Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory
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MessageSujet: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Mar 11 Nov - 17:58


Le premier jugement est trompeur.Carl P. Londubat & Charles C. Diggory

Carl n’avait jamais su travailler chez lui sans être déconcentré et cela depuis toujours.

Lorsqu’il était petit, l’école à domicile avait été un calvaire pour sa mère. Tout dans sa maison familiale était susceptible de le déconcentrer de ce que pouvait dire Augusta et ça avait eu tendance à lui faire piquer des crises monumentales.

Lors de ses années Poudlard, avoir grandi n’avait rien arrangé. S’il n’était pas isolé dans la bibliothèque, il y avait toujours quelqu’un pour le déranger et le convaincre qu’il y avait mieux à faire.

A présent qu’il était adulte, rien n’avait changé. A son appartement, il y avait toujours une distraction à sa portée. Si son bureau était couvert de paperasse, il n’arrivait pas toujours à s’y plongé à cœur perdu. Il y avait toujours son lit qui l’appelait pour une véritable nuit de sommeil ( ce qu’il n’avait pas eu depuis longtemps ), et comme pour un dimanche, il y avait les appels incessants de son ami Nathan Albrizzi sur son miroir à communication magique ( ils avaient mis ça en place à Poudlard pour pouvoir se parler même s’ils n’étaient pas dans la même maison en ensorcelant deux miroirs pour qu’ils marchent comme deux téléphones moldus ) le priant d’aller le rejoindre au pub où il bossait afin de profiter que ce ne soit pas lui qui soit en service. Bref… son chez lui était devenu impossible !

Pourtant, rien ne lui ferait plus que plaisir que de voir son meilleur ami en ce moment. Il avait réellement besoin de se changer les idées. Certes, il venait d’avoir des nouvelles de Debra ce qui lui avait rendu le moral, mais même en sachant que le week end prochain il le passerait avec elle, cela ne changeait rien au fait qu’il était obligé de passer son dimanche penché sur des dossiers d’affaire de magie noire et des décrets que le conseil voudrait mettre en place d’ici peu à Poudlard. Ça lui manquait de passer du temps entre potes, entre mec en autre ( en parlant de Nate ).

C’était pour cette raison qu’il était planqué dans la Grande Salle de Poudlard autour d’élèves discutant, riant et se réchauffant du temps devenu glacial en cette fin de novembre. Bizarrement, il se sentait à l’aise pour se plancher dans ses dossiers. Il y avait pas tant de monde que ça et il avait l’impression d’être de retour au temps où il n’était qu’un jeune Poufsouffle concentré sur une énième dissertation. Il ne regrettait pas cette époque, il était même heureux de l'avoir quitter pour cette nouvelle vie où il était devenue un grand sorcier, comme le disait sa mère. Cela ne l'empêchait pas d'être... nostalgique.

Il n’y avait personne sur la table des professeurs et des membres du conseil. Logique. Ses collègues avaient d’autres manières de travailler que parmi les élèves de l’école. Carl avait l’air atypique assis à la table des Poufsouffles. Il s’était installé à la même place qu’il affectionnait à l’époque, ses épaisses lunettes perchées sur l’arête de son nez, une plume à la main et un verre de jus de citrouille postée entre différents parchemins. Il avait l’air d’un homme sérieux et responsable, mais surtout terriblement mature. C’était l’effet qu’il donnait lorsqu’il était au travail. Il avait l’air d’un tout autre homme. Même adolescent, les autres ne cessaient de lui dire qu’il pouvait être deux personnes différentes ; Carl le déconneur et Carl le bosseur.

Autour de lui, les élèves n’osaient s’installer trop près du grand Carl Londubat. A la fois, ça le peinait, mais il ne pouvait nier que cette notoriété naissante le faisait sourire. C’était ce qu’il voulait, être respecté et haut placé. Maintenant, il ne voulait pas être comme certains de ses collègues ; froids, instaurant leur autorité par la peur. Il n’était comme ça. Il avait d’autres méthodes et il n'était pas encore déçu par sa technique qui marchait très bien. Ce qui le peinait sur cette inquiétude qu’avait les élèves, c’était qu’ils pensaient sûrement tous que Carl était un peut-être tout aussi coincé qu’un certain Amos Diggory, un homme rigide qui malgré qu’il soit de la même génération que Carl, semblait avoir vieilli de vingt ans de plus. « Je ne suis pas encore un vieux con. » pensa-t-il non sans un sourire.

Soudain, il sentit quelqu’un s’installer devant lui. Il fut assez surpris. Il prit tout de même le temps de finir son paragraphe et d’ajouter deux ou trois notes sur son parchemin avant de lever les yeux en ôtant ses lunettes avec un sourire avant même de voir qui était la mystérieuse personne qui avait assez de cran pour s’installer en face de lui.
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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Mar 18 Nov - 17:39

Carl & Charles


Un léger nuage de buée sorti de ma bouche lorsque je soufflais devant moi à défaut de pouvoir souffler sur mes mains. Ces dernières, fermement accrochées au manche de mon balai n’attendaient qu’une chose, se saisir du souaffle qui fonçait droit sur moi. D’un geste souple j’attrapais la balle rouge que venait de me lancer Kate tout en évitant d’extrême justesse le cognard qu’elle avait, aussi, lancé à ma poursuite. Malgré nos maisons différentes, les entraînements avec elle restaient les meilleures séances possibles. Les serpents avaient réservés le terrain pour le milieu de l’après-midi et nous avions profité des premières heures de la journée pour venir faire quelques échanges de balle avant leur arrivée. Le soleil était à peine levé lorsque nous nous envolâmes dans les airs d’un même mouvement. Une fine pellicule de givre recouvrait l’herbe et malgré les heures passées, les faibles rayons ne parvenaient pas à la faire disparaître complètement. Décembre n’était plus loin désormais et je me pris à rêver à une bonne boisson chaude après un énième frisson de ma peau sous le tissu de ma tenue de Quidditch. Un « CHA » tonitruant me sorti de ma rêverie et j’eu tout juste le temps de me jeter sur le côté effectuant un magnifique tonneau pour échapper à la boule noire enragée qui revenait à la charge. J’enchaînais par une montée en piquée pour mettre de la distance entre lui et moi, sachant pertinemment qu’il n’abandonnerait pas aussi facilement. A plusieurs mètres du sol l’air était encore plus frais et je savourais dans un sourire le contact piquant du froid sur mes joues. Je n’aimais rien tant que cette sensation de liberté, sentir chaque partie de mon corps réagir au froid, sentir les tourbillons du vent dans mes cheveux, me sentir vivre, en somme.

Stabilisé en hauteur je jetais un regard en contrebas et aperçu la fourmi des joueurs verts et argent qui se rapprochait du terrain. Je jetais un regard déçu à Kate qui m’avait rejoint, elle hocha la tête en réponse et d’un geste entendu nous nous lançâmes en piqué pour la dernière course de la journée. Mon nouveau nimbus 1700 étant plus réactif que sa comète 180 nous savions d’avance que je remonterai après elle, mais cela n’avait pas d’importance pour nous. Seul comptais le plaisir de voler ensemble.
Le souaffle toujours sous le coude je mis pied à terre tout en l’observant récupérer son cognard avec une technique impeccable qui m’impressionnait toujours.

Nos balais sous le bras, nous prîmes aussitôt le chemin du château sans passer par la case vestiaire, comme à notre habitude lorsque nous venions le matin déjà habillé de nos tenues d’entraînement aux couleurs de nos maisons respectives. D’ailleurs nous n’avions pris qu’un très léger petit-déjeuner pour ne pas perdre une minute sur le terrain et mon ventre commença à se manifester à moi avec intensité. A croire qu’il n’était jamais satisfait celui-là…Encore chauds de l’effort fourni nous ne tardâmes pas à être rattrapé par le froid si bien que nous pressâmes le pas pour arriver jusqu’aux portes du château. Sur le chemin, nous parlâmes du dernier match des Flèches d'Appleby et de leur toute nouvelle attaque combinée qui leur avait permis de remporter près de cent points en très peu de temps. Leur technique était particulièrement remarquable, mais aussi facile à contrer une fois que la surprise est passée. Et, tout en discutant sur l’intérêt et l’efficacité de mettre de telles techniques valables pour un seul match, nous arrivâmes aux portes du château.

Une fois dans l’entrée Kate me fit savoir que sa sœur l’attendait pour une séance de révision en famille. Je la regardais monter l’escalier pensif avant d’hocher la tête pour moi-même et de m’engouffrer dans la grande salle, presque déserte, ce qui me surpris assez pour un dimanche midi. Mais en regardant l’heure sur ma montre je me rendis compte qu’il était bien plus tard que je ne le pensais et l’idée que je n’aurais rien à manger me fit regarder avec anxiété les tables, terriblement vide. L’équipe de Serpentard avait visiblement, pris du retard sur ses horaires…L’idée me vint d’aller faire un tour dans les cuisines, un découverte fort utile pour un ventre sur patte comme moi, quand j’aperçu une de mes connaissances aiglon attablée devant une copieuse assiette. Je pris place en face de lui et lui expliquait mon problème, et il accepta à mon grand soulagement, de me céder un bout de pain avec du pâté en croute dessus. J’allais définitivement m’installer lorsque mes yeux se posèrent sur une coupe de fruit abandonnée sur la table de la maison voisine. Prenant congé de Peter, car tel était le nom  de mon sauveur à l’assiette bien remplie, je me dirigeai vers la dite coupe sans me préoccuper des autres personnes présentent dans la grande salle. Ce n’est que lorsque je saisi une pomme que je regardais la personne assise un peu sur ma droite. Un de mes sourcils ce leva dans mon étonnement de voir un des membres du Conseil d’Administration attablé-là comme un vulgaire élève de Pouffsoufle, à faire ses devoirs devant un verre de jus de citrouille. Aussitôt ma bonne humeur s’envola et je jetais un regard plus que noir à cet homme méprisant. Bien que, jusqu’à présent, je ne l’avais pas rencontré personnellement, je ne savais que trop bien quelles étaient ses manières, et sa légèreté de jugement. Comment un auror aussi réputé que lui pouvait-il avoir des jugements aussi faux sur les personnes ? N’avait-il pas osé critiquer Amos ? Et surtout, m’associer à celle-ci en insinuant que je ne valais pas mieux que lui…Quelle erreur…

Prenant soudain le parti de m’expliquer avec lui, j’allais m’asseoir juste en face lui, non sans avoir pris la coupe de fruits avec moi, avant même de réfléchir aux conséquences possible de cette action, ni encore moins réfléchir à sa situation, son statut et à la possible réprimande qu’Amos pourrait m’infliger si jamais je venais à en venir aux mains avec un membre du Conseil…Car à cet instant, j’avais bien l’intention d’en découdre avec ce fameux personnage qui m’adressa un sourire, chaleureux il faut l’avouer, lorsque je posais mes fesses sur le banc. Je posais mon beau Nimbus sur la table et mon festin devant moi sans le lâcher des yeux. Quelle allure je devais avoir, vêtu de ma tenue de Quidditch, les cheveux probablement en pétard, à défier du regard le grand Carl Londubat, auror émérite et membre du Conseil d’Administration. Encore une fois, j’avais agit sur un  de ces fameux coup de tête qu’Amos condamnait chez moi.
Mais après tout, ce Carl ne s’était-il pas lui-même descendu au rang de « vaurien » en osant critiquer mon frère ? Alors pourquoi lui aurais-je attribué des égards qu’il ne mérite pas ?

Calmement, je pris un morceau de pain orné de pâté en croute dans lequel je mordis, toujours en lui jetant un regard calme mais pénétrant, et sans avoir prononcé un mot. J’attendais qu’il ouvre la conversation car, en vérité, je ne savais absolument pas par où commencer, ni quoi lui dire.


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Dernière édition par Charles C. Diggory le Mer 26 Nov - 17:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Ven 21 Nov - 11:28


Le premier jugement est trompeur.Carl P. Londubat & Charles C. Diggory

Charles Diggory maintenait avec force le regard de Carl. Même si le sourire de celui-ci ne faiblissait pas, il ne put s’empêcher de hausser un sourcil. Pas un mot, il le toisait avec détermination, mais aussi avec un courage qu’il ne « reconnut » pas. Ce terme de « reconnaître » était absolument parfait pour décrire ce qu’il ressentait, dans le sens où le jeune Diggory ressemblait physiquement un peu à son grand frère, Amos Diggory, son « cher » collègue. Pourtant, Charles montrait une expression qu’il n’avait encore jamais noté sur le visage du grand frère, qu’il avait pourtant connu depuis sa deuxième année d’étude à Poudlard, l’année où Amos arriva lui-même à l’école de sorcellerie.

- Bonjour, Monsieur Diggory. On sort d’un entrainement de Quidditch à ce que je vois.

Carl n’aimait pas les silences gênants, ce qui bien sûr les rendaient gênants. Rien d’illogique. Carl avait toujours été un garçon bruyant et particulièrement loquace. Sa mère avait fait longtemps les frais des cris, des rires et des exclamations incessants de l’enfant qu’il était. Depuis qu’il avait dépassé son enfance, c’était la faculté à parler sans arrêt qui avait fini par ennuyer le monde autour de lui. Certes, ça le rendait intéressant et de bonne compagnie, mais parfois, le silence était de rigueur… dans ces cas-là, ça passait beaucoup moins.

Il n’était donc pas étrange que Carl s’empresse d’engager la conversation avec le regard oppressant ambulant qu’était Charles Diggory. D’ailleurs… pourquoi ? Pourquoi une telle insistance de la part du Serdaigle ? Il n’avait pas l’air de vouloir faire causette en tous cas, Carl n’était pas dupe. Il le notait dans l’expression du jeune homme qu’il n’y avait rien d’amical là-dedans. Mais Carl se sentait obligé de se demander ; Pourquoi ? Pourquoi tant de haine !? Pour faire dans le dramatique.

Etre en froid avec un élève n’était pas son but. Il ne voulait pas être le membre du Conseil Administratif qu’on regardait ainsi. Il a toujours voulu été celui que les élèves allaient voir pour avoir des conseils, des réponses à des questions sur l’école ou la vie en général. En gros, il voulait être un modèle. Il a toujours rechercher à être le modèle d’autrui, un sentiment de plus en plus fort en lui depuis la mort de son paternel, de plus avec la naissance de son frère, Frank. C’était devenu naturel pour lui qu’il avait les épaules pour porter les problèmes et les inquiétudes du monde, d’où ses ambitions de devenir Ministre de la Magie.

Face à Charles, il avait la terrible impression qu’il n’en avait que faire de ses conseils, de son dévouement. Encore, il avait envie de demander pourquoi. Mais au fur et à mesure, il finit par imaginer qu’Amos n’avait pas dû l’évoquer avec « amour » depuis qu’ils étaient obligés de travailler ensemble. Diggory junior avait-il assimilé les critiques de son grand frère envers Carl ? Mais alors, où avait-il trouver le « courage » de venir face à lui le fusiller ainsi du regard ? Voulait-il défendre les valeurs et l’honneur de son frère ? C’était compréhensible, même s’il ne pouvait pas être sûr que Frank ferait de même pour lui. Pourtant, ce n’était pas une méthode « made in Diggory ». S’était-il trompé sur le compte du petit frère ? En le voyant dans sa tenue de Quidditch, ses cheveux en pétards et son toast de pâté, il était clair qu’il n’y avait rien de Amos dans l’allure du jeune sorcier.  

- Je me doute que vous ne venez pas me voir pour avoir des conseils en balais, je me trompe ?

Carl avait fait disparaître son sourire, mais il n’affichait pas une expression de méfiance pour autant. Dans son regard, on notait toujours cette bienveillance qui lui était propre et ça depuis toujours. Une bienveillance qui lui avait offert, entre autres, sa place chez les Poufsouffles dans sa jeunesse. Il en fallait pour faire disparaître totalement les traces d’un sourire de Carl Londubat, mais il pouvait au moins détendre ses lèvres, histoire que le Serdaigle ne le prenne pas pour une marque d’arrogance.

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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Dim 23 Nov - 22:29

Carl & Charles


« Bonjour, Monsieur Diggory. On sort d’un entrainement de Quidditch à ce que je vois. »

Malgré mes multiples exercices en la matière, je ne parvins pas à retenir un léger mouvement de tête à ce nom. « Monsieur Diggory ». Je détestais être ainsi nommé car cela me rapprochait trop d’Amos et du nom que nous portions, de la famille que nous représentions, de l’honneur et blablabla. Si vous m’appeliez « Charles Diggory » cela convenait parfaitement, mais dès qu’on me sortait du « Monsieur », j’appréciais beaucoup moins. Après tout, je n’avais que dix-sept ans, et j’étais bien loin de mon considérer comme un monsieur et je refusais encore plus à qui conque de croire que j’étais prêt à assumer les charges complexes qu’on attribue en général aux personnes adultes telles que mon frère. Et pourtant, il fallait bien que je m’habitue à être ainsi nommé, moi qui approchais de la fin des années Poudlard. D’ailleurs, il était temps n’est-ce pas, que je me pose la question de mon avenir, du métier que je choisirai pour mien et toutes ces choses-là qui nécessitent des choix irréversibles…

Ce futur proche ne se présenta à moi que l’espace de quelques secondes et je le chassais bien vite de mon esprit. J’étais trop concentré sur le visage toujours souriant de Carl Londubat pour me laisser distraire par mes propres réflexions. Avait-il été gêné par le silence que j’avais installé ? Peut-être, car à peine la tartine de pâté était-elle dans ma bouche qu’il avait engagé la conversation. C’était donc lui, l’homme qui avait osé porter une critique amère sur Amos et le mettre lui, Charles, dans le même panier…Vu d’ici, derrière une tranche de pain, il n’avait pas l’air si redoutable que cela, et pourtant, plus je le regardais, plus je développais un sentiment de mépris envers lui. Je crois que son sourire, qui se voulait gentil sans aucun doute, m’exaspérais. Et en même temps, à quoi d’autre pouvais-je m’attendre d’un homme assez ridicule pour s’emporter contre Amos. Ce dernier ne lui avait-il pas dit que l’auror reconverti en membre du Conseil n’était pas le plus fiable de tous ? S’il prenait tout à la légère comme il semblait le prendre maintenant, cela n’avait rien d’étonnant.

A la première question de Carl Londubat je m’étais contenté d’un hochement de tête affirmatif. Il ne fallait pas avoir de troisième œil pour parvenir à une telle conclusion. Encore une chose qui m’exaspéra chez lui. Comme si on avait besoin de faire remarquer une telle évidence. Ce serait comme lui demander « alors on boit du jus de citrouille ? » Parfaitement inutile comme remarque. En réalité, je lui étais bien gré d’avoir engagé la conversation comme je l’ai dit plus tôt, je ne savais absolument pas par où commencer. Et le voilà qui enchaîne par une autre remarque perspicace dans le genre de la première.

« Je me doute que vous ne venez pas me voir pour avoir des conseils en balais, je me trompe ? »

Non pas du tout, vous ne vous trompez du tout Monsieur Londubat, je ne suis pas pour parler balais avec vous. Surtout pas avec vous, je pense bien que vous seriez la dernière personne à qui on pourrait demander conseil pour de telles choses. D’ailleurs jamais il ne me viendrait à l’idée de venir vous voir pour vous demander le moindre conseil en quoi que ce soit. Bien sûr je gardais cette opinion pour moi pour le moment, cherchant rapidement la meilleure phrase à lui sortir. Il avait perdu son sourire et me regardais avec beaucoup d’intérêt, peut-être était-il déjà en train de reconsidérer son jugement envers moi, allez savoir.

« En effet, vous avez vu juste Monsieur Londubat. Sans compter que vous en savez probablement moins que moi sur la question, je serai bien mal avisé de venir vous demander des conseils sur le sujet. Non, je viens m’expliquer avec vous concernant votre attitude désobligeante envers les membres de ma famille. »

Je m’étonnais presque moi-même à m’entendre ainsi parler. Si Amos écoutait, il n’aurait rien eu à redire sur la formulation. Pour le moment en tout cas. Je restais parfaitement calme et détaché, encore une fois, cela était bien étonnant connaissant mon tempérament échauffé, et je sentais au fond de moi que le moindre mot de travers de l’auror pourrait me mettre hors de moi. Sans lui laisser le temps de répondre, je poursuivi sur le même ton de voix calme et pourtant déterminé. J’avais presque l’impression de lui faire un procès en bon et due forme.  

« Voyez-vous, j’ai entendu dire que vous aviez eu des propos déplacés au sujet d’Amos et de moi-même. Or je trouve cela parfaitement déplacé pour une personne de votre posture de proférer des jugements aussi erronés. J’en viens même à me demander comment vous avez pu vous élever aussi haut dans votre profession avec un manque de discernement aussi important »

Tout en disant cela je continuais à manger ma tartine qui ne dura pas bien longtemps face à mon appétit vorace et je pris une des pommes de la corbeille de fruits à pleine main. Mon regard se reporta sur Carl. Ma main droite en profita pour jouer distraitement avec la pomme. Je me trouvais particulièrement nul et j’aurais aimé avoir les mots justes pour lui faire comprendre son erreur, mais je me rendais compte que je prenais un peu trop l’air sérieux d’Amos à ce moment même. D’un geste distrait je passais ma main libre dans mes cheveux déjà bien ébouriffés et posant la pomme sur la table je le toisais à nouveau d’un regard légèrement plus enflammé qu’auparavant. Je ne détestais rien de plus que de me rendre compte de mes propres similitudes avec mon frère....

« Sérieusement, vous pensez pouvoir vous moquer de tout le monde s’en vous inquiéter des conséquences ? Cela vous amuse de critiquer tout le monde à tout va sans les connaître, ou pour seul motif qu’ils sont plus matures que vous ? Car, pardonnez-moi si je suis un peu direct, mais avec vos sourires en veux-tu en voilà, vos manières singulières, votre présence ici parmi les élèves, on dirait que vous sortez tout juste de Poudlard et que vous n’êtes en aucun cas fait pour les tâches administratives plus sérieuses que se demander qui à lâcher la dernière bombe à bouse dans les couloirs ! »

Et voilà que je commence à me laisser aller….


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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Jeu 22 Jan - 13:23


Le premier jugement est trompeur.Carl P. Londubat & Charles C. Diggory

Carl fut surpris. Certes, il avait bien décelé la pointe de colère dans le regard du second fils Diggory, mais il était surtout, il était surpris de voir à quel point le Serdaigle était doué dans la formulation de ses phrases. C’était un peu comme voir Amos, sans réellement le remarquer. Il y avait la soutenance, la grande maitrise de la politesse, tout en étant particulièrement cinglant et menaçant. C’était du grand art ! Lui-même avait eu longtemps ce don pendant sa scolarité à Poudlard, mais il devait avouer qu’il ne l’avait que totalement maitrisée qu’après avoir quitté l’école et vécut sous la tutelle de son mentor pendant quelques années. Il revoyait alors Amos Diggory au même âge. Même s’ils n’avaient jamais réellement entamé une véritable relation auparavant, l’ex-Serdaigle était connu pour être doué dans cette pratique lui-aussi. Alors pourquoi arrivait-il enfin à différencier les deux frangins ? Tout simplement parce qu’Amos était réellement de genre de personne à ne pas contrôler ses pulsions. Après quelques conversations qu’ils avaient eu au début d’année, juste après leurs élections respectives, Carl s’en était bel et bien rendu compte en le voyant s’emporter devant la pseudo-incompétence de l’ex-Poufsouffle. Non… Charles Diggory ne faisait rien de tel. Il maintenait sa colère bien cacher derrière ce visage impassible, laissant les mots ( sans pour autant hausser le ton ) agir d’eux-même. Véritablement du grand art, pensa-t-il. Un sentiment qui l’aida à maintenir son sourire face à l’indignation discrète de l’élève.

Celui-ci insista bien sur le fait que Carl n’avait jamais été connu pour être un joueur de Quidditch ( ce qui n’était pas forcément faux bien sûr ), ensuite sur le fait que Carl aurait plus ou moins d’déshonoré la valeur de sa famille ( Carl se douter que c’était de son grand frère qu’il en retournait ).
Ce fut alors emporté dans son élan, que Charles continua :

- Voyez-vous, j’ai entendu dire que vous aviez eu des propos déplacés au sujet d’Amos et de moi-même. Or je trouve cela parfaitement déplacé pour une personne de votre posture de proférer des jugements aussi erronés. J’en viens même à me demander comment vous avez pu vous élever aussi haut dans votre profession avec un manque de discernement aussi important.

Carl fronça un peu les sourcils sans pour autant faire disparaître son sourire. Il réfléchissait. Il essayait de mettre la main sur ce qui pouvait pousser ce garçon à différer de telle accusations. C’était sûrement justifié. Carl n’était pas arrogant au point de penser que tout ce qui pouvait sortir de sa bouche était vrai et démontrable, loin de là. D’ailleurs, il était plutôt du genre à dire pas mal de conneries dans sa vie, sous la fatigue, l’irritation, la malice… Il n’était pas parfait, loin de là. Il devait par contre avouer qu’il n’aimait pas trop qu’on l’enfonce de cette façon. Il se retenait parce qu’il était face à un élève et non un collègue, mais l’effet était là ; il avait l’impression entendre Amos lui affirmer qu’il était un pur idiot sans talents. Son égo démesuré en avait pris un coup. Heureusement qu’il était trop occupé à fouiller dans sa mémoire pour réellement y penser, son esprit encore dans la paperasse qu’il venait de laisser de côté. « J’en ai encore pour vachement longtemps en fait… » laissa-t-il vagabondé son esprit, dépité, avant de recroiser le regard de Charles.

- Sérieusement, vous pensez pouvoir vous moquer de tout le monde s’en vous inquiéter des conséquences ? Cela vous amuse de critiquer tout le monde à tout va sans les connaître, ou pour seul motif qu’ils sont plus matures que vous ? Car, pardonnez-moi si je suis un peu direct, mais avec vos sourires en veux-tu en voilà, vos manières singulières, votre présence ici parmi les élèves, on dirait que vous sortez tout juste de Poudlard et que vous n’êtes en aucun cas fait pour les tâches administratives plus sérieuses que se demander qui à lâcher la dernière bombe à bouse dans les couloirs !

Le jeune homme n’arrivait plus à maintenir son calme qu’il avait pourtant utiliser avec brio précédemment. Carl ne lui en voulait pas pour ça. Il devait avoir une bonne raison, d’ailleurs, il en avait une bonne de raison. L’auror se rappela de la façon dont il avait répliqué à la dernière réflexion en date de son collègue Diggory. Piqué à vif, Carl s’était laissé emporter en affirmant que si lui-même n’était pas fait pour ce poste, lui c’était encore moins. Il en avait précisé la raison en faisant mention de Charles en disant qu’il en avait fait un marionnette à son image et que ce n’était sûrement pas ce qui avait de meilleur pour les jeunes sorciers de Poudlard.

A croire que ce n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Après tout ce temps passé loin de Poudlard, Carl en avait oublié à quel point les nouvelles allaient vite dans cette école. Tout finissait par se savoir ici, c’était un fait. Comment ? Il ne l’avait jamais su. C’était comme une malédiction, un phénomène surnaturel. Pas que ça lui déplaisait à l’époque mais pour la première fois, il en était la victime. Il savait qu’il avait été un peu fort sur ce coup. Pas qu’il ne pensait pas ce qu’il avait dit, mais c’était particulièrement déplacé et impoli. Au moment des faits, il avait été fier de lui d’avoir rembarré celui qui avait touché son égo en plein cœur. Après coup, il s’était senti… un peu con. Il n’y avait pas d’autre mots et lorsque Carl se sentait con, il avait tendance à refouler inconsciemment ces moments qui troublent son amour de lui-même. D’où la difficulté qu’il avait eu à se rappeler de quoi il était accusé.

Le jeune Diggory maintenait son regard dans le sien avec détermination, une détermination qu’on verrait souvent associé aux Gryffondors. Malgré tout, Carl gardait le sourire, notamment grâce aux pensées qui lui traversait l’esprit à quelques moments. Exactement comme à ce moment où il se dit : « Mince alors ! Je me retrouve un peu dans ce gamin ! ». Ce n’était pas cette sensation désagréable qu’il avait lorsqu’il se comparait à James Potter, non… Carl aimait se retrouver en ce garçon face à lui, parce qu’il avait du cran et des qualités indéniables. Charles n’était pas qu’un petit con arrogant, et lui non plus d’ailleurs ! s’empressa-t-il en penser.

Carl se redressa sur le banc des Poufsouffles, lui donnant plus de prestance sans réellement s’en rendre compte ( c’était comme si c’était naturel chez lui de se montrer au mieux de lui-même ).

- Je comprends le sens de notre problème. Je dis bien « notre » parce que nous sommes confrontés au même problème. J’ai fait l’erreur d’avoir affirmé un jugement déplacé et vous faite exactement la même chose avec moi, Monsieur Diggory.

Il voulut sûrement démentir, mais Carl ne lui laissa pas le temps de répliquer :

- Je n’ai rien contre ça, je le mérite, mais votre frère – et maintenant vous - avez tendance à dénigrer mon travail, mes compétences à longueur de temps, alors j’estime que mon comportement est pardonnable. Certes, idiote et impulsive, mais pardonnable comme je pardonne d’être traité comme un moins que rien.
« Je ne pense pas réellement qu’Amos ne soit pas qualifié pour notre travail, loin de là. Je n’aime simplement pas être sans arrêt pris pour un idiot sans notion des responsabilités. J’espère que vous comprenez ça, Monsieur Diggory. Surtout que j’ai été élu au même titre qu’Amos à ce poste.
« Mais sachez que je ne vais ni vous enguirlander, ni vous punir d’avoir été aussi direct avec un co-directeur. Je comprends parfaitement votre point de vue et je ne me considère en aucun cas comme supérieur à vous. C’est tout à votre honneur de vouloir protéger votre famille. Je respecte ça.


Carl passa sa main dans ses cheveux, se confrontant aux mèches légèrement collés par les quelques gouttes de gel coiffant qu’il avait utilisé ce matin-là pour soigner son style. Il s’était laissé emporter par les mots avec calme et clarté, comme à son habitude. Peut-être que Charles avait trop pris la parole pour lui et qu’à présent il évacuait tout ce qui retenait depuis le début de cette confrontation. Pourtant, il n’y avait rien de froid dans ses paroles. Son sourire était toujours là même s’il était plus discret.

- Maintenant que je vois comment cela vous affecte, je ne peux que m’excuser pour son comportement, sûrement pas très digne de mon statut je l’accorde, même si je l’ai pensé sur le moment, je n’avais pas à formuler ces pensées sûrement trop tranché, notamment sur vous.

Sa main passa de ses cheveux à sa barbe taillée avec un air réfléchi dans ses yeux. Il cherchait ses mots pour conclure ses dires et son point de vue et ainsi, sagement, calmer les ardeurs. C’était sûrement pour cela qu’il n’était pas devenu un Gryffondor dans son adolescence, il était peut-être… plus « sage », sans réellement l’être bien sûr.

- Libre à vous d’accepter mes excuses ou non. Je pense qu’Amos ne les accepteraient pas – ce n’est que mon avis bien sûr -, mais j’ose espérer que vous êtes différent, Monsieur Diggory, vu que plus je vous écoute, moins je retrouve de votre frère en vous, ce qui me rend plus idiot certes, mais véridique.

Carl ne voulait pas énerver le jeune homme, d’ailleurs, de ne pas s’être volé la face devant Amos Diggory n’avait en aucun cas le but de froisser son jeune frère. Ce n’était qu’un coup de tête d’un homme et il se devait de réparer les conséquences de son erreur.



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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Lun 26 Jan - 23:29





Mes yeux étaient restés fixés sur ceux de Carl et lorsqu’il se redressa à la fin de ma longue tirade de reproches, il regagna quelque peu de prestance. Il fallait le reconnaître, je n’avais jamais été aussi proche, physiquement parlant, de lui. Et loin derrière ses sourires charmeurs il avait un je ne sais quoi de rassurant, de réfléchi même, qui me frappa. A mieux le regarder, maintenant que j’avais déchargé mon chaudron sur lui, il m’apparaissait moins immature que je ne l’avais imaginé. Au fur et à mesure que je laissais mes sentiments prendre le dessus sur moi au cours de mon discours, j’avais vu ses sourcils se froncer, ses yeux chercher une réponse à mon agression, pour enfin s’éclaircir. Sans doute sa mémoire lui était-elle revenue finalement et maintenant que nous nous comprenions mieux, je n’attendais que sa réponse.
Bien que légèrement furieux contre moi-même, j’étais encore bien loin de maîtriser à la perfection mes excès d’énergies, je m’efforçais de paraître le plus confiant possible. Il était hors de question que je perde la face maintenant, j’étais allé trop loin dans mes  allégations contre lui, éminent membre du conseil. Montrer un instant d’hésitation serait me discréditer et affaiblirait la portée de mes paroles. Au contraire, j’étais prêt à tout recevoir, sa colère et les punitions ou toute autre chose, le retour du bâton en somme. Sur le visage de l’aurore, le sourire ne s’estompa pas et avec une voix calme et posée il me répondit, s’excusant  d’avoir porté un jugement sans fondement sur ma personne. Mais il ne s’arrêta pas là et me reprocha le même crime. Mes sourcils se froncèrent à leur tour mais il ne me laissa pas le temps de répliquer et les mots restèrent bloqués dans ma gorge. Après tout, il n’avait pas si tort que ça. J’aurais pu lui répliquer que je le voyais suffisamment dans les couloirs du château pour pouvoir me rendre compte qu’il n’est qu’un moins que rien, de la même espèce que Potter. D’ailleurs, c’est bien étrange que ces deux-là ne soient pas encore devenus les meilleurs amis du monde. A moins que la courge qui sert de tête au griffon ne soit trop prétentieusement jalouse pour s’ouvrir à ses semblables. Sauf qu’en réalité, Carl pourrait me rendre mon argument et l’un comme l’autre nous nous voilerions la face. La vérité c’est que je ne le connaissais qu’à travers ses exploits en tant qu’auror, ses sourires charmeurs qu’il adresse à tous les élèves, sa cordialité affichée et…Et rien d’autre.

Carl maîtrisait plutôt bien l’art de la parole aussi, finalement. Je n’en attendais pas moins de la part d’un auror de sa réputation, mais ne l’ayant jamais entendu utiliser un tel discours je fus agréablement surprise. Peut-être que je n’avais pas été poussé par la simple envie de m’expliquer avec lui finalement. Peut-être qu’au fond de moi j’avais aussi besoin d’être rassuré sur les réelles capacités de direction de l’homme assis en face de moi. Quelque part un petit vif d’or me chatouillait les idées. Depuis la mort de Dumbledore je ne pouvais m’empêcher de m’inquiéter, en sous-terrain, sur l’avenir de l’école. Cela fait à peine un mois que le Conseil d’Administration à prit le contrôle du château et je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il en ressortira. Malgré la confiance que je porte en moi frère, et en l’espoir que j’ai envers les autres membres du conseil, je ne doute pas une seconde que tous meilleurs sorciers réunis ne pourraient venir à la hauteur de la cheville de Dumbledore en ce qui concerne la direction de cette école de sorcellerie. Oui, je pense bien que j’avais besoin d’être un peu rassuré sur les véritables capacités de Carl, sur son aptitude à remplir ses fonctions et ses missions. En somme sa mauvaise conduite envers Amos et envers moi avait été une bonne excuse pour le tester.

« Je ne pense pas réellement qu’Amos ne soit pas qualifié pour notre travail, loin de là. Je n’aime simplement pas être sans arrêt pris pour un idiot sans notion des responsabilités. J’espère que vous comprenez ça, Monsieur Diggory. Surtout que j’ai été élu au même titre qu’Amos à ce poste.
« Mais sachez que je ne vais ni vous enguirlander, ni vous punir d’avoir été aussi direct avec un co-directeur. Je comprends parfaitement votre point de vue et je ne me considère en aucun cas comme supérieur à vous. C’est tout à votre honneur de vouloir protéger votre famille. Je respecte ça. »


Je l’écoutais avec un certain intérêt. Ses derniers mots trouvaient un écho en moi et je ne pouvais pas l’interrompre pour lui faire retirer ses mots sur Amos. Car cela aurait été légèrement hypocrite de ma part. Bien sûr que je comprenais son sentiment d’agacement face à la capacité de mon grand-frère de dénigrer votre travail et de vous faire sentir pour un moins que rien. Combien de fois Amos m’avait exprimé le mépris qu’il ressentait pour ma passion pour le Quidditch par exemple. Lentement je sentis mon corps se détendre et ma colère s’apaiser. Peu à peu je reprenais pleinement contrôle de moi-même et de mes pensées ce qui me permis de relativiser un minimum ce qu’il me disait. Comme pour compenser ma propre tirade de trois pieds de long, Carl ne s’arrêtait plus de parler non plus. Il enchaîna sur de nouvelles excuses concernant son jugement trop hâtif qu’il avait porté sur moi. De bien belles paroles tout ça, qui montrait certainement une maturité qu’on ne lui devinait pas aux premiers abords. Peut-être bien que je l’avais mal considéré, surement que je l’avais jugé trop vite également. Mais tout de même…un membre du Conseil d’Administration est sensé avoir un minimum de discernement et ne pas prendre de décision hâtive justement. Les excuses et les remords c’est bien joli, mais il est du devoir d’une personne qui à sous sa responsabilité des centaines de vies, de ne pas faire ce genre d’erreurs. Ou du moins de les limiter un maximum.

Est-ce que j’étais vraiment capable d’accepter ses excuses en effet ? Oui, je l’étais. Surtout lorsqu’elles étaient ainsi faites, dans les règles de l’art, avec une certaine humilité et sincères, en apparence. Sauf que ses dernières phrases en faisaient légèrement trop. Comme s’il essayait de m’amadouer en mettant en avant la différence qu’il trouvait entre Amos et moi. Lui qui n’avait pas hésité à énoncer le contraire sans autre forme de procès. Je l’observais, les sourcils toujours légèrement froncés. A dire vrai je réfléchissais à toute cette histoire. Je ne doutais pas de la sincérité des excuses de Carl, je pense qu’il était sincèrement désolé de m’avoir mal jugé, mais en même temps, il était visible qu’il n’appréciait pas Amos, voir même qu’il méprisait certains côté de sa personnalité. Les mêmes côtés avec lesquels j’étais aussi en conflit assez régulièrement. D’un geste distrait je laissais mes doigts courir le long du bois lisse de mon fidèle balai posé à côté de moi.

« M. Londubat, je pense en effet que vous comme moi nous nous sommes mal jugés. Il est vrai qu’Amos sait se montrer assez…distant envers certaines capacités des gens qui l’entourent. Cependant je pense que vous vous trompez sur son compte. Il ne fait aucun doute qu’il accepterait des excuses telles que vous venez de les formuler. Mais, à en juger par le peu d’amitié que vous semblez lui porter, je doute que vous lui adresseriez des excuses aussi amicales et sincères. En ce qui me concerne, je les accepte,  si vous acceptez également les miennes. Je vous ai visiblement mal jugé. Mais il faut dire que vous donnez le sortilège pour vous faire battre. Je ne dénigre pas votre travail, je suis sûr que vous êtes parfaitement capable de vous occuper de vos responsabilités, les mages noirs que vous avez vaincus ne sont pas allé à Askaban tout seul. Cependant permettez-moi d’avoir quelques doutes sur vos réelles capacités à diriger une école comme Poudlard. Rien que le fait que vous ne songiez même pas à me punir pour mon insolence va, à mon sens, en votre défaveur. Nous sommes beaucoup de jeunes sorciers ici qui aimons contourner les règles et si vous vous montrez trop laxiste j’ai peur que cela ne vous desserve. Mais comme le dis si bien Amos, je ne suis personne pour juger avec raison de telles choses n’est-ce pas. »


Je marquais une courte pause pendant laquelle mon regard dériva pour la première fois des yeux de l’auror pour se poser inconsciemment sur mon balai.

« Je suis agréablement surpris de trouver plus de maturité en vous que je ne le pensais, je dois vous l’avouer, puisque nous sommes franc l’un envers l’autre. » Mes yeux revinrent vers mon interlocuteur et les plis de mon front se lissèrent complètement. « Cependant je ne suis pas entièrement convaincu de votre capacité à assumer une telle responsabilité qu’est la direction de Poudlard. Certes vous êtes plusieurs à ce poste, mais tout de même. Pardonnez-moi mais je ne peux m’empêcher de vous comparer à mon frère et, en ce qui concerne l’autorité et le respect, vous me paraissez assez loin derrière. Certes vous allez me dire que ça ne fait pas tout, et je l’espère en tout cas, mais je ne comprends ce que vous pouvez apporter à tout ça ».

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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Mar 3 Fév - 16:14


Le premier jugement est trompeur.Carl P. Londubat & Charles C. Diggory

Le jeune homme s’était enfin détendu. Carl avoua que lui-même s’était un tantinet détendu. Il n’aimait pas devoir se défendre sur pourquoi il avait reçu cette place, ce rôle, ce nouveau prestige. Pour lui, il était tout à fait légitime pour ce poste. Il avait été élu par la majorité, sans tricheries, tout dans les lois de la belle démocratie. Pourquoi renier cela ? En reniant les qualités du Londubat, on jetait à la poubelle des fondements de la belle démocratie de l’Angleterre magique, rien de plus, rien de moins. Certes, pour beaucoup, c’était sûrement bien extrémiste comme raisonnement, mais ceux qui connaissaient bien Carl savaient qu’il ne supportait rarement l’idée même de ne pas être compétent. C’était au-delà de ce que son égo ne puisse supporter. Il devait devenir le meilleur, le plus grand des sorcier de son époque. On lui avait dit toute sa vie, il l’avait pensé depuis sa petite enfance.

Carl fut content de voir que le jeune Diggory acceptait ses excuses. Charles avait été un dommage collatéral dans la rivalité qui existait entre Amos et l’auror. Dont les excuses qu’il lui avait formulé. Pour ce qui était de son collègue, c’était différent. Il n’avait aucune raison de lui faire des excuses avant lui. Certes, c’était digne de gamins, mais Carl était beaucoup trop fière pour s’abaisser à ça face à Amos. Même si au fond, Carl avait beaucoup d’estime pour lui, il ne lui montrerait aucune reconnaissance tant qu’il le traiterait comme une sous-bombabouze. C’était hors de question. Une seule chose pouvait les amenés sur un terrain d’entente ; les idées réactionnistes de Yaxley ou Black. N’étant pas le sujet pour l’instant, Carl resta attentif aux paroles du poursuiveur Serdaigle.

Carl fronça les sourcils. Entre les compliments sur sa réputation d’auror, il y avait une très nette accusation sur ses qualités pour diriger Poudlard. Carl n’arrivait clairement pas à comprendre certains des élèves de cette école. Il se créait un rôle de directeur compréhensif et juste, pourtant, on le critiquait parce qu’il ne jouait pas assez de sa fonction. Depuis quand il fallait valorisé l’abus de pouvoir ? S’il ne l’avait pas puni, c’était parce qu’il avait reconnu ses fautes. Dans le cas contraire, il aurait sévi comme il le devait. Sévir dans ce cas précis, c’était se montrer tellement égocentrique que la moindre critique aussi vrai soit-elle était un affront ! Carl n’était pas franchement le meilleur homme pour affuter ce point de vue, mais il avait toujours su reconnaître ses erreurs. La seule erreur qu’il avait eu c’était d’avoir laissé son impulsivité juvénile dicter ses dires. Il n’allait au grand jamais reconnaître qu’il ne prenait pas les bonne décision dans la direction de Poudlard, vu qu’il était persuadé qu’il faisait ce qu’il fallait.

- Ecoutez, Monsieur Diggory, je ne vais pas enlever des points à votre maison parce que j’ai laissé une colère idiote me submerger. Je considère que l’on ne doit pas punir pour un oui ou pour un non, ou en tous cas, on est bien assez pour punir comme il le faudrait. Je considère donc que je ne suis pas le mieux placé pour instaurer les règles, les interdictions, l’autorité pénale. J’ai accepté beaucoup de responsabilités pour ce poste, mais j’ai compris que je pouvais déléguée celle-ci, qui n’est pas mon point fort.

Un court silence s’installa. Charles semblait réfléchir un instant. Carl attendait qu’il repose son regard dans le sien, mais celui-ci le devança, les yeux rivés sur le manche de son balais.

- Je suis agréablement surpris de trouver plus de maturité en vous que je ne le pensais, je dois vous l’avouer, puisque nous sommes franc l’un envers l’autre.

Il croisa de nouveau le regard de Carl. L’auror affichait de nouveau un sourire sincère.

- Je vous remercie de l’avoir remarqué. fit-il un peu d’humour, pour ne pas être de nouveau vexé qu’il ne l’ait pas remarqué plus tôt.

Heureusement pour lui, il ne fit aucun rapprochement avec l’image qu’il renvoyait à la totalité des élèves de Poudlard. Pour lui, c’était à cause d’Amos que son petite frère voyait tout ça de cette façon. On pouvait dire heureusement parce que le pauvre Carl ne le supporterait pas de savoir qu’il était pris pour le moins qualifié pour le poste. Il était trop jeune, sans expérience pour ce poste… C’était vrai, mais pour Carl, ce n’était pas une raison. S’il se sentait capable, il n’y avait rien pour l’empêcher de réussir.

- Cependant je ne suis pas entièrement convaincu de votre capacité à assumer une telle responsabilité qu’est la direction de Poudlard. Certes vous êtes plusieurs à ce poste, mais tout de même. Pardonnez-moi mais je ne peux m’empêcher de vous comparer à mon frère et, en ce qui concerne l’autorité et le respect, vous me paraissez assez loin derrière. Certes vous allez me dire que ça ne fait pas tout, et je l’espère en tout cas, mais je ne comprends ce que vous pouvez apporter à tout ça.

Le sourire de Carl disparut tout d’un coup. Malgré tout, le jeune homme s’obstinait. Il n’était pas un mauvais bougre. Il avait juste l’influence de son frère dans le veine. Même si Carl découvrait peu à peu que les deux ne se ressemblaient pas, loin de là, il avait du mal à ne pas voir le visage accusateur d’Amos dans le trait de son petit frère. Tous deux portaient de même jugement sur sa personne. Pourtant, Charles n’était pas Amos. Il fallait que Carl se le mette dans le tête, prenne ses paroles en considération. Il ne fallait pas qu’il se laisser aller à la même erreur. Son impulsivité qui devait le rendre que plus immature devait rester là où elle était, ne la laissant pas mettre en péril l’adulte qu’il était devenu, qu’il avait forcé à faire surface malgré sa personnalité.

Carl reprit donc un sourire, plus discret, plus crispé, sans pour autant être moins sincère :

- Monsieur Diggory. Si je suis ici, ce n’est pas pour le prestige du poste, ou qu’en partie. Je suis ici aujourd’hui, parce que je me sens concerné par les élèves de cette école. Si je suis ici, c’est que je sais que je suis capable de suivre les préoccupations de Dumbledore à votre égard, vous, les étudiants de cette école. Si j’ai déposé ma candidature, ce n’était pas pour faire mon intéressant. Je sais exactement ce que j’ai à faire dans cette école, et ce n’est pas juste pour donner et enlever des points.

Il marqua une pause, avant d’étirer ses lèvres d’un sourire amusé :

- Après, si vous préférez que j’enlève des points aux Serdaigles, ça ne me dérangerait pas plus que ça. Ne me regardez pas comme ça, je plaisantais. Ma décision est prise. Je passerais pour cette fois.

Mais quelques secondes plus tard, il souffla en posant son regard sur ses parchemins. Bon, il était vrai qu’il n’aimait pas la paperasse, même si il l’avait déjà côtoyé au département des aurors du Ministère. Pourtant, il écrirait les kilomètres de parchemins juste pour ce poste. Il était heureux et fier de le faire. Les temps qui couraient annonçaient rien de bon. Si il pouvait au moins protéger les jeunes sorciers anglais de tout ça, ça serait parfait. C’était bien pour ça qu’il avait accepté la demande de l’Ordre du Phénix.

Il attrapa ses lunettes et les posa sur son nez avant de les poussez de son index pour les coller en haut de son arrête.

- Bon... Pourriez-vous pas seulement... essayer de me faire confiance ? Ou me laisser le bénéfice du doute ? Après tout, je viens à peine de retrouver Poudlard. Laissez moi le temps de faire mes preuves. lui demanda-t-il gentiment.  

Sous ses lunettes, il avait l'air plus sérieux, plus âgé, plus responsable. Qu'il abandonne le débat est bien à son honneur. La maturité le poussait à ne pas vouloir tout le temps gagner. Il voulait juste... qu'on lui fasse confiance. Pourquoi était-ce si dur tout un coup ? Personne n'avait jamais douté de lui avant qu'il n'accède au titre de Membre du Conseil Administratif de Poudlard.  


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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Mar 10 Fév - 19:44





Tandis que je parlais ouvertement à Carl Londubat, j’observais ses traits et les moindres changements qui s’opéraient chez eux. Il était clair que je cherchais à le tester bien que malgré moi. Je n’avais connu que le dicta d’Amos et sa fermeté à toute épreuve, si bien qu’il avait fini par gommer mes réflexions sur la question. Il m’avait prouvé que seule la discipline et la fermeté permettait d’accéder à ce que l’on souhaitait. Cette leçon je l’appliquais parfaitement sans m’en rendre particulièrement compte, mais seulement envers moi-même. J’étais intraitable envers mes entrainements de Quidditch et malgré les blessures et les ordres de mon frère pour arrêter ce sport, je restais ferme et déterminé à réussir mon rêve. Et tous ceux qui me connaissent savent de quoi il en retourne. Seul Amos semble fermer les yeux sur cette évidence et je crains plus que tout le jour où il me convoquera pour parler de mon avenir…Vous imaginez bien qu’il refuserait la moindre allusion à une carrière dans le sport, surtout venant de son petit-frère. Il ne fait aucun doute que le jour où il vient à réaliser ou à prendre connaissance de mon ambition, je peux dire adieu à ma place dans l’équipe des Serdaigle et à la coupe de cette année. Bien que j’aime beaucoup mon frère et que certainement je l’admire pour beaucoup de chose, je ne comprends pas pourquoi il refuse d’accepter ma passion pour le Quidditch. Pourquoi il s’obstine à considérer que je perds mon temps sur un balai alors que je lui ai toujours prouvé que je savais parfaitement gérer mon emploi du temps et combiner études et sport. Mais il refuse encore et toujours de comprendre.

L’auror afficha un nouveau sourire lorsque je lui avouais être surpris de le découvrir plus mature que je ne l’imaginais. A dire vrai je fus étonner qu’il ne relève pas que je le considérais jusque-là comme un gamin dans un corps d’adulte. En fait, je réalisais petit à petit que cet entretient improvisé se révélais beaucoup plus intéressant que je l’aurais pensé. Le sorcier me paraissait même de plus en plus sympathique. Il semblait convaincu que passer l’éponge sur des petites fautes était une bien meilleure façon de gagner le respect des élèves que par le déferlement des punitions. Après tout, sa vision se tenait. Dumbledore avait bien réussit à se faire respecter de tout un chacun en faisant preuve souvent d’un certain laxisme. Mais à la différence de Londubat, il savait aussi faire preuve d’une fermeté à toute épreuve. En tout cas, jusqu’à présent l’ancien blaireau n’avait pas montré de grande fermeté envers les élèves du château, moi en premier. C’est pourquoi je n’avais aucun mal à deviner que donner des punitions pour des choses aussi futiles qu’une conversation franche et sans fard n’étaient pas son exercice favori. Contrairement à d’autre. Comme il l’avait lui-même dit, d’autres dans le conseil le faisaient très bien. Trop peut-être même.

Mais le visage de Londubat changea lorsque j’évoquais mes craintes concernant sa propre contribution à la direction de Poudlard. Pour tout vous dire je cherchais justement à le tester un peu, qu’il me prouve que je pouvais lui faire confiance. Qu’il était digne d’être à la tête de cette école de magie prestigieuse et unique au monde. Je voulais qu’il se défende un peu, qu’il fasse sortir l’adulte qui était en lui. En quelque sorte, je cherchais une deuxième facette du sorcier, celle qui pourrait me rassurer sur ses capacités de meneur. Après tout, je connaissais mon frère et son talent de persuasion, et il fallait faire preuve d’une certaine force de caractère pour ne pas se laisser marcher sur les pieds par ses idées. Le sourire de sorcier se crispa et son ton était beaucoup plus ferme. Un sourire effleura mes lèvres mais de se fixa pas et je l’écoutais avec attention. Derrière ses quelques paroles je devenais une certaine chaleur. Il était indéniable que le jeune homme pensait chacun de ses mots et qu’il mettait probablement tout son cœur à la tâche qui lui avait été confiée. Doucement je commençais à mieux comprendre pourquoi j’avais du mal à lui faire confiance. Pourquoi je le considérais encore comme un gamin et que je ne parvenais pas à voir en lui un adulte responsable. Jusqu’à ces dernières phrases « Après, si vous préférez que j’enlève des points aux Serdaigles, ça ne me dérangerait pas plus que ça. Ne me regardez pas comme ça, je plaisantais. Ma décision est prise. Je passerais pour cette fois » accompagnées d’un nouveau sourire, qui confirmèrent ma révélation. D’un geste distrait je passais ma main dans mes cheveux avant de la poser de nouveau sur le bois lisse de mon balai. Caressant le bois de la paume de la main je conservais un silence plein de réflexion. Décidément je m’étais complètement mépris sur cet homme et j’en prenais maintenant la mesure. Il ne m’apparaissait pas comme quelqu’un digne de responsabilité car pour il était parfaitement attaché à ce qu’il entreprenait. A la suite de cette conversation il en ressortait un homme passionné qui se mettait corps et âme dans son travail et qu’il aimait ça. Or, Amos m’a toujours jugé immature et « petit » pour ces mêmes raisons. Sans m’en rendre compte je venais de retourner ce jugement sur Carl et je le regrettais sincèrement à présent. Lorsque je relevais la tête m’arrachant à la contemplation de mon balai, l’auror aussi regardait ailleurs. Suivant son regard je posais mes yeux sur des parchemins visiblement ennuyeux et sans aucun doute administratif. Le revers du gallion comme on dit.  « Bon... Pourriez-vous pas seulement... essayer de me faire confiance ? Ou me laisser le bénéfice du doute ? Après tout, je viens à peine de retrouver Poudlard. Laissez-moi le temps de faire mes preuves. » Londubat, lunettes sur le nez, me regarda avec une sincérité presque grave qui me troubla. Visiblement il ne s’attendait pas à devoir se justifier aux yeux des élèves tels que moi. Et pourtant, nous étions tous partagé sur la nomination du conseil. Ce dernier semblait l’avoir oublié, comme s’il avait jugé son respect acquis par tous au même titre que leur nouveau rang. Mais c’était loin d’être le cas. En revanche, Carl était le seul qui semblait vraiment s’en soucier pour le moment et il faut reconnaître que je n’avais pas vu son comportement sous le bon angle. « Monsieur Londubat, je m’excuse sincèrement de vous avoir si mal jugé. Après réflexion je suis très heureux d’être venu vous parler aujourd’hui. Je crois malheureusement que j’ai eu tendance à reporter les jugements d’Amos sur vous, car ce sont exactement les mêmes jugements qu’il a envers moi. Voyez-vous, il a tendance à mal considérer mon….mon engouement pour certaines choses. Comme il le dit, seuls les gamins s’emportent ainsi pour tout et n’importe quoi. Je crois que votre capacité à faire votre travail avec passion si je puis-dire, m’a induit en erreur. » Je marquais une légère pose, terminant la pomme que j’avais dans l’autre main. Un bien maigre repas tout compte fait. Une petite visite de courtoisie chez les elfes de maison allait s’imposer finalement. « Je pense être capable à présent de vous faire un peu plus confiance. Voire même tout à fait confiance. Même si vous avez pas l’air particulièrement doué pour la paperasse non plus » ajoutais-je avec un sourire amusé en désignant son tas de parchemin d’un signe de tête. « Vous savez quoi, je vous pardonne également tout à fait vos allégations contre Amos, car je crois comprendre mieux maintenant ce qui vous a poussé à vous emporter contre lui. » Malgré mon admiration pour mon frère, je devinais ce qui l’énervait particulièrement chez Carl Londubat et en cela, nous avions un point commun.  


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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory Jeu 19 Fév - 22:10


Le premier jugement est trompeur.Carl P. Londubat & Charles C. Diggory

- Monsieur Londubat, je m’excuse sincèrement…

Carl aurait presque voulu s’arrêter là. Il avait ce qu’il voulait ; de parfaites excuses. Son égo se renforça d’un coup après ces quelques mots. Sa confiance remonta ainsi en flèche. Son sourire s’étira avec d’autant plus de sincérité de de joie. Dans cette élan, il faillit ôter de nouveau ses lunettes, mais en pinçant une des branches, il se ravisa avec lucidité. Il fallait qu’il se contrôle un peu. Charles Diggory venait à peine de le considéré. Il ne fallait pas tout gâcher avec sa drôle de manie de mettre et de quitter ses lunettes en fonction de ses émotions, de son état d’esprit.

- … de vous avoir si mal jugé. Après réflexion je suis très heureux d’être venu vous parler aujourd’hui. Je crois malheureusement que j’ai eu tendance à reporter les jugements d’Amos sur vous, car ce sont exactement les mêmes jugements qu’il a envers moi. Voyez-vous, il a tendance à mal considérer mon….mon engouement pour certaines choses. Comme il le dit, seuls les gamins s’emportent ainsi pour tout et n’importe quoi. Je crois que votre capacité à faire votre travail avec passion si je puis-dire, m’a induit en erreur.

Ces dires changea définitivement l’avis de Carl sur le jeune homme. Définitivement, il savait qu’ils se ressemblaient, plus que chacun pouvait l’imaginer. Charles n’était plus le mini-Amos qu’il avait reconnu. Il était un jeune sorcier soucieux de se démarquer d’un figure importante de sa famille, soucieux de faire ses preuves dans un domaine qui exclurait son frère, malgré les exigences de celui-ci. Une dualité entre l’amour qu’il avait pour son frère ainé et le besoin d’indépendance typique du jeune adulte. Certes, Carl n’avait jamais eu à se démarqué de qui que ce soit dans sa famille, celui-ci n’ayant pratiquement jamais eu un modèle au sein de la famille. Pourtant, en ce moment, depuis son élection, lui aussi avait un besoin fou de se démarqué d’Amos Diggory au sein du Conseil d’Administration de Poudlard.

- Je peux comprendre. se contenta-t-il de répondre, en voyant que le joueur de Quidditch n’en avait pas terminé.
- Je pense être capable à présent de vous faire un peu plus confiance. Voire même tout à fait confiance. Même si vous avez pas l’air particulièrement doué pour la paperasse non plus. ajouta-t-il avec humour.

Carl baissa son regard sur les parchemins parsemés devant lui et accentua son sourire à la limite du rire.

- J’apprends à aimer.

Ils rirent tous deux un instant avant que Charles ne reprenne.

- Vous savez quoi, je vous pardonne également tout à fait vos allégations contre Amos, car je crois comprendre mieux maintenant ce qui vous a poussé à vous emporter contre lui.

Tout de suite, la conversation avec pris des directions plus allégresses. L’étudiant était plus détendu et il semblerait que Carl ait considérablement monté dans on estime. De son côté, il en était de même. Ce garçon était plein de surprises. L’auror ne comprenait pas, à présent, pourquoi Amos pouvait penser que son petite frère ne suivait pas le bon chemin. D’un autre côté, il n’arrivait à comprendre comme la tête de son collègue pouvait fonctionnement. Charles Diggory avait réellement l’air d’un garçon très bien, qui ferait sûrement de grandes choses dans ce qu’il aimait.

- Je vous remercie pour votre confiance et pour avoir accepté mes excuses. Avoir votre compréhension Monsieur Diggory est un bon plus, une compréhension que je ne mérite sûrement pas vis-à-vis de mon comportement envers vous et votre frère. Je suis tout de même soulagé de le savoir. Je suis aussi heureux de savoir que cette conversation a fini par vous être agréable. Elle l’a été pour moi aussi, c’était un plaisir de vous connaître un peu plus, même si c’était avec des débuts plutôt conflictuels. ajouta-t-il avec un sourire amusé.

Charles finissait enfin son repas de fortune, mais semblait être resté sur sa faim. Puis, Carl se doutait bien qu’il y avait meilleur occupation que de discuter avec un membre du Conseil, quel qu’il soit.

- Je ne veux pas vous accaparer plus longtemps. Merci de m’avoir offert le temps de me défendre et surtout de m’avoir permis de me rendre compte de mes erreurs. Puis. Vous savez, je ne déteste pas Amos, loin de là. Je dis ça, pour que ça soit clair. Je ne suis pas un mauvais bougre et lui non plus. On va dire, qu’il y a pire.

Il resta évasif sur son dernier point. Il ne voulait pas accentué volontairement le fait que les membres du conseil d’administration avaient quelques problèmes d’entente. Comme l’avait prouvé Charles, il y avait des doutes parmi les étudiants en magie, sur la qualité d’un tel conseil à la tête de Poudlard. Carl n’aimait ni Yaxley, ni Black, mais ce n’était pas pour eux qu’il faisait ça.

Pour clore, il adressa un sourire bienveillant au jeune homme avant d’ajouter en organisant ses notes :

- D’ailleurs, n’ébruitez pas ça, mais je crois que vous aviez raison... commença-t-il pour ensuite se pencher un peu au-dessus de la table afin de chuchoter à sa guise. Je pense que ce n’était pas très mature de ma part d’avoir choisi mon ancienne table pour travailler. J’ai un mal fou à me concentrer.

Il lui adressa un clin d’œil avant de reposer ses fesses sur le banc et ranger le reste de ses parchemins.

- Je vais donc plier bagages jusqu’à mon bureau.

Il se leva lorsqu’il réussit à fourrer tout son bric-à-brac dans son sac en cuir. Il tendit la main à Charles.

- Au plaisir, Monsieur Diggory. dit-il lorsqu’il lui serra la main. Si vous avez besoin, mon bureau est ouvert ou faite sortir votre hibou. Enfin, comme vous le voulez, hein.

Il lâcha la main de Charles et s’éloigna. Il lui adressa un dernier signe accompagner d’un dernier sourire. Il quitta ainsi la Grande Salle. Il maintint son sourire pendant un moment, encore euphorique de cette rencontre qui avait bien terminé, malgré des débuts plutôt catastrophiques. Mais plus haut il montait dans les escaliers, plus les coins de ses lèvres se détendirent. Son visage se décomposait au fur et à mesure. Si les excuses et les dires de Charles l’avait rendu imperméable, le retour à la réalité fut difficile à encaisser pour Carl. Il venait enfin de se rendre compte à quel point il faisait douter le monde magique depuis qu’il avait pris place au conseil administratif de Poudlard. Est-ce que Carl était ce qui ne marchait pas dans ce conseil ? Est-ce que tout ce qui l’avait valorisé en tant qu’auror était devenu ce qui ne collait pas à la tête de l’école ?

Soudain, il s’arrêta entre deux marches. Il secoua la tête et fronça les sourcils avec détermination.Non, je suis très bien. Je suis parfait dans ce travail. Comme je l’ai dit à Charlie, il faut juste me laisser un peu de temps., pensa-t-il. Tout le monde finira par voir qu’il était à sa place, il en était persuadé. Il en était persuadé parce qu’il était fait pour ce poste, il était plus que compétent. Il reprit donc sa route, non sans une once de doute qu’il essayait d’enfuir au plus profond de lui.
 


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MessageSujet: Re: Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory

Le premier jugement est trompeur ◮ ft. Charles Diggory
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