Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora)
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MessageSujet: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Mer 26 Nov - 17:09

Charles & Theodora


Une légère grimace déforma mon sourire alors que je me relavais de table. Julian n’y était pas allé de main morte aujourd’hui, et malgré ma bonne forme physique les exercices à répétition m’avaient coupé les muscles. Il faut dire, le premier match de la saison avait lieu le weekend prochain et il fallait que nous soyons plus que prêt pour affronter les lions. Ceux-ci avaient une très bonne attaque et il nous fallait inventer de nouvelles stratégies pour déjouer leurs coups. Un rapide coup d’œil à ma montre m’indiqua qu’il était plus que l’heure de retourner dans la salle commune. Je devais y retrouver Theodora pour 22H00, et il était déjà près de 20h30. Vous me direz sans doute que ça me laisse parfaitement le temps d’être à l’heure, sauf que j’avais pour projet de prendre un bon bain chaud avant de me lancer dans mon devoir de métamorphose, et Merlin sait que j’étais le champion pour rester à traîner dans l’eau quand j’en avais l’occasion.

J’étais en train de monter les grands escaliers tout en songeant déjà au bain qui m’attendait lorsque Julian et Merlin me tombèrent dessus comme deux aigles.

« Charles ! J’ai eu une superbe idée de combo pour intercepter les passes longues de Dorea ! J’en ai déjà parlé à Merlin, mais comme je ne te trouvais pas dans la salle commune je suis venu ici et non d’un trèfle à quatre feuilles, j’avais raison de penser que tu devais encore être en train de manger. Bref ! Il faut qu’on en discute tout de suite comme ça vous pourrez vous entrainer dès demain ! »


Je jetais un regard oblique à Merlin qui me répondit par un haussement de sourcil. Est-ce que tous les capitaines d’équipe étaient aussi persécutant avant les matchs ? Julian lui, en tout cas, l’était.

« Je me rendais justement dans la salle co, vous me racontez en chemin ? » lui demandais-je tout en reprenant ma montée des marches sans attendre sa réponse pour lui signifier que j’étais tout de même pressé. D’accord, le Quidditch avant tout, mais après une journée entière sur un balai j’avais tout de même besoin d’une petite pause. Mes deux coéquipiers m’emboîtèrent le pas aussitôt et Julian se lança dans son explication. Je hochais de temps en temps la tête et l’écoutais très attentivement en vérité car quiconque sait que je ne peux pas résister à débattre stratégie et combos, même pas pour un bain bien chaud, et j’eu tôt fait de me jeter à mon tour dans la conversation sans prêter vraiment attention aux escaliers et en chassant complètement Theo et mon devoir de métamorphose de mon esprit. Si bien que je me retrouvais très vite trois marches plus haut que les deux autres, et l’escalier sur lequel je me trouvais m’emporta loin d’eux. Profitant de ce contretemps je repensais plus sérieusement l’idée de Julian et lui trouvait quelque défauts. Je connaissais l’agilité de James mieux que lui et je doutais que la passe marcherait complètement si nous ne prenions pas un risque beaucoup plus hasardeux que celui qu’il proposait.

Je retrouvais mes compatriotes quelques escaliers plus loin et nous reprîmes notre conversation là où nous l’avions laissé. Je leur exposais mes objections à leur plan et nous continuâmes ainsi d’échanger jusqu’à ce que nous notre arrivée en bas de la tour menant à notre salle commune. Un groupe d’élève descendait les escaliers et nous le lançâmes passer avant d’entreprendre la montée des marches non sans une légère appréhension pour ma part, mes cuisses me faisaient déjà suffisamment souffrir comme ça. Je n’étais d’ailleurs pas le seul et ensemble nous en rigolâmes beaucoup si bien que nous étions essoufflés comme pas possible une fois arrivé en haut. Je frappais le heurtoir magique qui prononça immédiatement son énigme : Je connais et parle toutes les langues selon ton envie et pourtant j'ai tout le temps la tête à l'envers. Qui suis-je ?

Nous échangeâmes quelques regards perplexes et voyant qu’aucun de nous ne connaissais la réponse, nous commençâmes à réfléchir. Même si cet exercice avait quelque chose de sympa, surtout à plusieurs, ces devinettes pouvaient rapidement devenir lassantes, surtout quand la réponse restait introuvable.
Il nous fallut près de vingt minutes et une tentative ratée pour découvrir la solution. Ensemble nous répondîmes un triomphal : « Une plume ! » et la porte s’ouvrit pour nous laisser – enfin – passer. Notre arrivée à destination marqua la fin de la conversation et je m’empressais de rejoindre mon dortoir, il ne me restait à présent plus beaucoup de temps avant l’heure du rendez-vous avec Theo et elle m’en voudrait sans doute beaucoup d’être en retard.

Lorsque je plongeais enfin mes membres fatigués dans l’eau chaude, je ne pris la peine de réprimer un sourire satisfait. Un coup d’œil à l’heure et je fermais les yeux quelques minutes pour savourer pleinement ce cours moment de douceur. Je passe les détails des quarante minutes qui suivirent car elles n’ont rien de passionnant.
Lorsque je redescendis dans la salle commune, bouquins de métamorphoses, parchemins, plumes et encrier sous le bras, 22h00 était passé de dix minutes et la pièce s’était beaucoup vidée. Je promenais mon regard sur les derniers occupants, un duo qui faisait une partie d’échecs magiques dans un coin, une jeune première année semblait s’être fait manger par ses livres sur une table près de l’escalier, et Theo, assise dans un des fauteuils devant la cheminée semblait s’être assoupie. Je m’approchais d’elle s’en faire de bruit et posais toutes mes affaires sur la petite table en face d’elle. Je regardais inquiet ma montre, craignant m’être trompé sur l’heure, mais non. Il était bien 22h10. Pendant un instant j’avais eu peur qu’elle se soit endormie à force de m’attendre, mais sans doute était-elle seulement fatiguée de sa semaine.  D’un geste de baguette je rapprochais la table du second fauteuil qui se trouvait sur la gauche du premier et m’installait le plus silencieusement possible. Je passais ma main dans mes cheveux dans un léger soupir et me plongeais dans mon devoir.


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MessageSujet: Re: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Mer 26 Nov - 21:30

Enfoncée dans un fauteuil des plus confortables, Theodora rêvassait, un bouquin sur les créatures magiques entre les mains. Elle observait les sorciers qui l’entouraient, amusée par cette fourmilière en éternelle effervescence. Il y avait eu un moment de calme, une heure plus tôt, avant que les joueurs de l’équipe de quidditch ne reviennent de leur entraînement. Mais à peine une semaine avant le premier match de l’année, ils ne passaient pas inaperçus, et dès que Merlin et les autres avaient fait irruption dans la salle commune, ils avaient été assaillis, bombardés de questions, d’encouragements en tout genre.

Elle avait aperçu Charly qui s’éclipsait, et avait supposé qu’il allait se détendre un peu avant de passer quelques heures sur un devoir qui ne semblait pas vraiment l’emballer. Pour les autres, l’interrogatoire avait duré un moment, puis ils s’étaient dispersés et chacun était reparti vaquer à ses occupations. Merlin était passé lui dire bonsoir, plaquant un baiser sonore sur sa joue, lui promettant qu’il passerait plus de temps avec elle le lendemain.

Et au fur et à mesure que le temps filait, la salle s’était animée, au fil des sorciers qui regagnaient leurs dortoirs, se décidant par petits groupes. Finalement, la dernière fille de son dortoir se leva et offrit son plus beau sourire à Theo.

« Tu rêves là ! Tu ne viens pas te coucher ? Tu as encore des devoirs ? »

La petite Dearborn répondit par la négative aux deux questions, lui souhaita une bonne nuit, promit qu’elle ne ferait pas de bruit en montant, et tenta de lire quelques pages avant d’abandonner, vaincue par un manque cruel de concentration. Elle rangea ses affaires et se contenta de contempler la pièce, observant la poignée d’adolescents qui résistaient au sommeil pour avancer un devoir ou pour rester un peu plus longtemps encore avec leur moitié.

Son bras engourdi glissa contre sa jambe et heurta le coussin, lui arrachant un sursaut. Elle ne devait pas dormir. Elle s’installa un peu mieux, regarda l’heure. Charly allait arriver. Elle ne devait pas… ne devait… pas…

La salle commune disparut, et elle se retrouva dans un couloir étroit et froid. Des tableaux accrochés aux murs émanaient quelques murmures, ragots et railleries, et elle se sentit soudain mal à l’aise. Elle se souvenait de ça. Au coin allait arriver Dorea, riant, pétillante comme toujours, en compagnie d’un garçon que Theodora ne parvenait pas à reconnaître dans son rêve. Elle commença à s’agiter, murmura quelques mots, quelque avertissement tandis que derrière ses paupières closes, Dorea riait toujours, inconsciente. Elle connaissait l’histoire par cœur. Elle savait qu’elle rêvait, elle savait que c’était irréel, mais elle ne parvenait pas à s’empêcher de la mettre en garde. C’était sa sœur, elle était plus importante que tout. Elle devait la prévenir.

« Va-t-en ! Allez, pars, il arrive… »

Elle paniquait, tenter d’apercevoir l’ombre longiligne de l’assaillant. Elle tourna sur elle-même, priant pour que cette fois, elle comprenne d’où ce satané reptile pouvait venir. Mais quand elle se tourna de nouveau vers sa sœur, sourde à ses avertissements, le serpent était déjà là. Il s’enroulait autour du corps de sa sœur, et elle ferma les yeux pour ne pas voir encore une fois les crocs percer la peau.

« Pourquoi je peux pas te le dire ? » gémit-elle.

Elle commença à pleurer, sans pour autant se réveiller. Dans son rêve, elle berçait sa sœur, tandis que recroquevillée dans son fauteuil, dans sa salle commune, elle murmurait des excuses à peine intelligibles. Puis un éclat de voix au loin. Quelqu’un qui allait se coucher. Se coucher ? D’un coup, elle sembla revenir à la réalité et se réveilla en un sursaut de terreur, en larmes et parcourues de spasmes incontrôlables. Un regard affolé parcourut la salle où il n’y avait plus personne, sauf Charly et elle. Charly. Elle avait oublié. Elle regarda l’heure : 22h30. Elle avait promis de l’aider, et à la place elle s’était endormie. Passant une main sur son visage blême, elle renifla et fit la moue.

« Pardon. J’ai… parlé ? »

Elle secoua la tête et sourit à son ami. Il était inutile qu’ils s’attardent sur l’incident, elle avait déjà bien trop honte à l’idée qu’il l’ait entendu faire un cauchemar. Il devait la prendre pour une gamine, à somnoler comme ça alors qu’elle devait l’attendre, et à pleurnicher dans son sommeil par-dessus le marché. Les filles du dortoir lui avaient déjà dit qu’elle parlait sans cesse en ce moment, qu’elle les réveillait. Alors elle savait qu’elle avait laissé échapper quelques bribes de sa vision cette fois encore. Sauf que si les filles encore a demi endormies ne comprenait pas un traître mot de ce qu’elles racontait, Charly était parfaitement éveillé.

« Laisse, oublie. Je t’avais promis de te surveiller et je dors pendant ma garde. Alors, tu t’en sors ? »


Ne lui laissant pas le loisir de répondre, elle se leva rapidement et s’approcha pour se pencher au dessus du parchemin du garçon. Elle essuya ses larmes d’un geste rageur et tenta de lire tout en parlant, pour qu’il n’ait pas le temps d’en placer une. Si elle détournait suffisamment la conversation, il ne reviendrait pas en arrière. Elle en était certaine. Presque.

« C’est quoi le sujet ? T’as l’air d’avoir un peu avancé déjà. Oh et au fait ! »

Elle se relaissa tomber dans son fauteuil et sourit.

« L’entrainement s’est bien passé ? Pas trop fatigué ? J’ai pris des friandises hier en prévision de la soirée, tu en veux ? Attends, elle sont dans mon sac, laisse moi juste le temps de les attraper, et je te les donne… T’aimes les patacitrouilles non ? »

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MessageSujet: Re: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Jeu 27 Nov - 18:58

Charles & Theodora


« Les animagis, risques, contraintes et histoire »

Avec les trois livres ouverts devant moi, j’espérais bien pourvoir terminer ma composition rapidement et efficacement. Le sujet n’était pas vraiment le plus difficile, il était même très intéressant. Et pourtant, je n’arrivais vraiment pas à m’y mettre. Je crois que son manque de portée réflexive me démotivait quelque peu. J’aimais bien pouvoir débattre sur des questions de magie et proposer des choses un peu moins poussiéreuses que ce que l’on trouvait dans certains livres. Mais là non, il ne s’agissait que d’une composition de recherche, de mise en perspective des données et de leur retranscription. Je tournais mes yeux vers Theodora toujours assoupie dans son fauteuil et un sourire se dessina sur mes lèvres. Qu’elle était si adorable ainsi endormie. Et comment pouvais-je la blâmer, je n’attendais qu’une chose, pouvoir aller me coucher sous ma couette et aller faire un tour dans les bras de Morphée. Sans compter que la semaine qui arrivait s’annonçait éprouvante, j’avais pas mal de devoirs en retard, et cela n’allait pas s’arranger avec les entrainements de Quidditch programmés quasiment tous les soirs…
Je poussais un léger soupire et me plongeais dans les livres, plume en main, à la recherche des informations que je cherchais.

« Va-t-en ! Allez, pars, il arrive… »

Je sursautais et relevais soudainement la tête de mon livre et cherchais du regard la personne qui avait parlé. Mais aucun de ceux encore présents dans la salle commune ne semblait être à l’origine de ces mots énigmatiques. D’ailleurs ils étaient bien trop loin pour avoir pu les murmurer. Un léger gémissement me fit alors tourner la tête vers Theo qui, bien que toujours endormie, semblait lutter contre quelques fantômes. Elle était à présent complètement repliée sur elle-même dans le grand fauteuil et son visage inquiet avait perdu toute sa couleur. Je posais vivement ma plume et rapprochais mon fauteuil d’elle, sa pâleur me mettait plus que mal à l’aise mais je ne savais pas quoi faire. Après tout, n’était-elle pas seulement en train de rêver ?

« Pourquoi je peux pas te le dire ? »

Un nouveau gémissement traversa ses lèvres endormies alors qu’un ruisseau de larmes dévalait ses joues moites. Un accès de fièvre ne lui aurait pas donné plus de sueurs ni un teint plus blafard et je commençais vraiment à craindre pour elle. Son corps commençait à se tendre par petits spasmes et ne pouvant supporter de voir cela plus longtemps je me retournais pour prendre ma baguette magique, comme si celle-ci pouvait contenir le remède à son état. Au même moment je vis les deux derniers joueurs d’échecs se lever et prendre le chemin des dortoirs en me saluant de la main.

« Bonne nuit Charles, nous on va se coucher ! On a hâte d’assister au prochain match ça va être génial ! »

Je les saluais également et lorsque je tournais à nouveau mon attention sur Theo je la découvris qui ouvrait les yeux, s’essuyait rapidement son visage trempé d’un revers de main tout en articulant d’une voix que je trouvais un peu faible :

« Pardon. J’ai… parlé ? »

Incrédule et ne sachant que lui dire je la regardais s’animer soudain avec, à mon sens, beaucoup plus d’énergie que d’habitude, ce qui était beaucoup trop suspect à mon goût. Mais elle ne me laissa pas le temps de répondre que déjà elle s'était levée de son fauteuil et avait atterrit près de mon parchemin, aussi papillonnante qu’un papillon.
Elle enchaînait les questions, sur mon devoir, son sujet, puis sur l’entrainement de Quidditch, ma fatigue et termina par me demander si j’aimais les patacritouilles, sans jamais me laisser le temps de répondre la moindre chose. D’ailleurs je n’avais pas bougé d’un trèfle depuis son réveil, j’étais donc à moitié assis sur le fauteuil, prêt à me lever, baguette en main et plume jetée sur le parchemin y laissant une jolie tâche d’encre qui s’étalait déjà sur mes notes.
Enfin, de nouveau assise dans son fauteuil, elle marqua une petite pause, sans doute le temps pour elle d’aller chercher ses fameuses patacritrouilles dans son sac et je sautais sur l’occasion pour lui prendre la parole.

« Theo »

J’essayais de trouver son regard qui semblait me fuir, son visage avait repris quelques couleurs mais semblait toujours aussi blême et ses yeux paraissaient beaucoup plus tristes et fatigués qu’avant.

« Theo tu es sûre que ça va ? »

Mes cuisses commencèrent à se manifester à nouveau et me rappeler à l’ordre, je m’assis donc complètement à mon tour dans mon fauteuil sans quitter du regard ce visage que je voyais encore transi de peur et baigné de larmes. J’étais visiblement inquiet et mon front légèrement plissé ne pouvait que confirmer cela. Il était clair pour moi que je n’allais pas faire comme si de rien n’était, même si c’était visiblement l’intention de mon amie, et posant ma baguette sur ma table j’en profitais pour refermer le livre que j’étais en train de lire auparavant pour bien lui signifier qu’il était hors de question qu’elle ne me rassure pas d’abord. Les devoirs peuvent bien attendre dans pareil situation.

« Ecoute moi bien Theo, je vois clairement que tu n’as pas envie que je te pose cette question, mais sache que je t’estime trop pour ne pas m’inquiéter après t’avoir vu dans un tel état. Alors arrêtes de chercher ces patacitrouilles et regardes moi, je te parle sérieusement, qui est-ce qui te fais si peur ? »

Par cette dernière question je faisais référence à son « il arrive ». Il ne faisait aucun doute pour moi qu’elle craignait quelqu’un, il m’arrivait de faire des cauchemars, comme tout le monde, mais jamais, même les plus terribles, ne me laissaient dans de tels états et ne me laissaient pas envahis par des spasmes incontrôlables. Qui pouvait bien lui faire un tel effet et lui causer une telle peur ? A qui parlait-elle ? A qui ne parvenait-elle pas à parler ? Qui essayait-elle de protéger contre une menace ? Tant de questions qui m’inquiétaient…Mais je craignais que Theo ne me réponde pas directement. Je savais que depuis quelques temps elle était plus renfermée qu’avant, je l’avais remarqué. Bien que je ne lui en aie jamais touché un mot, je voyais bien qu’elle se faisait de plus en plus discrète et que souvent, elle avait l’air épuisée comme si les nuits ne parvenaient pas à la reposer. J’appréciais beaucoup la jeune Dearborn et mon inquiétude à son sujet était sincère, ce n’était pas qu’un simple intéressement de préfet pour une personne de sa maison, ni d’une connaissance pour une autre, mais d’un véritable ami pour une amie dont il estimait beaucoup le jugement.


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MessageSujet: Re: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Ven 28 Nov - 17:18

Theodora avait l’impression d’émerger d’un bain glacé, comme si on lui avait maintenu la tête sous l’eau et qu’enfin, le calvaire s’adoucissait un peu. La vision s’était infiltré, avait imprégné tout son être, et s’il en restait encore des marques, elle avait l’impression de revivre. Pourtant, elle avait l’impression que la torture la guettait toujours. La peur d’être anormale et se mêlait à celle de voir sa sœur souffrir comme dans son rêve et à son impuissance, et elle se sentait entravée, comme si des chaines l’empêchait de se sortir de cette situation, la reliant sans répit à cet étrange de boulet. Même si des fois tout allait bien, le boulet se faisait plus présent depuis que les rêves concernaient sa sœur, et il lui était plus difficile de l’oublier. Alors pour ce qui était de le cacher aux autres… Il lui semblait qu’il était inscrit « malsaine » sur son front, et qu’à la moindre erreur, au moindre faux-pas, n’importe qui pourrait découvrir son secret.

Elle faisait de son mieux pour feindre l’innocence, ne réalisant pas vraiment que parfois, c’était cette volonté d’ignorer les évènements qui la rendaient étrange. Elle s’agitait trop, se réjouissait trop. Elle qui d’ordinaire parlait d’une voix calme et posée avait un débit de paroles assez impressionnant qu’elle ne parvenait pas à endiguer. La discrétion, la dissimulation n’étaient pas son fort, et si elle parvenait d’ordinaire à conserver une certaine façade, elle ne savait pas agir quand elle était prise sur le fait. Elle ne laissa pas à Charles le temps de s’inquiéter pour elle. Du moins, elle tenta de l’empêcher de le faire. Elle connaissait son ami, elle savait qu’il n’était pas dupe, mais perdue dans sa terreur, elle était de ceux qui, simplement en fermant les yeux, ont l’impression qu’on ne les voit plus. Peut être simplement qu’en le gavant de patacitrouilles, il ne pourrait simplement pas parler.

Elle fouilla son sac à la recherche des fameuses friandises, tâchant de son mieux de ne pas faiblir, de ne pas flancher. Est-ce qu’elle était sûre que ça allait ? C’était l’exact opposé. Elle était absolument certaine que ça n’irait plus, hantée par les futurs de ceux qui l’entouraient.

« Ecoute moi bien Theo, je vois clairement que tu n’as pas envie que je te pose cette question, mais sache que je t’estime trop pour ne pas m’inquiéter après t’avoir vu dans un tel état. Alors arrêtes de chercher ces patacitrouilles et regardes moi, je te parle sérieusement, qui est-ce qui te fais si peur ? »


Il avait raison. Elle ne voulait pas qu’il lui demande. Elle voulait qu’il l’ignore, elle ne voulait pas perdre cette importance qu’elle semblait avoir pour lui, pour Dorea, pour ses amis de plus en plus rares. Malgré tout, elle obéit. Elle lâcha le sachet de patacitrouilles qui retomba au fond du sac et se redressa, soupira, puis posa sur Charly un regard des plus tourmentés.

« Je… »

Elle hésita, puis se ravisa. Avec un sourire fragile, elle haussa les épaules.

« C’est juste un cauchemar, c’est un peu idiot, je suis désolée. Je ne saurais même pas comment t’expliquer et je ne veux pas que tu me prennes pour une imbécile. Mais merci. »

Elle l’enlaça brièvement pour le remercier de son attention et de sa gentillesse. Elle ouvrit de nouveau l’ouvrage de métamorphose, cherchant rapidement la page qu’elle avait cru entrevoir juste avant. Quelque chose sur la transformation humaine, les animagis. Elle avait beau ne pas avoir étudié ça en cours, tout jeune sorcier connaissait le sujet dans les (très) grandes lignes. Théodora sourit, satisfaite, lorsqu’elle trouva la bonne page et reprit place dans son fauteuil, sans trop savoir ce qu’elle devait faire maintenant. Est-ce que cette vague réponse suffirait ?

« On va se ressaisir d’accord ? Je suis sensée t’aider à travailler non ? Pas te distraire. Je suis désolée de m’être endormie et de t’avoir dérangé. Et inquiété. Mais c’est bon, je suis réveillée maintenant, et je ne vais plus dormir. Alors continue ton devoir de métamorphose. S’il te plait. »

Elle savait que ça ne suffirait pas. Charles n’était pas naïf, beaucoup moins qu’elle pouvait l’être d’ailleurs. Il voudrait creuser plus. Et puis elle ne voulait pas non plus qu’il pense qu’elle n’avait pas confiance en lui, qu’il soit vexé par ses secrets. Elle pesa le pour et le contre, lui tendit une patacitrouille avant d’en goûter une à son tour et s’enfonça dans son fauteuil, fixant un point imaginaire au loin. Jusqu’ici, elle n’avait jamais été dans une situation similaire. Son troisième œil n’avait jamais été si grand ouvert que depuis que les rêves concernaient Dorea, qu’elle n’avait jamais entrevu d’images si claires. Et c’était de pire en pire. Elle pouvait s’estimer heureuse qu’un incident comme ça ne se soit pas produit en cours de sortilèges, où elle avait l’habitude de finir ses nuits. Là, ce n’était que Charly.

« Charly ? »

Elle attendit une seconde, perdue dans sa réflexion, sans vraiment écouter s’il lui répondait ou non, puis reprit.

« Tu as déjà eu peur de tout perdre ? Tous les gens que tu aimes ? Comme si au moindre faux pas tout ce qui t’entoure pouvait s’écrouler. Est-ce que ça t’est déjà arrivé ? »

Cette fois, elle chercha son regard volontairement. Elle se mordit la lèvre, peu assurée. Elle devait faire attention à ne pas trop en dire et en même temps, le poids des cauchemars commençait à être trop lourd à partager seule. Il y avait bien Nori qui savait quelques détails, sans pour autant mesurer l’ampleur de son don. Mais Nori aussi était anormale, alors quoi qu’il arrive, elles pourraient rester ensemble. Mais elle ne pouvait pas se raccrocher à une enfant éternellement.
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MessageSujet: Re: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Sam 29 Nov - 19:17

Charles & Theodora


Le regard tourmenté que Theo posa sur moi lorsqu’elle émergea de son sac serra mon cœur. Qu’est-ce qui pouvait bien la mettre dans un tel état ? Je craignais que quelque chose de grave lui était arrivé, qu’une personne la persécutait ou pire encore. En vérité, j’étais loin de la vérité, mais ça je n’avais aucun moyen de le savoir. Indéniablement, la pensée de ma propre mauvaise expérience avec James me vint en mémoire, et je craignais qu’un élève ne lui fasse vivre un cauchemar quotidien de ce genre –là. Si c’était vraiment le cas, il fallait qu’elle sache que je ferai tout pour la défendre et la protéger.
La jeune femme commença alors à parler d’une voix faible et troublée, mais je vis dans ces yeux qu’elle se ravisait et laissa sa phrase en suspens. En réponse à mon air interrogateur elle m’adressa un sourire tout aussi faible avant d’ajouter que ce n’était qu’un cauchemar et patati et patata. Autant dire que je n’en croyais pas un mot. Enfin si, techniquement elle avait fait un mauvais rêve, puisqu’elle dormait, mais je sentais bien qu’il y avait quelque de plus profond qu’une simple association d’idées du subconscient. Tout en elle me l’indiquait par ailleurs, son regard fuyant, sa peau encore pâle, sa voix légèrement affectée, ses yeux voilés et ses gestes indécis. En parlant de cela, elle se jeta soudain dans mes bras, sans doute pour me remercier de s’inquiéter pour elle. Je senti son petit corps menu contre moi, je senti la fraîcheur de sa peau encore traumatisée, je senti le soupçon de ses spasmes et j’étais encore plus troublé qu’avant. J’avais envie de lui dire qu’elle pouvait me faire confiance, que jamais je ne la jugerai, que je ne la trouvais absolument pas stupide ou quoi que ce soit d’autre, parce qu’elle faisait des rêves aussi prenant qui la laissait complètement abattue. Non, seul un être sans cœur aurait pu réagir de la sorte.
Mais en même temps, je ne pouvais pas la forcer à me parler. Nous n’étions pas non plus des confidents l’un pour l’autre. Moi-même je lui avais caché mes déboires avec Potter bien qu’elle m’ait plusieurs fois questionné sur mon état à l’époque, car il m’arrivait de ne pas être au mieux de ma forme. Et pourtant je ne pouvais décidemment pas la laisser repartir dans son dortoir sans être parfaitement sûr qu’elle allait vraiment bien. Ou du moins, qu’elle n’était pas complètement affolée. Quant à faire mon devoir, l’envie et la motivation avaient pour ainsi dire, pris la poudre de cheminette.

Je la regardais rouvrir mon livre de métamorphose et chercher la bonne page. Une fois fait, elle retourna s’asseoir dans son fauteuil, un sourire visiblement satisfait sur le visage. Mais je voyais nettement passer sur ses traits d’autres sentiments qui trahissaient ses interrogations mentales. Je voyais bien qu’elle lutait, partagée sans doute entre plusieurs sentiments et je préférais ne rien dire de plus pour le moment, la laissant faire son propre choix. Je n’avais pas bougé d’un poil de licorne pendant son petit manège et je ne savais décidemment pas quelle attitude adopter. J’étais les fesses entre deux balais et mon front plissé trahissait toujours mon anxiété. Je ne fis absolument aucun mouvement pour reprendre mon devoir quand Theo me demanda de continuer à travailler sous prétexte qu’elle était désormais parfaitement réveillée et que son petit « incident » ne devait pas être une raison pour me distraire de mes devoirs. Je levais un de mes sourcils pour exprimer ma pensée. Il était hors de question que je me concentre sur autre chose que sur elle, et je pense bien que ma jeune amie l’avait bien compris. En effet, son visage pris soudain une autre expression alors qu’elle prenait une patacitrouille tout en m’en tendant une que j’attrapais et glissais dans ma bouche. Ses traits avaient pris une expression plus vague et elle semblait regarder autre chose que la salle commune.

]« Charly. Tu as déjà eu peur de tout perdre ? Tous les gens que tu aimes ? Comme si au moindre faux pas tout ce qui t’entoure pouvait s’écrouler. Est-ce que ça t’est déjà arrivé ? »

Sa voix pris un ton différent elle aussi, plus sérieuse et posée avant de fixer cette fois ces beaux yeux dans les miens. Un frisson parcouru ma peau alors que j’avalais presque de travers la friandise. Je ne m’attendais pas à ce changement radical de sa part et je senti l’extrême inquiétude qui parcourait son être. Avait-elle peur que je lui ris au nez ? Car j’étais loin d’avoir envie de rire et encore moins de me moquer d’elle.
Mais que pouvais-je répondre à une telle question ? Bien sûr que j’avais déjà eu peur de tout perdre, de tous les perdre. Une légère ombre passa sur mon visage alors que je repensais au pire moment lors duquel ces pensées avaient tourmentées mon esprit.

« Oui Theo, cela m’est déjà arrivé. Et je crois que de telles pensées viennent à l’esprit de tous ceux qui ont des êtres qui leurs sont chers. Je crois que même les plus abjectes des personnes craignent pour la disparition des personnes qui possèdent le cœur. Pour tout te dire, je crois bien n’y avoir jamais autant pensé que depuis ces derniers jours. Depuis…Depuis la disparition de Dumbledore »
. Je marquais une courte pause alors que j’étais à mon tour un peu perdu dans mes souvenirs. « Tout un monde s’est écroulé ici. Pour moi Poudlard a toujours été l’endroit le plus sûr, et Dumbledore le plus grand des sorciers dont les décisions étaient les plus sages et qui était capable d’unir sous son nom tous les noms du monde magique. Qui aurait pu penser qu’un jour quelqu’un voudrait mettre un terme à temps d’égalité, de partialité ? Oui Theo, depuis je sais ce que c’est d’avoir vraiment peur de tout perdre et de voir mon monde s’écroulé. »

J’avais été peut-être un peu trop sombre en faisant remonter tout cela ce soir et il me semblait que même le feu de la salle commune avait baissé en intensité à l’évocation de cet épisode. Mais je chassais bien vite ces mauvais augures.

« Mais qu’est-ce qui te fais craindre une telle perte Theo ? Malgré tout je ne pense pas que nous soyons en danger ici. Aucun élève ne prendrait le risque de s’acharner à détruire la vie de quelqu’un d’autre… » Quoi que, à bien y réfléchir…Je n’en n’étais pas si sûr que ça. James lui n’avait pas hésiter à m’envoyer à l’infirmerie dans un sale état pour parvenir à ses fins…


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MessageSujet: Re: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Dim 30 Nov - 14:14

Theodora ne savait pas trop si elle devait baisser sa garde, ne serait-ce qu’un peu. Bien sûr, des questions vagues, qui pouvaient concerner n’importe quel état d’âme ne mettaient pas son secret en danger, mais elle se sentait si lasse, si fatiguée, qu’elle avait l’impression qu’à la moindre occasion, elle raconterait tout, juste pour que le calvaire soit moins douloureux. Juste pour partager son fardeau. Elle savait que d’autres avaient des peines plus dures à supporter, mais elle ne parvenait pas à passer au-delà de ses craintes. Comme si la peur n’était pas suffisante, elle y ajoutait le mensonge, la dissimulation. Deux mots qui n’avaient jamais fait partie de son vocabulaire. Elle se sentait s’éloigner peu à peu de sa sœur sans que celle-ci semble en avoir conscience, et il lui semblait qu’elle la trahissait. Plus elle se passait d’elle, plus elle se sentait mauvaise et en dessous de tout. Alors elle devait faire attention. Charly était à l’écoute, bienveillant, mais elle ne devait pas se sentir trop à l’aise.

Pourtant, la patience du préfet et son silence tandis qu’elle tentait de déterminer quelle frayeur était la plus prenante l’encourageait à baisser la muraille qu’elle avait bâtie. Charly sembla un instant troublé par les questions de Theodora, mais il se reprit assez vite pour qu’elle ne tente pas de prendre la fuite et elle accueillit sa réponse avec un soulagement non dissimulé. Elle comprenait ce dont il voulait parler avec la mort de Dumbledore, le conseil et tout ce que cela provoquait au sein du château. Elle se souvenait le choc de l’annonce, s’être écroulée au milieu du parc alors qu’elle tentait de fuir l’animation des élèves en deuil. Elle avait toujours cru qu’il était tout puissant, et qu’avec lui, elle trouverait toujours un refuge malgré son don. Comme s’il savait sans qu’elle ne dise quoi que ce soit. Et puis comme si cette perte ne suffisait pas, il y avait eu ce vote ridicule. Et convaincre tant de personne qu’elle valait la peine, que Poudlard était sa maison malgré sa tare lui semblait infiniment plus compliqué.

Et si l’idée lui faisait honte, savoir que Charly avait peur aussi était rassurant. Elle se sentait moins seule. Caradoc et Dorea étaient toujours si forts, comme leur père d’ailleurs, qu’elle se sentait parfois ridicule et faible à côté d’eux, avec ses inquiétudes et ses fragilités.

Elle se mordit la lèvre quand il la questionna de nouveau et resta un instant interdite, songeant à toute la peine que les gens pouvaient faire aux autres par manque de considération ou par peur. Elle avait vu Nori se faire ennuyer un nombre incalculable de fois et même Charly, qu’elle avait surpris à la merci de Potter. Même elle. Elle qui avait trop peur de perdre les autres qu’elle était incapable de prévenir Do du danger qui guettait ou de parler à Charly de ce dont elle avait été témoin de peur qu’il lui en veuille de l’avoir vu dans un moment de faiblesse. Par son silence, est-ce qu’elle ne faisait pas de mal aux autres ? Elle renifla doucement, ravalant ses larmes.

« Beaucoup de choses me font peur… »

Elle hésita et se redressa un peu, reprenant un minimum de contenance

« Quand on était petits avec Dorea et Caradoc, on jouait au papa et à la maman des fois. Comme j'étais la plus petite, forcément j'étais le bébé, et eux mes parents. On adorait ça. J'avais l'impression d'être importante et eux, ils aimaient s'occuper de moi, me chouchouter... Des fois, j'ai l'impression qu'on a jamais arrêté de jouer. Ils sont toujours là pour moi. » Elle rit. « Le problème tu vois, c’est que j’ai jamais imaginé que la vie ne serait pas toujours comme ça, et que je devrais me séparer d’eux. Et qu’est ce que je ferais si je les perdais ? Avant, tout était facile. Je savais qu’on m’aimerait toujours. Je me fichais d’avoir des amis, je n’imaginais pas faire ma vie autrement qu’à l’ombre de la leur. J’étais protégée et j’étais bien. Mais s’ils me laissent ? S’ils ne m’aiment plus ? S’ils meurent ? Si je ne fais rien contre ça ? »

Au fur et à mesure qu’elle s’imaginait sans ceux qu’elle aimait le plus au monde, elle s’affolait de nouveau et elle devina qu’elle avait parlé un peu trop fort quand une première année fit irruption dans la pièce, les yeux bouffis de sommeil, en leur demandant de faire moins de bruit. Elle s’excusa et attendit qu’elle soit retournée dans son lit avant de reprendre, plus doucement.

« Comment je peux dire à la personne la plus importante pour moi, celle à qui je veux le plus ressembler, que je suis anormale et que je ne pourrai jamais être comme elle ? »

Elle bascula la tête en arrière et ferma les yeux, vaincue. Elle en avait trop dit. Peut être qu’il ne comprendrait pas, peut être qu’il ne voudrait pas comprendre, mais elle se sentait faible, et apeurée, et nue maintenant que les mensonges et autres barrières tombaient, et elle espérait juste qu’au moins, s’il la rejetait maintenant, qu’il n’en parlerait à personne, et surtout pas à Dorea. Silencieuse, elle se remit à pleurer sans pouvoir retenir ses larmes et frotta ses joues avec énergie pour effacer les sillons laissés par ses pleurs. Elle eut un hoquet quand un rire malheureux lui échappa et se laissa glisser au pied du fauteuil, lentement, avant de poser la tête au creux de ses mains. Elle n’avait jamais été forte, elle avait eu Caradoc pour ça. Et le courage revenait à Dorea. Elle, c’était le calme, la sagesse. Et si la folie la guettait, il resterait quoi de tout ça ?

« T’imagines même pas comme je me déteste. »
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MessageSujet: Re: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Dim 30 Nov - 21:38

Charles & Theodora


Ses grands yeux rougis me regardaient avec douleur mais non sans une certaine douceur. Comme j’aurais aimé à cet instant lui faire oublier toutes ces choses qui lui faisaient si peur. D’ailleurs non, j’aurais voulu les faire disparaître complètement. Car pour moi à cet instant, à la regarde ainsi tourmentée et pourtant avec ce petit air de sagesse infinie qui la caractérisait si bien, je me demandais bien comment des choses ou des personnes pouvaient avoir envie de la torturer. C’était aussi inconcevable pour moi que le meurtre de Dumbledore l’avait été. La jeune serdaigle se redressa sur son fauteuil et repris un peu contenance. Elle assimilait mes paroles et, je crois, ma réponse sincère lui avait fait beaucoup de bien. Je vis ses yeux s’éclaircir et son visage se décontracter légèrement. Et alors, elle commença à me raconter un épisode de son enfance. Ou plutôt, elle me raconta son enfance avec Dorea et Caradoc, leurs jeux et son profond sentiment de sécurité qui émanait de leur présence. Je comprenais parfaitement de quoi elle voulait parler. Alors que son ton  changea et que sa voix s’anima je revoyais mes propres jeux avec Amos. Bien que ces derniers aient été bien différents, notamment en raison de notre différence d’âge et de l’absence de présence féminine, je compris tout à fait le sentiment de sécurité dont elle voulait parler. Qui mieux qu’Amos pouvait représenter un tel sentiment à mes yeux ? Lui qui avait toujours réussi ses examens hauts la main ? Lui qui en savait plus sur la magie que beaucoup d’autres sorciers ? Et lui qui, aujourd’hui à nouveau, avait repris son rôle de protecteur pour moi, ainsi que pour tous les élèves de Poudlard.

Sans vraiment m’en rendre compte, je hochais la tête pour moi-même, il n’y avait pas plus légitime en effet que de ressentir un tel sentiment de solitude lorsque la pensée de la disparition de ces êtres chers et protecteur nous venait à l’esprit. Et pourtant, jamais je n’avais éprouvé un désarroi aussi fort et prenant que celui qui tiraillait Theo. Au fur et à mesure qu’elle me racontait son anecdote, je la vis perdre à nouveau son calme, ses beaux yeux s’obscurcir de nouveau et son visage perdre le peu de couleur qu’il avait repris. Les larmes lui montèrent de nouveau aux yeux et petit à petit les vagues de l’émotion la submergèrent à nouveau.

A cet instant, un petit minois endormi nous demanda de faire moins de bruit. Tout comme Theo je m’excusais auprès d’elle en lui assurant que nous ferions plus attention par la suite et qu’elle pouvait retourner se coucher tranquillement. Afin d’éviter tout autre incident et après avoir reporté mon attention vers la jeune femme dont les nerfs semblaient pouvoir lâcher à tout moment, j’attrapais ma baguette et lançais un sort d’étouffement afin de réduire la portée sonore de nos paroles.
La suite des évènements me glaça presque le cœur.

« Comment je peux dire à la personne la plus importante pour moi, celle à qui je veux le plus ressembler, que je suis anormale et que je ne pourrai jamais être comme elle ? »


Je m’en serais presque étouffé dans ma salive. Elle ? Anormale ? Mais de quoi donc parlait-elle ? Avait-elle pensé que j’avais compris son allusion ? Car si c’était le cas, elle se mettait le doigt dans l’œil jusqu’au bout de la baguette. Je la vis soudain fermer les yeux, plus dévastée que jamais comme si un océan en colère tempêtait dans son esprit jusqu’à ce qu’elle glisse au bas de son fauteuil et me murmure un glaçant « T’imagines même pas comme je me déteste. »

Un frisson parcourut mon corps et je me jetais à ses côtés pour la relever en douceur. Sans dire un mot et d’un geste que je voulais être le plus doux possible, malgré mes grosses mains d’homme gauches et peu habituées à relever des jeunes filles en détresse, je la remis sur son fauteuil, délicatement. Puis, je retournais à ma place, toujours silencieux et je posais mon regard le plus soucieux mais aussi le plus bienveillant sur elle.

« Theo, je ne suis pas sûr d’avoir bien saisi toute l’ampleur de ce que tu as voulu dire, mais je peux t’assurer que tu n’as rien d’anormal, et que tu n’as aucune raison de te détester à ce point. Si c’est de Dorea dont tu veux parler, concernant la personne dont tu veux le plus ressembler, je ne pense pas qu’elle puisse juger un jour de te trouver anormale non plus. » Bien qu’à ce moment, j’éprouvais pour l’aînée des Dearborn une amère aversion, je n’en considérais pas moins que cette dernière adorait sa petite sœur et la considérait comme son plus précieux trésor. Theo aurait pu être un monstre de Poudlard, Dorea lui aurait trouvé les meilleures excuses du monde et l’aurait défendue bec et ongle.
Voyant que mon amie ne parvenait à se reprendre, je m’approchais à nouveau d’elle et posais ma main sur la sienne, aussi froide que celle d’un mort.

« Qu’est-ce qui te fais penser que Dorea court un si grand danger ? Tu as vu quelque chose qui pourrait supposer que c’est le cas ? Tu sais, si je peux t’aider, je le ferai sans y réfléchir une seconde. Tu fais en quelque sorte partie de ma famille ici Theodora Dearborn, et tu peux avoir confiance en moi, si tu as besoin de parler, je suis là pour t’écouter et te soutenir surtout. Oui, je suis là pour te soutenir. Aussi anormale que tu penses être – et encore une fois il n’y a que toi qui le pense – je serai toujours là pour toi si tu en as besoin et si tu veux me faire confiance. »

Encore une fois je ne pouvais m’empêcher de penser à Potter, à croire qu’il m’avait tout de même bien marqué le gnome des cavernes, mais au vu du désespoir de Theo je doutais fortement que ce soit quelque chose d’aussi…puéril. Non, il me semblait bien qu’il se passait quelque chose de plus tragique, de plus profond chez les Dearborn, quelque chose que visiblement, seule la plus jeune connaissait. Comme si elle avait eu révélation, ou quelque chose dans ce genre-là. Un nouveau frisson parcouru mon échine à cette idée. Rien que l’idée éloignée de penser à des choses de ce genre me faisait froid dans le dos. Et pourtant, si je voulais y prêter plus d’attention, peut-être aurais-je commencé à comprendre ce qu’il se passait en elle…  


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MessageSujet: Re: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Lun 1 Déc - 1:09

Laisser tomber, purement et simplement, avait quelque chose de délicieux, de salvateur. Un peu comme ces moments où, le sommeil approchant, les nerfs se relâchent. On se sent tomber et une fois la première frayeur passée, il y a cette impression que c’est bon, on peut réellement lâcher prise. Bien sûr, elle était toujours terrifiée à l’idée d’être rejetée, de subir l’exclusion et l’humiliation. Mais il lui semblait qu’elle avait de quoi remonter à la surface. Que n’ayant plus rien à perdre, elle y gagnerait forcément quelque chose. Un peu de sérénité, les mots rassurants d’un Charly qu’elle voulait croire trop bienveillant pour la repousser d’office, sans autre forme de procès. Et puis elle savait que maintenant, elle ne pouvait plus revenir en arrière. Elle n’avait pas encore explicitement exposé son problème, son défaut, mais elle avait parlé de ses craintes, avoué être anormale. Alors il lui serait impossible de se parer d’un nouveau sourire pour encourager Charles à reprendre son devoir de métamorphose au lieu de s’attarder sur son état. Si elle se sentait pathétique, le fait d’être dos au mur lui donnait enfin le courage d’avancer. Elle était bien certaine que cela ne changerait rien avec les autres, avec Dorea ou Caradoc. Elle savait qu’elle ne voulait pas de ce don qui la forçait à ouvrir les yeux sur ce qu’elle ne voulait pas voir, mais en même temps, il lui faudrait bien l’assumer le temps de trouver une parade. Peut être qu’en l’avouant à son ami, elle finissait par s’avouer elle-même que ce n’était pas qu’un cauchemar, qu’elle était vraiment ce qu’elle dépeignait. Vraiment différente.

C’était ce tourbillon d’idées en tête qu’elle s’était laissé glisser au pied du fauteuil, paupières closes, se sentant plus faible qu’elle ne l’avait été depuis des mois. Et d’un coup, alors qu’elle perdait la notion de l’espace, elle sentit les bras de Charly se refermer sur elle, sa chaleur rassurante et ses gestes à la fois gentils et brusques par leur maladresse. Il la releva pour qu’elle reprenne place dans son fauteuil et Theodora se laissa faire, surprise et touchée. Il avait peut être cru qu’elle était tombée quand elle avait juste voulu se retrouver plus près du sol, plus petite. Elle n’en savait trop rien, mais ce simple geste lui conférait un peu plus de courage. Il ne pourrait pas être méchant avec elle juste pour ça. Il finirait peut être par l’ignorer, ne plus lui adresser la parole, l’éviter. Mais cette réaction si spontanée la persuadait qu’il ne lui ferait pas de mal. Pas sciemment en tout cas. Alors elle rouvrit les yeux, prête à voir ce qui l’attendait, décidée à faire face, sans cesser de sangloter pour autant. Elle ne s’était jamais sentie aussi ridicule et en même temps, il lui était impossible de stopper le flot de larmes.

« Theo, je ne suis pas sûr d’avoir bien saisi toute l’ampleur de ce que tu as voulu dire, mais je peux t’assurer que tu n’as rien d’anormal, et que tu n’as aucune raison de te détester à ce point. Si c’est de Dorea dont tu veux parler, concernant la personne dont tu veux le plus ressembler, je ne pense pas qu’elle puisse juger un jour de te trouver anormale non plus. »

Elle esquissa le début d’une réponse mais bafouilla et se résigna. Charly se pencha vers elle une nouvelle fois et sa main recouvrit celle de la petite Dearborn, ce qui l’encouragea à relever les yeux vers lui. Et le contact de cette paume si chaude sur sa peau lui fit réaliser pour la première fois depuis son réveil combien elle avait froid. La peur sans doute, et peut être aussi la nuit qui avançait pendant qu’ils discutaient. Toujours était-il qu’elle frissonna. A tous les coups, ses lèvres devaient avoir adopté une couleur violacée des plus assortie à son teint blafard. Elle devait être belle à regarder tiens !

« Qu’est-ce qui te fais penser que Dorea court un si grand danger ? Tu as vu quelque chose qui pourrait supposer que c’est le cas ? Tu sais, si je peux t’aider, je le ferai sans y réfléchir une seconde. Tu fais en quelque sorte partie de ma famille ici Theodora Dearborn, et tu peux avoir confiance en moi, si tu as besoin de parler, je suis là pour t’écouter et te soutenir surtout. Oui, je suis là pour te soutenir. Aussi anormale que tu penses être – et encore une fois il n’y a que toi qui le pense – je serai toujours là pour toi si tu en as besoin et si tu veux me faire confiance. »

Sa voix était bien trop douce, trop encourageante pour qu’elle lui résiste. Pour autant, elle ne pouvait pas s’empêcher de tourner autour du pot, comme lorsqu’elle était petite et que, échappant à la surveillance de ses parents et de ses aînés, elle trouvait le moyen de faire une bêtise t devait se justifier. Comment les bonbons avaient-ils tous disparus ? Pourquoi sa robe était-elle tâchée de jus de cerise si elle n’était pas montée à l’arbre toute seule pour en cueillir ? Elle tâcha de contrôler ses tremblements, au moins un peu, avant de lâcher d’une voix hésitante.

« Je sais que tu seras là. Je sais que tu voudras être là en tout cas, et que tu ne réfléchiras pas. Comme tu abandonnes ton devoir pour écouter mes jérémiades. Et j’en suis désolée et reconnaissante d’ailleurs. Mais tu sais, si tu ne voulais pas, au fond, tout au fond, je ne t’en voudrais pas. Tu n’es pas obligé de veiller sur moi Charly. »

Elle voulait au moins qu’il le sache, même s’il refuserait probablement d’admettre qu’il ne voulait pas avoir à faire à ça. Elle serra sa main entre les siennes et inspira longuement, rassemblant son courage. Elle ne pouvait pas non plus le tenir éveillé toute la nuit, alors elle lui devait d’abréger et de lui avouer finalement ce qu’elle cachait avec tant d’application depuis plus d’un an.

« Tu me demandais si j’avais vu quelque chose… et c’est exactement ça. Je l’ai vue. Encore et encore. En boucle, un nombre incalculable de fois. C’est toujours la même chose, toujours les mêmes images jusqu’à ce que je me réveille. Encore, et encore. Ça ne s’arrête plus, c’est à m’en faire imploser le crâne. J’ai l’impression que ce n’est qu’un cauchemar et pourtant, je sais que c’est vrai. Parce que ce n’est pas la première fois, parce que je suis comme ça. Et ça me dégoute, tu sais ? Mais je ne peux pas faire autrement. Et c’est tellement dur de la voir inanimée et d’être tellement impuissante ! »

Elle soupira et baissa la tête, un peu honteuse, un peu lâche. Elle n’osait pas lire son regard quand il allait comprendre exactement de quoi elle parlait.

« Et comment est-ce que je peux dire à ma sœur qu’elle va souffrir, que je l’ai vu, parce que j’ai ce satané don dont je ne veux pas ? Alors que je ne veux pas qu’elle le sache. Que je ne veux pas que qui que ce soit le sache ? Je suis effrayée, et ça me rend terriblement lâche et égoïste. Je ne parviens pas à lui dire qu’elle est en danger parce que j’ai peur qu’elle ne m’aime plus. Et je sais que c’est exécrable. Mais c’est au dessus de mes forces. Pardon. »
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MessageSujet: Re: Nos fantômes vivent en nous, et parfois, ils gagnent. (f. Theodora) Lun 1 Déc - 23:07

Charles & Theodora


Etait-ce de l’abandon ? Avait-elle baissé les bras ? Avait-elle décidé de me faire confiance et de tout m’avouer ? Je ne savais pas, et pourtant je voyais son regard changer, ses traits s’affermir à nouveau tout en relâchant la pression qui les contractaient quelques minutes auparavant. Pourtant ses yeux continuaient à déverser des flots de larmes ininterrompus. Theo me regarda ainsi alors que je continuais à lui parler, à essayer de lui faire comprendre qu’elle ne risquait rien avec moi. Car je le pensais vraiment. Comment quelque chose qui avait attrait avec elle pouvait m’être particulièrement désagréable ? Hormis Dorea bien  sûr…
La jeune femme me laissa parler pratiquement sans m’interrompre et je crois bien que j’avais l’air un peu ridicule ainsi, à lui parler un peu trop à cœur ouvert. Cela ne me ressemblait pas du tout et en d’autres circonstances, avec d’autres personnes autour de nous, j’aurais été bien trop gêné pour agir de la sorte. Mais il n’y avait que Theo et moi, plongés dans la pénombre grandissante de la salle commune. Je réalisais à cet instant qu’en effet, la cheminée ne diffusait plus qu’un faible halo de lumière, ce qui ne devait pas aider le corps glacé de ma jeune amie à se réchauffer. De ma main libre je repris ma baguette posée sur mes genoux et laissais un sort mineur pour ranimer un peu le peu de braises qu’il restait. Une nuit d’encre entrait par les fenêtres de la salle commune et je frissonnais malgré moi à l’idée de la fraîcheur qu’il devait faire dehors. Mon devoir de métamorphose était bien loin derrière et mon corps commençait à me faire cruellement sentir qu’il aurait préféré être bien au chaud sous la couette.

Theo sera ma main dans les siennes et repris la parole d’une voix hésitante. Comme pour m’avertir qu’il valait mieux que j’écoute d’abord ce qu’elle avait à dire avant de m’engager à vouloir la protéger coûte que coûte elle m’assura que si, au fond de moi, je ne voulais pas veiller sur elle, cette dernière ne m’en voudrait pas. Bien sûr que je rejetais cette hypothèse, quoi que ce soit qu’elle ait à me dire ce ne serait pas une raison suffisante de remettre en cause mon amitié pour elle. Mais je gardais le silence car je voyais dans ces yeux qu’elle était lancée et que je me devais de l’écouter silencieusement. Je devinais l’épreuve que c’était pour elle de me faire le récit de cette chose qui la rendait si sûre d’elle que sa sœur aînée courait un véritable danger. Mais je devinais aussi son soulagement et sa reconnaissance dans ces mêmes yeux troubles.
Après une courte pause l’aiglonne se remit à parler et au fur et à mesure de ses mots je sentis mon cœur se serrer et je crois que malgré mes efforts, ma main prisonnière des siennes se crispa légèrement.

Je crois qu’au début mon esprit refusa de comprendre. Comment cela elle « avait vu » et vraiment vu ce qui se passait dans son cauchemar ? Etait-ce un souvenir trop présent ? Et pourtant non, car Dorea était toujours en vie et, il me semble, pas traumatisée par un souvenir terrible. « Parce que c’est pas la première fois, parce que je suis comme ça » Ces mots me semblaient tout à fait énigmatiques et son discours aussi nébuleux que les boules de cristal.  Mon cerveau ne parvenait pas à déchiffrer ses paroles, ou plutôt, ne voulait pas déchiffrer ses paroles, et je restais à la regarder, sans bouger, essayant de comprendre ce qui la tourmentait tant que ça, qui la dégoûtait, qui l’empêcher d’agir pour sauver sa sœur et qui la définissait, selon elle.

Et pourtant, en parallèle, l’idée faisait son chemin. Depuis les plus profonds replis de mon âme je sentais venir le venin de l’impossible. Comme un frisson de l’âme je parvenais à distinguer en marge de mes pensées qu’une idée se formait, qu’une réponse naissait. Et celle-ci répondait à toutes mes questions, correspondait à tous les indices que me fournissaient Theo, mais je ne pouvais pas l’écouter. Pas encore. C’était trop…Impossible. Car pour moi, tout ce qui touchait à la divination relevait presque de la supercherie que l’on accepterait par habitude. Quand on essayait de me mettre sous les yeux les réalisations prophétiques des plus grands voyants de l’histoire, je refusais de penser à autre chose que de la chance, voire, à une falsification de l’histoire à leur avantage. Je me voilais complètement, et de manière consciente, la face, je le savais très bien, mais cela m’aidait à ne pas réfléchir sur le sujet et à me retrouver à considérer que tout ce que je fais faire dans ma vie est déjà là, quelque part, sous forme de vision brumeuse.

Lorsque Theo s’arrêta de parler je clignais trois fois des yeux et dégluti avec une certaine difficulté, mais à part ça, je gardais le même calme inquiet.

« Ce satané don dont je ne veux pas »


Malgré tous les artifices que mon cerveau mettait en place pour me dissimuler la vérité, je ne pouvais pas ignorer cette phrase. Ces derniers mots n’étaient que trop explicites pour que je puisse me tromper sur leur signification. Et pourtant c’était toujours aussi difficile à croire pour moi. Si n’importe qui était venu me dire qu’il avait un don de voyance, car c’est bien de cela que nous sommes en train de parler, je crois bien que je le lui aurais ri au nez pensant à une bonne blague. Mais là…Il s’agissait de Theo, et ce n’était visiblement pas une blague. Nous n’étions pas là depuis presque une heure – ou du moins j’avais l’impression que ça faisait plus d’une heure que j’avais abandonné mon devoir de métamorphose – pour se raconter des blagues. L’état de profond désespoir de Theo, ses larmes, son regard tourné vers le sol pour ne pas lire l’expression de mon visage, ses joues sillonnées par le sel…Tout m’indiquait qu’elle était bien loin de chercher à se moquer de moi ou à trouver une explication montée de toute pièce. J’étais totalement décontenancé. Je ne pensais même pas que ce fût possible d’avoir un tel don à nos âges. A dire vrai je ne pensais pas qu’il fût possible de jamais rencontrer quelqu’un avec un tel don. Et, par Merlin je ne savais plus comment penser tout ça.
D’un geste confus je passais ma main libre dans mes cheveux et posais un regard profond sur mon amie.

« Theo…Si j’ai bien compris ce que tu essaies de me dire…Tu es en train  de me dire que tu vois ce qui risque d’arriver à Dorea à un moment dans sa vie ? C’est bien ça ? Je…Enfin, ça me paraît tellement fou que je ne sais pas trop comment réagir. Enfin pas fou, non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Je ne veux pas dire que tu es folle, pas du tout, c’est juste tellement….Surprenant que j’ai un peu du mal à assimiler tout ça tu comprends ? »


J’avais véritablement perdu toute contenance et je cherchais à me sortir de cet embarras le moins catastrophiquement possible. Et ce n’était pas une jolie réussite pour le moment. Je dégluti à nouveau avec une certaine difficulté et décidais de lui parler le plus franchement possible, car j’étais bien incapable de faire autrement.

« Tu sais Theo, je ne vais pas te cacher que pour moi cette…..Ce don que tu as…est quelque chose d’assez inimaginable et que jusqu’à présent je ne pensais même pas réel. » Je baissais légèrement la tête gêné avant de reprendre. « Mais je ne doute pas de ta sincérité et je veux bien te croire, car tout ce que j’ai vu ce soir m’interdise de penser que tu puisses imaginer tout ça. Après tout, il existe bien un endroit au Ministère où sont rangées toutes les prophéties, et il faut bien des personnes pour les énoncées ces prophéties alors bon. Je me perds je suis désolé, mais vraiment je ne pense pas que cela te rendes aussi anormale que tu le dis. En revanche, je veux bien te croire lorsque tu dis que c’est un don infernal. Je n’arrive même pas à imaginer ce que ce doit-être pour toi. Rien que d’y penser ça me glace le sang. Mais il faut dire que j’ai une particulière phobie de tout ce qui est prédictions et prophétie…Non pas que je puisse développer une phobie contre toi, loin de là. Mais je n’ose même pas imaginer le calvaire que ce doit-être pour toi… »

Je marquais une pause dans mon monologue presque sans queue ni tête et passais une nouvelle fois ma main dans mes cheveux. J’étais perdu et je pense bien qu’il me faudrait plusieurs jours et plusieurs nuits de réflexion pour parfaitement parvenir à cerner toute cette idée et à l’intégrer complètement. Je relevais soudain la tête et la question sortie de mes lèvres avant même que j’eu le temps de la penser

« Theo, il y a d’autre personnes qui sont au courant j’espère ? »  


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