 11 Oct - 21:43

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« ET VOUS ! REVENEZ ICI TOUT DE SUITE ! » Tu commences à courir, d'abord doucement, puis à toute vitesse, dans l'espoir de rattraper les deuxièmes années que tu as surpris en train de dégrader les couloirs du quatrième étage. Des graffitis, sérieusement ? Tu as eu l'impression de rentrer chez toi, dans la banlieue de ta petite ville moldue, où des gamins idiots ne peuvent s'empêcher de salir les murs que payent les contribuables. Oui, tu es vindicative lorsque tu t'y mets. Pourquoi personne ne peut s'empêcher de transgresser les règles ? Pourquoi les gens ne sont-ils pas respectueux du règlement ? S'il y en a un, c'est pour qu'on s'y tienne, non ? Tu soupires et tu t'époumones : « DIX POINTS EN MOINS POUR SERDAIGLE ! » Tu n'as pas reconnu les visages de ces enfants, mais la cravate et la couleur de l'uniforme ne trompent jamais. Tu t'arrêtes soudainement, tu sais que ça ne sert à rien. Tu cherches à reprendre ton souffle. Ils sont trop rapides pour toi. Pourtant, tu es le genre de fille à faire un footing matinal tous les samedis pour garder la forme, mais cette fois, tu n'as pas envie de courir après eux, car de toute manière, cela ne servira à rien. Ils prendront la punition, et recommenceront deux heures plus tard, car c'est comme ça que cette école fonctionnait. Rien ne tournait plus rond depuis quelques mois de toute manière. C'était la vérité : c'était la débandade à l'école depuis la mort de Dumbledore. Le conseil d'Administration... Tu préfères ne pas y songer. Y penser te trouble plus que tout le reste. Tu retournes sur tes pas et tu retrouves les peintures grotesques faites par ces idiots, et tu lèves ta baguette. Un sortilège de nettoyage plus tard, les murs avaient retrouvé leur apparence habituelle. Tu réajustes doucement ta cravate et ta chemise, ainsi que ta jupe, légèrement plissée après ta petite course. Tu n'as pas envie de paraître négligée, tu es tout de même la préfète-en-chef ! Tu te dois de montrer l'exemple et d'être toujours impeccable. Tes yeux dérivent doucement sur ton insigne correctement épinglé sur ta veste. Tu étais déjà tellement fière d'être préfète, tu l'es encore plus d'avoir obtenu le grade supérieur. Perdue dans tes pensées, tu te diriges vers les escaliers pour remonter à ta salle Commune lorsque qu'un garçon te percute brusquement. Tu vacilles sous le choc, et un bras te retient. « Merci. » déclares-tu bêtement, oubliant qu'il est la raison pour laquelle tu as failli tomber. Tu lèves les yeux, et tu aperçois Potter. Ton cher homologue. Tes yeux clairs s'assombrissent. « Qu'est-ce que tu fous là toi ? Des deuxième années ont encore dégradé les murs de TA partie du château, alors si t'es pas capable d'assumer tes responsabilités, un conseil, démissionne ! » Oui, tu es énervée. Il ne fait pas son travail, alors oui, cela t'agace. Et même s'il ne t'avait rien fait personnellement aujourd'hui, il a pris pour les autres. Tant pis pour lui. Furieuse, tu grimpes les escaliers à toute vitesse et tu rejoins le groupe d'élèves attendant que la Grosse Dame, qui se prend une fois de plus pour la Castafiore, daigne enfin leur ouvrir le passage menant à la Salle Commune. Mais tout ce qu'elle faisait, c'était de casser les oreilles de tous les Gryffondor, toi y compris. Tu n'es déjà pas d'humeur... Tu pousses les autres élèves qui attendent en ne faisant rien et tu hausses le ton en donnant le mot de passe. La Grosse Dame te regarde soudainement, se tait et la porte s'ouvre doucement. Tu la remercies tout de même, et tu te diriges vers ton dortoir, car tu n'as qu'une seule envie : t'enfoncer dans ton matelas et dormir, dormir, dormir, mais on t’interpelle. Tu te retournes, et même si tu es furieuse, un sourire s'étale sur tes lèvres en apercevant ton amie Dorea. Do, c'est le genre de fille que tu adores et à qui tu ne peux t'empêcher de sourire. Certes, votre amitié n'est pas aussi ancienne que celle avec Marlène, par exemple, mais tu l'aimes tout autant. Tu l'observes, nonchalante derrière son livre de métamorphose et son devoir inachevé, et tu l'envies d'être aussi belle, d'avoir autant de classe que de dédain, et d'être aussi géniale. « Hola la rouquine ! T'as l'air de t'être transformée en dragon, tu comptes cracher du feu dans toute la pièce ? » Comment fait-elle pour toujours comprendre d'un regard tes humeurs ? Tu l'avoues, ces derniers temps, tes cycles thymiques en surprennent plus d'un et tu te sens incomprise. Tu as beau ne pas vouloir l'avouer, mais la mort de Dumbledore et l'arrivée du conseil t'a beaucoup plus troublé que tu n'as bien voulu le dire. Tu te demandes si ce monde a encore un sens sans lui. Après tout, tu le croyais invincible. C'était le plus grand sorcier de ce siècle, et sans ses pouvoirs, tu te demandes si le monde magique ne va pas bientôt sombrer dans la folie et la décadence. Tu t'affales à ses côtés et tu jettes un coup d’œil rapide au parchemin qui se trouve devant elle. « Nan, seulement sur toi, Do. Viens là que je te crame les cheveux. » dis-tu en rigolant. Puis, tu soupires doucement en disant : «Ah, je te jure, je passe une journée exécrable. Aide-moi à la rendre meilleure s'il te plaît ! » Tu portes tes ongles déjà rongés à ta bouche, signe de ton stress, et tu tapotes la table avec ton autre main. « Je te jure.... » répètes-tu. Dorea te regarde, ne dit rien, alors tu enchaînes : « Des fois j'ai vraiment l'impression qu'ils font tout pour m'emmerder. Les autres élèves. » Mais tu sais fort bien que ce n'est pas ça le problème : «Et il y a Potter aussi... » Il t'énerve plus que tout au monde celui-là ! Tu soupires de nouveau fortement, puis tu déclares : « Mais toi, la seule chose dont tu dois te soucier c'est ton devoir de métamorphose. Alors vas-y, bosse un peu, je ne te laisserais pas copier sur moi. » dis-tu, essayant d'avoir l'air amusée.
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MessageSujet: Re: les mauvaises habitudes ont toujours la peau dure Lun 27 Oct - 16:46



Regardant son amie s’approcher d’elle avec un grand sourire, elle se contente de faire la même mimique bien que cette dernière ne semble plus narquoise que celui de son amie. Une habitude. Dorea n’y peut rien, elle a toujours été en train de taquiner ceux qu’elle apprécie. Une jauge assez concrète de ses fréquentations et états d’âme. Ainsi, son interlocuteur a toujours su se situer. Délaisser son travail n’avait jamais été aussi simple. L’inverse était plutôt la grande complication de la gryffondor. N’importe qui dans la salle commune pourrait en témoigner : Dorea Dearborn qui s’enferme à l’intérieur pour travailler mériterait d’être pris en photo en souvenir immémoriale. « Nan, seulement sur toi, Do. Viens là que je te crame les cheveux. » commença-t-elle en s’asseyant en face de toi. Faisant mine d’être atterrée, Dorea tira une moue figée montrant sa surprise et son choc. Dorea chauve, est-ce que vous vous l’imaginez ? Elle, non. «Ah, je te jure, je passe une journée exécrable. Aide-moi à la rendre meilleure s'il te plaît ! ». Là, voilà : on y était. Il n’était jamais très compliqué de connaître les gens. Il suffisait de les observer assez bien pour comprendre leur fonctionnement. Dans quatre-vingt-dix pourcent des cas, cela fonctionnait et avec Lily Evans, ça marchait du tonnerre même.  La regardant se ronger les oncles d’anxiété, elle fait glisser son sourire en coin, preuve de sa désapprobation. Comme lors de cette soirée, il y a de cela deux ans. Pour savoir ce qu’un sorcier a sur le cœur, il faut parfois le laisser parler. Même si dans le cas présent, l’écossaise était certaine que le mot exécrable était surement de trop. Ah moins que…  « Des fois j'ai vraiment l'impression qu'ils font tout pour m'emmerder. Les autres élèves. » Pinçant les lèvres, Dorea s’empêche de rire mais la petite réplique ne peut rester sagement à sa place et finit par percer sa bouche tandis que les recoins de cette dernière laisse entrevoir un sourire aussi taquin que narquois. « Il me semble avoir lu que c’était la saint Lily, aujourd’hui. » Un prétexte surement pour faire enrager la belle rousse alors que le problème n’était pas tant les autres que les nerfs de cette dernière. Avec le temps, elle avait appris à voir que la préfète-en-chef était des plus stressée, prenant trop de choses bien à cœur : son travail, ses études, ses relations, ses convictions… bien trop de choses. « Et il y a Potter aussi… » Ah oui, l’éternel problème : Potter.

Relevant ton menton comme si elle voyait enfin de quoi elle parlait, elle se tait pourtant un instant. D’aussi loin qu’elle ne s’en souvienne, Dorea n’avait jamais entendu un mot encourageant envers ce pauvre herse de Potter en l’espace de six ans. Peut-être y en avait-il eu lors de ses jeunes années, durant laquelle la demoiselle ne la fréquentait pas mais plus elle passait du temps avec la rouquine et plus elle venait à en douter. Il fallait dire que le Lion s’y prenait plutôt mal pour exprimer un amour qu’il clamait haut et fort. Inspirant fort, la brune posa ses coudes sur la table afin d’être toute opérationnelle pour écouter le dernier « exploit » de James. Pourtant, elle fut bien déçue lorsque son amie se rétracta en clamant qu’elle avait mieux à faire avec son devoir de métamorphose. Sans blague, c’était quoi çà ? Le pire de l’histoire étant surement que Dorea était persuadée qu’elle le pensait réellement. Levant les mains comme pour protester, elle se contenta d’houspiller modérément. « Attend, tu plaisantes là. » commença-t-elle avant de lever les yeux en l’air et de reprendre avec ce petit sourire narquois si Doreaien. « Laisse-moi deviner, tu as reçu une énième demande en mariage si romantique que tu en es tombée à la renverse de bonheur ? » La tête de Lily valait tous les gallions du monde et elle ne put retenir son rire. « Sérieusement, ne pense pas que tu vas t’échapper avec un malheureux devoir de métamorphose qui me bouffe toute ma motivation en moins de deux minutes, d’accord ? » lui expliqua-t-elle tout en soulevant son manuel de métamorphose au niveau de son visage d’un air très sérieux. Franchement, vous l’avez vu ? Dorea Dearborn préférant travailler qu’écouter les derniers potins Potter pour pouvoir les lui ressortir au prochain entrainement de quidditch. Done, Lily Evans, tu vas parler. Pour confirmer ses dires, Dorea laissa tomber son livre de métamorphose de la table, direction le sol en moins de seconde qu'il fallait pour dire quidditch. Coude posé sur la table et menton en son creux de la façon la plus innocente possible, la jeune femme regarda son amie dans le blanc des yeux tout en clignant frénétiquement des paupières. "Ne me force pas à te faire la cour pour avoir ce que je veux." la nargua-t-elle en se retenant de foutre en l'air sa mimique par un sourire de trop. Son amie n'avait besoin que d'un peu d'encouragement pour cracher le morceau. Quelque chose qui ne serait pas long à venir mais autant faire croire que l'écossaise possédait le vilain défaut de la curiosité, seulement croire bien entendu.



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MessageSujet: Re: les mauvaises habitudes ont toujours la peau dure Mar 18 Nov - 22:59

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Lily regarda Dorea. Cela faisait maintenant quelques années qu'elles se fréquentaient toutes les deux. Sept pour être tout à fait exact. Mais pour être honnête, elles étaient réellement amies depuis deux seulement. Un événement imprévu les avait rapproché : la trahison de Severus. C'était triste à dire, c'était douloureux d'y repenser, mais sans cela, Lily n'aurait sans doute jamais connu qui était réellement la jolie brune. Car auparavant, rien ne les liait : Lily menait sa propre vie, Dorea la sienne de son côté. Tout était très simple en apparence. Elles se saluaient et mangeaient parfois ensemble. Mais jamais Lily n'aurait sauté du haut de la tour d'astronomie pour elle. Aujourd'hui, si. Dorea avait été là pour elle au pire moment de sa vie d'adolescente. Quand Severus (ou plutôt Rogue, comme Lily se forçait à l'appeler désormais, pour le mettre le plus à distance d'elle-même) l'avait traité de la pire et la plus infâme des insultes, le cœur de la jeune rouquine s'était brisé. En mille morceaux. Lui qui avait toujours été là pour elle, lui qui lui avait tout appris du monde de la magie, lui avait qui elle avait passé de nombreuses soirées, lui avait qui elle avait passé d’innombrables heures à la bibliothèque à travailler ou dans les couloirs à discuter, lui à qui elle avait accordé toute sa confiance sans aucune réserve et sans jamais penser qu'un jour, avec un seul mot, il gâcherait des années et des années d'amitié. C'était Dorea qui l'avait ramassé à la petite cuillère ce soir là, alors qu'elle pleurait à chaudes larmes dans la froideur de ses draps, alors qu'elle tentait encore de jouer la fille forte qui n'en avait que faire de lui. La jeune Gryffondor avait été là, et Lily savait qu'elle avait une dette éternelle envers elle. Elle l'avait sauvé, en quelque sorte. Elle l'avait poussé à se relever, à vivre sans lui, à apprendre qu'il ne valait plus la peine qu'elle ne verse une seule perle salée pour lui. Et même si Lily avait encore le cœur serré lorsqu'elle pensait à lui, elle n'en souffrait plus vraiment. Ou du moins, c'est ce qu'elle racontait à ceux qui l'entouraient. Elle avait toujours de la rancœur et de la tristesse quand remontaient en elle ces vieux souvenirs.

Lily s'installa près de son amie et la taquina. Comme toujours. Puis, elle commença à se plaindre. Se plaindre à Do était toujours très plaisant parce que la jeune fille était toujours là pour écouter, pour se plaindre avec elle, ou au contraire, pour se moquer d'elle en disant qu'il n'y avait pas de raison de le faire. Mais au moins, il y avait une oreille attentive, prête à subir toutes les doléances de la jeune préfète-en-chef.  « Il me semble avoir lu que c’était la saint Lily, aujourd’hui. » dit Dorea, un sourire narquois sur les lèvres. Lily fronça les sourcils et lui lança un regard noir. NON MAIS OH. Saleté de Do ! Parfois également, elle faisait toujours tout pour la faire enrager. Quelle vilaine fille !! Mais elle n'était pas là pour réprimander la rouge et or. Elle était là pour se plaindre ! Rappelez-vous ! Se plaindre des sales mioches qui n'en faisaient qu'à leur tête, se plaindre de Potter, se plaindre des élèves qui traînaient dans les couloirs après le couvre-feu, se plaindre de Potter, se plaindre des camarades qui n'étaient pas capable de respecter un règlement, se plaindre de Potter. Lily tenta de s'exprimer sur le sujet. Mais trop pensive, elle n'arrivait pas à parler, du coup, préféra se rabattre sur quelque chose de connu : les cours. Il fallait l'avouer, Lily pouvait parler de métamorphose pendant des heures sans s'arrêter parce qu'elle en connaissait un rayon sur la matière. Et surtout, c'était un sujet de conversation beaucoup plus neutre sur le plan émotionnel que le sujet Potter... Lorsque Dorea leva les mains pour protster, Lily sut qu'elle avait perdu. Elle n'échapperait pas à l'interrogatoire made in Dorea Dearborn. Dommage.  « Attend, tu plaisantes là Laisse-moi deviner, tu as reçu une énième demande en mariage si romantique que tu en es tombée à la renverse de bonheur ? » Lily roula des yeux. Elle préférait encore accepter la demande en mariage du calamar géant qui vivait tranquillement sous le lac noir. « Sérieusement, ne pense pas que tu vas t’échapper avec un malheureux devoir de métamorphose qui me bouffe toute ma motivation en moins de deux minutes, d’accord ? » Comme pour appuyer ses propos, Dorea balança son manuel de métamorphose au sol. « DO ! ON NE JETTE PAS UN LIVRE COMME CA VOYONS ! » S'empressant de le ramasser, Lily le serra ensuite tout contre elle, manière sans doute stupide de tenter une fois de plus d'échapper à son amie. Mais c'était perdu d'avance. Il suffit à Lily de la regarder encore une fois pour comprendre qu'elle n'aurait jamais du aborder le sujet. Elle allait la cuisiner. Jusqu'à ce qu'elle craque, jusqu'à ce qu'elle crache le morceau. Alors Lily tenta le tout pour le tout. Elle décida de toute raconter. Enfin... il n'y avait rien de bien spécial à raconter. « Je sais pas Do. Je comprends rien à son comportement. » Bon, ça, tout le monde était au courant. « J'ai l'impression qu'il fait tout son possible pour que je m'énerve, qu'il fait tout son possible pour me faire sortir de mes gonds : en ne faisant pas ses rondes, en n'assument pas ses tâches de préfets... » Potter avait cette fâcheuse habitude. Habitude dont il n'arrivait décidément pas à se défaire, magré toutes les remarques de la rouquine, malgré toutes ces réprimandes. « Mais regarde-le bon sang. Ça ne peut pas être un mauvais garçon. Je sais que c'est quelqu'un de bien au fond, je le sens. Mais moi, je ne veux qu'une seule chose. Une seule. Qu'il me laisse enfin tranquille. Que je puisse reprendre ma petite vie, qu'il arrête de faire flipper les mecs qui pourraient potentiellement avoir envie de m'approcher. Parce qu'il faut qu'il le comprenne. JAMAIS je ne pourrais sortir avec un mec aussi macho qu'immature. » Lily soupira. « C'est pas une vie tout ça. » Cela ne voulait rien dire. Tout ce qu'elle venait de dire ne voulait rien dire. Mais peut-être que Dorea y trouverait un sens ? Elle était tellement douée cette fille. Oui, elle était très douée dans le domaine je-comprends-lily-evans-et-je-l'aide-à-se-comprendre-elle-même. « Tu le connais toi non ? Enfin, avec le Quidditch et tout ? Dis-moi un peu ce que tu en penses. Moi, je suis perdue. Je ne sais plus quoi penser, je ne sais plus à quoi m'attendre. »

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MessageSujet: Re: les mauvaises habitudes ont toujours la peau dure Ven 20 Fév - 23:27



« DO ! ON NE JETTE PAS UN LIVRE COMME CA VOYONS ! » Graou, le chaton venait de sortir ses griffes, repoussant alors ce visage d’albâtre si immobile et paisible qu’il n’est était que duperie. Dorea allait se mettre à table et c’était Lily qui servait. Enfonçant encore plus son menton au creux de sa main, elle leva un sourcil narquois en voyant son amie cajoler le manuel comme s’il s’agissait d’un enfant qu’elle venait de disputer. La préfète était vraiment en manque d’affection. Ou alors dans un déni complet, cela fonctionnait aussi. Stoïque, la lionne restait de marbre attendant patiemment le début du récit sans même se soucier que son manuel de métamorphose allait disparaître sous le tas infernal de bouquins de la préfète et qu’elle devrait sans nul doute trouver une excuse à McGonagall pour ne pas avoir son matériel au prochain cours. Leur duel rétinien dura quelques secondes et finirent par être remporté par la détentrice du plus long record en chef : elle-même. Sans prendre soin de vérifier si ses chevilles venaient d’enfler ou non, elle jubila intérieurement lorsque Lily commença avait à rassasier sa curiosité. Sa vie pouvait paraître si fade à côté, bien qu’elle n’aurait échangé aucun entrainement, aucune dispute ou relation étrange avec ce que vivait la rouquine. Contrairement à elle, elle aurait déjà envoyé le malheureux à l’infirmerie et aurait écopé d’une punition.

« Je sais pas Do. Je comprends rien à son comportement. » Lily, on parle de scoop là. Pas de soupe réchauffée. D’ailleurs, Dorea non plus ne comprenait pas vraiment le comportement du brun parfois. Beaucoup de personnes avait beau lui dire que sa tactique ne fonctionnait pas, il s’entêtait à persister. « Mais regarde-le bon sang. Ça ne peut pas être un mauvais garçon. Je sais que c'est quelqu'un de bien au fond, je le sens. Mais moi, je ne veux qu'une seule chose. Une seule. Qu'il me laisse enfin tranquille. Que je puisse reprendre ma petite vie, qu'il arrête de faire flipper les mecs qui pourraient potentiellement avoir envie de m'approcher. Parce qu'il faut qu'il le comprenne. JAMAIS je ne pourrais sortir avec un mec aussi macho qu'immature. » Dorea clignant des yeux, à la fois habituée à ce genre de discours de la part de la préfère mais également stupéfaite de remarquer qu’elle avait vu un bon fond chez James. Tellement, qu’elle en resta interdite. Passant le discours de la rouquine en boucle dans sa tête, elle comprit pourquoi cette dernière semblait exténuée et complètement abattue en cet instant. C’était le gros bazar dans sa caboche, tellement qu’elle n’aimerait pas y vivre. D’un côté, elle présentait avec justesse qu’il n’était pas seulement ce qu’il daignait lui montrer à travers toute sa couche de sur confiance en lui mais d’un autre… elle ne pouvait s’empêcher d’avoir une vision péjorative frisant l’excès.

« Tu le connais toi non ? Enfin, avec le Quidditch et tout ? Dis-moi un peu ce que tu en penses. Moi, je suis perdue. Je ne sais plus quoi penser, je ne sais plus à quoi m'attendre. » Question aussi gênante qu’inattendue bien que Dorea aurait dû se douter qu’avec la tournure de son récit, elle lui demanderait surement des conseils. «  Qui çà, moi ? » Demande inutile, tout comme la confirmation qui était plus qu’évidente. Une place plus difficile que prévue vu son lien entre les deux protagonistes. Elle avait déjà parlé de Lily avec James afin de tenter de calmer un peu ce dernier sur ses manières et procédés de drague. Mais le jeune homme ne semblait écouter que ses meilleurs amis et sa voix s’était surement perdue dans le brouhaha des vestiaires. Si elle le connaissait, un peu certes. Peut-être plus que la préfète vu qu’elle en avait une vision extérieure. Inversement, elle avait aussi essayé de parler avec Lily. Maintes fois. Surtout pour l’aider à extérioriser ce qu’elle ressentait afin de ne pas avoir à trop s’énerver sur le pauvre poursuiveur maladroit. Relevant la tête de son main, elle se recula instinctivement en prenant une grande inspiration. En voici une place délicate dans laquelle elle n’aimait pas se retrouver. Pourtant, sa parole et son opinion ne pouvaient pas compter autant pour avoir un impact décisif sur toute cette histoire. Elle n’était qu’un pion extérieur. Rien de plus. « Oui… James est devenu un ami avec le temps mais tu sais… » Bordel, comment pouvait-elle présenter les choses sans froisser les sentiments de la rouquine ? « Il est différent avec moi car je ne suis que sa partenaire de quidditch. On parle beaucoup de sport et très peu du reste. C’est différent. Il n'est pas attiré par moi. » C’était bien çà… pourtant, la lionne avait l’impression de s’enfoncer en tournant autour d’un clou imaginaire. Comment pouvait-elle réussir à démêler autant de sentiments contradictoires ? Elle savait ce que James souhaitait par-dessus tout mais cela ne lui suffirait pas à lui livrer sa meilleure amie sur un plateau d’argent. La volonté de Lily était plus forte que son désir et elle souhaitait plus que tout respecter cela. En plus, ce n’était pas comme si le jeune homme se comportait comme un imbécile avec elle. C’était çà… « Tu sais Lily, parfois quand quelqu’un nous plait vraiment, on ne sait pas comment réagir. Certains deviennent de grands timides rougissants et incapables de formuler une parole correcte. D’autres dénient totalement la présence de leurs sentiments et seraient même prêts à se battre pour ne pas ouvrir les yeux car quelque chose les dérange dans le fait d’être attaché à quelqu’un de la sorte. » commença-t-elle par lui expliquer calmement, le regard vague s’étant posé sur la table de la salle commune avant de relever ses pupilles noisettes pour les enfoncer dans le regard de sa meilleure amie. « Et souvent, certains deviennent de parfaits imbéciles pour manifester la nature de leurs sentiments. Sûrement parce qu’en n’étant pas sûr du retour de leurs sentiments, ils ont peur d’être rejeté et font preuve de pirouette. »

Les sentiments amoureux étaient compliqués. Trop compliqués pour l’écossaise qui avait toujours regardé cela comme un furoncle dont on ne pouvait pas guérir. Elle n’était pas foncièrement contre mais faisait plutôt partie des sorciers qui en avaient peur. Elle se moquait souvent de ses couples mielleux qui changeaient de personnalité du tout au tout lorsqu’ils ne formaient plus qu’un en compagnie d’Isa’ ou de Greta. Et elle en voyait de nombreux tomber dans un profond désespoir lorsque leurs sentiments ne semblaient plus suffisants à leur moitié qui s’en allait. Comment pouvait-on être certain d’aimer une personne au point de tout vouloir leurs donner ? Comment savoir que cela peut fonctionner ? On parlait de petite étincelle qui enivrait un brasier complet mais jusqu’ici, elle n’avait jamais ressenti cela. Jamais assez pour ne pas se lasser, ne correspond absolument pas aux attentes de ses compagnons d’une semaine ou d’un mois. «  Ça arrive que les sentiments d’une personne ne soient pas partagés et ce n’est pas grave. » continua-t-elle en déposant une main sur celle de la rouquine, un léger sourire au coin des lèvres. « Ce qui compte par contre, c’est d’être certain de ce qu’on ressent avant d’éconduire quelqu’un. Les retours en arrières sont difficiles et ton aveu peut blesser profondément. » Cela pourrait même détruire une personne. Combien de jeunes filles éconduites par Sirius avait-elle retrouvé en pleurs dans les toilettes ? Si nombreuses qu’elle devait surement réclamer un paiement auprès du maraudeur pour les dommages que ses chemisiers et oreilles subissent. Bien entendu, James risquait d’être dévasté et Dorea espérait ne pas en arriver là. Malheureusement, si Lily n’arrivait pas à ressentir ce petit quelque chose pour lui, le gryffondor ne pouvait espérer éternellement en attendant qu’elle ne change d’avis. Ils se pourriraient la vie tous les deux. « Il n’y a vraiment rien qui te plait chez James ? » lui demanda-t-elle avant de lever la main vers sa bouche pour la faire taire. « Je sais ce que tu vas dire, je connais ton exaspération. » et comment pour les avoir entendu encore et encore. « Ce que je veux dire, c’est es-tu capable de me donner trois qualités et trois défauts chez lui ?  En dehors de toute… son intention d’attirer ton attention. Si tu dois le décrire, qui est James Potter ?» En clair : es-tu certaine de ton choix Lily Evans de vouloir le voir complètement disparaître de ta vie ?! Si Dorea s’en sortait avec cette conversation, elle se promettait d’ouvrir un cabinet de psychomagie plus tard. Avoir pour référence Evans et Potter lui apporterait surement une clientèle pour la vie.


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MessageSujet: Re: les mauvaises habitudes ont toujours la peau dure Lun 6 Avr - 14:03

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Lily était perdue. Vraiment. Pour être totalement franche et tout avouer, elle ne savait plus où elle en était. Mais Dorea avait toujours été de bon conseil. Toujours. Et même si les deux jeunes filles étaient très différentes, Lily prenait toujours compte de tout ce que Do pouvait bien lui dire. Après tout, elle s'y connaissait beaucoup mieux que la jeune rouquine en histoire d'amour. Honnêtement, la jeune préfète en chef n'avait pas vraiment de quoi écrire un parchemin sur sa vie sentimentale, qui ressemblait davantage à un désert incommensurable qu'à une forêt luxuriante. Certes, il y avait bien eu ce début d'histoire lamentable avec Charles, mais il valait mieux passer les détails. Lily n'avait pas vraiment envie de se remémorer ces instants douloureux où elle avait pris une belle claque dans la figure. Oui, elle avait souffert, et oui, elle avait pleuré. Sinon, il y avait peut-être aussi quelques lignes à écrire sur ce fameux James Potter, mais ces quelques lignes n'auraient pas grand chose à vous apporter non plus. Lily n'était pas amoureuse de James et il faudrait sans doute un miracle pour qu'un jour elle le soit. Après tout, même si elle savait qu'il était quelqu'un de bien au fond (oui, apparemment, il fallait beaucoup creuser), jamais elle ne pourrait sortir avec un garçon aussi prétentieux qu'irrécupérable. Mais au jour d'aujourd'hui, même si Lily était très préoccupée par ses études, elle n'avait de cesse de penser qu'elle n'était peut-être pas faite pour être en couple, ou qu'elle n'était peut-être pas le genre de fille auquel les garçons s'intéressaient. Quand elle regardait autour d'elle, elle y voyait beaucoup de couples, pas mal de flirt et de bisous volés. Quant à elle, elle demeurait seule avec elle-même, et c'était peut-être aussi bien pour le moment. Mais cela n'empêchait pas le jeune demoiselle de se poser pas mal de questions. Était-elle assez bien ? Mais de toute manière, il était hors de questions de changer pour un garçon. Jamais.

C'était le bordel dans la tête de Lily Evans. Et ça, c'était un scoop. Le cerveau de la jeune fille avait toujours été parfaitement bien organisé. Toujours. Aucun soucis, aucune prise de tête, aucun dilemme cornélien, rien. Mais en ce moment, des questionnements sans queue ni tête venait justement lui prendre la tête. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Sa jolie petite caboche rousse était pleine de problèmes. Les histoires avec James venaient souvent en première position. Lily passa la main sur son front : « J'aurais bien besoin d'une aspirine. J'ai mal au crâne, je ne te raconte pas. » Lily commença à fouiller dans son sac à la recherche du remède miracle, comme pour avoir à éviter de parler. Mais elle savait fort bien que c'était peine perdue. Avec Dorea comme meilleure amie, elle allait être obligée de tout avouer. Parce que Do n'abandonnait jamais. Du moins pas tant qu'elle ne lui aurait pas tiré les vers du nez. Mais avant toute chose, Lily devait avoir davantage d'informations. C'était bien la première fois de sa vie qu'elle en réclamait de son plein grès : des informations sur la vie de James Potter, on aura tout vu... . «  Qui çà, moi ? » Lily roula des yeux et déclara d'un ton sarcastique : « Nan, pas toi, ta voisine, bécasse. » Réponse stupide, mais très utile pour déstresser la jeune fille. La dérision, il n'y avait que cela de vrai.

Bref. Lily était prête aujourd'hui. Prête à écouter, prête à entendre ce que Dorea avait à lui dire. Prête à ne pas prétendre que tout ce qu'elle lui racontait n'était pas que des balivernes, prête à comprendre qu'elle avait peut-être été parfois trop « injuste » avec James, et qu'elle n'avait pas toujours réagi de la manière qu'il aurait fallu pour tenter de le comprendre. Et pour qu'il lui lâche la grappe. Surtout pour ça. Lily savait qu'elle en demandait beaucoup. Comme on disait, Dorea avait le cul entre deux balais : d'un côté, elle se devait d'être loyale envers sa meilleure amie, mais d'un autre, elle avait construit avec Potter des liens d'amitié que Lily n'avait aucune envie qu'elle ne défasse. Elle n'était pas le genre de personne qui croyait au dicton « les ennemis de mes amis sont mes ennemis ». Donc Dorea n'avait pas à détester des personnes que Lily ne supportait pas, c'était dans l'ordre des choses.  « Oui… James est devenu un ami avec le temps mais tu sais… » Oula, la suite sentait le roussi. Qu'allait-elle bien pouvoir dire ? Lily craignait le pire. « Il est différent avec moi car je ne suis que sa partenaire de quidditch. On parle beaucoup de sport et très peu du reste. C’est différent. Il n'est pas attiré par moi. » Lily avala sa salive de travers et toussa fortement, attirant le regard de plusieurs élèves aux alentours. Dorea divaguait. De un, comment pouvait-on ne pas être attiré physiquement par DO la BOMBE FATALE et accessoirement meilleure amie de Lily ? Dorea était la fille la plus belle qu'elle connaissait, et ce n'était pas du tout un point de vue subjectif. Au contraire. Même en tenue de Quidditch et dans un vieux pyjama rose, elle arrivait à être séduisante et élégante. Lily, dans son vieux pyjama rose, elle, avait l'air d'une grand-mère qui boit son thé, voilà, c'était dit. De deux, comment James, sachant tout cela, pouvait-il préférer Lily à sa partenaire ? C'était insensé, incongru, impossible. Il faudrait être idiot, ou aveugle. « Tu sais Lily, parfois quand quelqu’un nous plait vraiment, on ne sait pas comment réagir. Certains deviennent de grands timides rougissants et incapables de formuler une parole correcte. D’autres dénient totalement la présence de leurs sentiments et seraient même prêts à se battre pour ne pas ouvrir les yeux car quelque chose les dérange dans le fait d’être attaché à quelqu’un de la sorte. » Lily acquiesça, sans pour autant comprendre où Dorea souhaitait l'emmener. Elle même se souvenait des instants un peu gênants avec Charles lorsqu'elle avait compris qu'elle avait des sentiments pour lui. Le rouge qui lui montait soudainement aux joues, les phrases qui ne sortaient plus aussi bien de sa bouche comme elle l'aurait souhaité, les bafouillements. Bref, elle perdait pied. « Et souvent, certains deviennent de parfaits imbéciles pour manifester la nature de leurs sentiments. Sûrement parce qu’en n’étant pas sûr du retour de leurs sentiments, ils ont peur d’être rejeté et font preuve de pirouette. » Lily demanda : « Oui ? Et ? » Tout à coup, cela fit tilt dans l'esprit de Lily, et elle comprit. Sauf qu'elle refusa d'y croire, et enfouit cette idée saugrenue loin, bien loin dans les méandres de son cerveau. James ne pouvait pas agir de la sorte avec elle juste parce qu'il en pinçait pour elle. On agissait pas comme cela avec les gens qu'on aimait, non ? «  Ça arrive que les sentiments d’une personne ne soient pas partagés et ce n’est pas grave. » Lily était d'accord. Mais comment le faire comprendre à Potter ? Il ne semblait pas vouloir accepter qu'elle se refuse à lui. Pourtant, elle avait toujours été claire avec lui. Sortir avec lui était exclu. Elle n'était pas amoureuse. « Ce qui compte par contre, c’est d’être certain de ce qu’on ressent avant d’éconduire quelqu’un. Les retours en arrières sont difficiles et ton aveu peut blesser profondément. » Lily dit alors : « Mais il ne comprend pas Do ! Combien de fois je lui ai dit que je n'étais pas intéressée par lui ? Combien de fois j'ai du refuser ses avances plus que grotesques, et parfois même presque obscènes. Pourquoi revient-il toujours à la charge ? Autant de questions qui font que je ne veux même pas essayer de m'intéresser à ce qu'il est sans doute réellement parce que dès qu'on se parle, ça se termine mal parce qu'il ne veut pas vraiment parler. C'est ça qui m'agace le plus. Moi je suis certaine que je ne veux pas être avec quelqu'un qui agit comme il agit maintenant ! » Comment se sortir d'une telle situation ? Lily était épuisée de tout cela. Elle aimerait tellement pouvoir réussir à passer à autre chose. Enfin, il fallait surtout que James passe à autre chose, qu'il réalise qu'elle et lui, cela ne se ferait jamais, et qu'il y avait des millions de filles sur cette terre prêtes à se damner pour être aux bras de James Potter, alors il avait le choix. Perdue dans ses pensées, Lily redescendit sur terre quand Do demanda : « Il n’y a vraiment rien qui te plait chez James ? Je sais ce que tu vas dire, je connais ton exaspération. Ce que je veux dire, c’est es-tu capable de me donner trois qualités et trois défauts chez lui ?  En dehors de toute… son intention d’attirer ton attention. Si tu dois le décrire, qui est James Potter ?» Lily ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois. Cette question la surprenait parce que lorsqu'elle tenta d'y répondre, elle comprit que c'était bien plus complexe que cela semblait l'être. Dorea avait raison, au fond. Lorsqu'on lui retirait cette attitude exubérante qu'il avait quand il était avec elle, il ne restait plus grand chose.[color=darksalmon] « Il est... il est... » Commença Lily. « Alors, ses défauts, ça, c'est facile, il y en a à la pelle. Il est arrogant. Nan, ne dis pas que ce n'est pas vrai, tu sais que c'est vrai. Monsieur se croit meilleur que tout le monde. Il est effronté. T'as vu comment il parle aux profs parfois ? Franchement, avoir de bonnes notes n'excuse pas son comportement. Il est énervant, un vrai fauteur de trouble. Regarde, il est toujours en train de jouer les m'as-tu-vu, il aime avoir sa petite clique autour de lui... » Mais tout cela n'était peut-être que surface, néanmoins, c'était ce qu'il ressortait de lui au quotidien. « Quant à ses qualités... » Lily se frotta le menton. C'était plus difficile. Beaucoup plus difficile. Jamais la jeune fille n'avait jamais eu à devoir lui en trouver parce que jamais elle ne s'était posée la question de savoir s'il en avait.

L'horloge de la salle commune sonna huit heures, faisant sursauter Lily. « Par Merlin ! Je vais être en retard pour ma ronde ! Faut que je te laisse ! À plus tard ! » Lily se leva brusquement, enfila sa veste et sortit de la salle commune sans que Dorea n'ait le temps de la retenir. Ouf, elle échappait à la conversation. Du moins, pour le moment. Le regard songeur, elle commença à se perdre dans les couloirs de Poudlard.

En vérité, James était quelqu'un de bien. Elle le savait, et depuis longtemps. James était intelligent, brillant, sans doute un des meilleurs élèves que Poudlard avait bien pu abriter entre ses murs. Parfois même, il l’impressionnait lors des cours de métamorphose par ses compétences qui lui semblaient si innées, même si jamais elle n'oserait le lui avouer. James était loyal en amitié, en toute circonstances. Quand elle pensait à Remus, avec qui elle était devenue amie quelques années auparavant, elle savait que James était à la fois tolérant, fidèle et droit. Si elle avait découvert le petit soucis de Remus en le fréquentant si peu, il était impossible que Sirius, James et Peter, si perspicaces d'ordinaire, ne l'aient pas compris à leur tour. C'était un bon point pour eux trois d'ailleurs. Personnellement, lorsque Lily l'avait appris, elle n'avait rien ressenti de plus que la compassion : non pas pas de la pitié, mais bien de la compassion pour Remus, si courageux de continuer à venir en cours malgré le malheur qui le touchait tous les mois. Et James était là à chaque fois, chaque lendemain de pleine lune se soldait par diverses attentions envers Remus. Lily avait bien observé. James était bon, solidaire avec son ami. Bref, James était quelqu'un de bien. Mais plutôt mourir que de se l'avouer, plutôt mourir que de cracher le morceau à Dorea, plutôt mourir que James Potter sache qu'elle pensait ça à son sujet. Bref, plutôt mourir.

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La peur n'est pas réelle. Le seul endroit où la peur peut exister, c'est dans nos pensées concernant l'avenir. C'est un produit de notre imagination qui fait naître des peurs qui n'existent pas dans le présent et peut être que jamais elles n'existeront. Ça frôle parfois la folie, mais le danger est on ne peut plus réel, mais la peur est un choix.



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