Ouvre ton livre, ferme ton coeur[Demitri]
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MessageSujet: Ouvre ton livre, ferme ton coeur[Demitri] Sam 24 Jan - 16:38

Ouvre ton livre, ferme ton coeur
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" Le mot Hellébore provient du grec 'elein' (blesser) et 'bora' (nourriture), indiquant par là que l'hellébore est une plante vénéneuse. Dans certaines croyances, on pense qu'elle est un purgatif. Elle a divers usages, parfois mauvais, mais généralement pour des choses comme protéger le bétail des mauvais sorts, et, sous forme de poudre, pour l'invisibilité. On dénombre cinq espèces différentes, les plus couramment utilisées sont hellébore noir ainsi que l'hellébore blanc […] en dépit de ses propriétés vénéneuses le philtre de la paix requiert l'usage de la poudre blanche d'hellébore, qui rappelons-le doit être soigneusement coupé avant d'être réduite en cendre. Son usage […] dans la potion d'invisibilité est essentiel, et bien que considéré comme nocive si elle est ingéré par voix oral, une ancienne légende relate que l'herboriste Sullivon Bontempoin aurait disparu de la surface de la terre après avoir ingéré une plante d'Hellébore verte. Cette croyance fait subsister la superstition que la poudre priser pourrait rendre invisible durant une durée limité. Nos sources ne sont pas très fiables sur ce point, et conseillons à nos chers lecteurs de ne pas tenter l’expérience sans l'avis d'un médicomage qualifié. "

Elle ferme les yeux, se masse le crâne. Il semblerait que ce livre ne fournit pas plus d'information que tous les autres, désespérant. La réserve n'est pas un lieu qu'elle apprécie, elle a presque un effet biologique sur la jeune femme, lui provoquant une inexplicable migraine à chaque fois qu'elle en passe l'entrée. Alors elle ne s'y rendra pas, bien qu'elle aurait surement gagné quelques détails supplémentaires et beaucoup de temps. Néanmoins, elle note le nom du livre sur son parchemin accompagné de la mention "Assommant. A développer. "  Puis quitte la table pour s'enfoncer un peu plus dans les ténèbres, effleurant de sa main délicate les livres qui ne l’intéresse pas.

Un bruit attire son attention. Des pas qui s'approchent, ou peut être s'éloignent. La distinction ne peut être faîte d'ici, la pièce est beaucoup trop sombre pour distingué les ombres, et précautionneusement elle range l'un des livres qu'elle feuilletait sur l'étagère. Il ne peut s'agir d'un surveillant, ils sont généralement plus bruyants dans leurs approches. Alors qui ? Un élève qui profite de la nuit pour venir se documenter sur un quelconque sortilège interdit? Valentina avance un peu dans l'allée, se cache derrière le bois massif, observe la table où se trouve le bouquin sur les plantes qu'elle feuilletait plus tôt. Elle remarque un changement, le livre est fermé alors qu'elle avait tout laissé en état pour être sûre de ne pas perdre le fil de son argumentation quant elle irait chercher des compléments d'informations sur L'hellébore. Page 236. Facilement retrouvable. Ce serait plus sage de revenir le lendemain mais quelque chose l’empêche de partir, un petit détail anodin qui trône juste à côté de " Le secret des plantes anciennes et nouvelles ", un parchemin portant les initiales V.O.D, les siens. Il ne sert plus à rien de caché son identité, Valentina prends le risque de bluffer l'inconnu -qui ne dévoile toujours pas sa présence- et prends les devants en signifiant qui elle est. « - Je ne sais pas quelle est la  raison qui a pu t'amener à te trouver ici à cette heure mais il est interdit aux élèves de se promener dans les salles communes après le couvre feu. » Tout en disant ses mots elle réfléchie à une excuse bien ficelé qui pourrait expliquer sa présence. En imitant le rôle d'un préfet plusieurs possibilités s'offre à elle et devrait implicitement assurer qu'elle est du côté des enseignants et que donc son escapade est protégé par le corps enseignant. Si elle tombe sur un sot elle pourrait même lui faire avaler qu'elle est préfète. Combien ne connaissent pas l'identité des préfets des autres maisons ? Mais cette chère documentaliste serait un bien meilleur avocat pour la défendre, Valentina est une habitué de la bibliothèque, ce ne serait pas idiot d'affirmer qu'elle travaille avec elle ? Et que celle-ci sera bientôt de retour? Ton meilleur allié peut être le temps Valentina...

« - La bibliothécaire ne devrait plus tarder. » Invitation destiné à l'intru pour le faire quitter les lieux. L'acte qui semble charitable se révèle une autre machination de Valentina pour retrouver sa solitude tant aimé, la bibliothécaire ne viendra pas ce soir, elle dors profondément d'un sommeil sans rêve. Assommée par un somnifère de première qualité, petit merveille que la Serdaigle a dérobé à l'infirmerie lors de sa dernière grippe. C'est fou ce qu'on peut apprendre des autres quant il ne connaissent pas votre présence. Sous les épaisses couvertures en laine, les yeux clos, elle entends les visites et les mots échangés par le personnel alors qu'ils pensent être seuls. Qui aurait cru que la bibliothécaire prenait des plantes anti-rêve ? Qui se douterait que ces plantes pas très légales à cause de leur toxicité sont offertes généreusement par l'infirmière de l'école ? Elle garde cet élément à l'esprit, il pourrait lui servir un jour. Soit si l'infirmière se révèle trop causante ou inapte à exercer correctement sa profession. C’était presque un devoir que de mélanger quelques pincées de la poudre magique dans le bocal contenant le liquide violet, une bonne action qui lui permet de profiter de tous ces livres au cas où l'insomnie la rattrape. Comme ce soir. Alors non ! Pas question que ce subterfuge soit gâché par une présence non désiré.
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Dernière édition par Valentina O. Dolohov le Sam 14 Mar - 15:42, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Ouvre ton livre, ferme ton coeur[Demitri] Mer 28 Jan - 10:35

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La lumière vacillante des chandelles éclaire le visage de l’intrus. Valentina reste un instant stupéfaite devant cette apparition si soudaine. En face d'elle se trouve Demitri. Elle ne peux détacher son regard de sa silhouette, ne comprenant pas comment les choses pouvaient tourner de cette façon. Était-ce une plaisanterie de Merlin ? Quel puissance l'observait à cet instant ? Guettant sa réaction, se jouant de ses ruses. Elle, qui passe ses journées à fuir son propre sang, se retrouve en pleine nuit à devoir affronter ce qu'elle redoute tant. Il la contourne pour finir par s’asseoir où elle se trouvait quelques minutes plus tôt, Valentina plonge son regard dans le sien. Les sens éveillées par une émotion indescriptible, qui compresse sa poitrine et affûte  sa volonté. Elle doit fuir, quitter cette pièce au plus vite, s'éloigner de lui. Valentina ne veux pas lui parler, avoir à penser a lui et se remémorer le passé. Elle veut vivre à Poudlard sans avoir a faire ces perpétuels allers et retours entre l'époque où les bras de Demitri l'extirpait de la solitude étouffante et celle-çi,  s'enfonçant dans cette solitude pour fuir un fantôme qui l'emprisonne par son affection et son omniprésence. Trop tard, la voix de Dimitri retentit déjà. Elle baisse la tête, honteuse de devoir faire face à son comportement, à s'expliquer. D'avance elle sait que ces détours seront mentionnés, que son futile appétit de liberté sera parodié, incompris. Égoïste que tu es, tu ne peux permettre à l'autre de prendre son envol si cela suggère que le courant qu'il suivra t'éloignera de lui. « Être aussi roublarde aurait dû t’ouvrir les portes de Serpentard, petite sœur » L'hésitation est perceptible dans son silence, la tête toujours basse, elle relève enfin les yeux, prête à l'affronter. Pourtant son regard brûlant lui coupe la respiration, Demitri, combien de temps s'est t-il écoulé depuis la dernière fois où Valentina a eu a faire face au serpent qui habite ton cœur ? Elle se ressaisie, brûlé par cette comparaison qui en suggère bien plus. Elle devine l'association qui s'opère dans son esprit, elle n'a pas besoin de lui. Elle n'est pas comme lui. Valentina n'est pas de ceux qui abandonnent lâchement les êtres aimés. « Je constate que l’élève a dépassé le maître » Elle sourit froidement, restant stoïque, ne permettant pas à son corps de trahir la moindre amertume intérieur. « - Je ne suis pas comme toi.  »  souffle t-elle, avant d'avancer jusqu'à la table et de prendre place à ses côtés. Un visage fatigué, perturbé par des démons dont elle n'imagine pas l'existence se révèle à elle dans son intégralité. Une pointe d’inquiétude traverse son esprit, elle tente de la refréner avant qu'elle ne fasse le chemin jusqu'à ses lèvres, révélant son intérêt pour la santé de son frère. Son affection pour lui malgré tout.  « - Qu'est-ce que tu veux, Demitri ? »

Elle examine ses traits, consciente qu'elle le laisse gagner dans le simple fait du lui adresser la parole. D'habitude elle se contente de l'ignorer, de passer sa route. Aussi froide que sa mère, portrait craché des tableaux des femmes qui sont accrochés sur les murs du manoir. Un voile transparent qui recouvre des visages à l'expression lugubre, pièces de l’échiquier familial. Sacrifiées pour le nom Dolohov, pour la cause Dolohov. Est-il si incompréhensible de ne pas vouloir finir comme elles ? L'opposition entre l'homme et la femme prends tout son sens dans les liens du mariage. Alors que Demitri brillera au bras d'une épouse soumise, faisant perpétuer la lignée des Magyars. Valentina se devra d'être l'épouse d'un autre, insensible et muette, capable d'enfanter pour la réputation de son ancien nom et le nouveau. Alors malgré tout, elle lui en veut. Car elle sait que Demitri oubliera un jour, que ses moments passés ensemble -d'une inestimable importance pour elle- ne compteront pas autant pour lui que pour elle. Comme tous les autres, il se lassera de cette petite sœur faiblarde. Poids du passé qu'il ne peut se permettre de tirer derrière lui quand son ambition l'appel à se faire plus léger pour assouvir ses désirs de réussite et de renommé. Le moment n'est pas encore venu, certes. Mais avant tout le monde, elle a calculé les possibilités qui s'offraient à eux. Cette année d'abandon avait suffit, sans qu'elle puisse alors mettre les mots dessus, à déclencher l’assèchement de son âme. Les tourments que Demitri lui a fait subir, finirent d'achever cette peinture de l'avenir. Alors elle se met à ranger de façon précipiter ses affaires, les fourrant dans le sac sur la table. Partir, ne plus supporter ces beaux yeux, qui voit à travers toi ce qui t'échappes encore. Devine ce que tu ressens. Tu mens Valentina, vous êtes bien plus semblables que tu ne l'admets. Les deux faces d'une même pièce.

« - Et puis, qu'est-ce que tu fais là ? Tes insomnies t'ont conduites ici par hasard ? Ne me fais pas croire que c'est juste une coïncidence. Tu n'as jamais aimé les bibliothèques. » Sourde colère, retenue par ses bronches. Aurait-il osé la suivre ? Profiter qu'elle soit seule pour la voir ? Enquérir de sa santé. Elle s'adoucit toute seule, après tout il veut prendre soin d'elle, la protéger. Qu'y a t-il de mal à cela ? N'est-ce pas le rôle d'un grand frère ? Valentina réfute cette hypothèse, il n'aurait jamais osé l'espionner. Douce Valentina, encore bien naïve... sous estimant la force de son appartenance aux serpents. Un cerveau qui ne cesse jamais sa course effrénée, maintenant Valentina se laisse séduire par la pensée qu'il puisse avoir rendez-vous avec quelqu'un. Ce serait elle l'invitée malencontreuse de cette histoire, le témoin gênant. Elle se sourit à elle même, le sarcasme perçant dans sa voix. La désillusion aussi.  «- Comme si la nuit les choses pouvaient changer... »  
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MessageSujet: Re: Ouvre ton livre, ferme ton coeur[Demitri] Mer 18 Fév - 0:12




les plus jolies choses de ce monde ne sont que des ombres.

Je ne suis pas comme toi. Sa voix est neutre, dénuée de colère. Paroles anodines et pourtant, elles se fracassent sans vergogne contre toi, balle argentée perforant ta poitrine pour te faire saigner de plus belle. Nouveau rejet, tu t’y attendais. Il a au moins le mérite d’alimenter ta Colère contre Valentina. Tu pourrais la briser entre tes doigts. Comme ça, sans préliminaire. Sans plus de cérémonie. Pour le plaisir de la voir ramper, ravaler cette fierté mal placée qu’elle te crache au visage dès que tu lui tends la main. Te venger de cette douleur vers laquelle elle te pousse en l’écorchant vive ; libérer Son essence, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’Elle, elle qui rêve justement de liberté. Volonté de purger cette colère sourde qui gronde en toi comme le tonnerre. Tu te retiens pourtant, restes stoïque, impassible au magma informe de sentiments contradictoires qui bouillonne en toi, te déchirant de part en part avec un sadisme démesuré. Valentina est ton Enfer perpétuel. Tu t’es enchainé malgré toi à un char dont la conductrice tire de sombres chevaux. Pourtant, au fond de tes tripes, tu sais que ton châtiment est mérité. Cette douleur, c’est ton impuissance face à la Maladie. Celle qui t’a poussé à fuir le Manoir et ta petite sœur pendant une année. Cette douleur, c’est aussi la honte de ne pas avoir été plus fort, toi qui te croyais invincible. Héritier inébranlable aujourd’hui abattu à terre. « Nous sommes fait de la même glaise, petite sœur. Un mélange épars du loups des grandes steppes et de la rudesse des châteaux Magyars ». Tes yeux de fauves la regardent prendre place à tes côtés, proximité troublante, réminiscence d’un passé oublié ou le contact n’était pas proscrit.  Tu te tournes lentement vers elle, t’approches, allant poser ton menton anguleux au creux de son épaule, goutant au délice de l’odeur de Sa peau. Le parfum pestilentiel des plantes ne cache plus sa douce fragrance depuis de nombreuses années. Tes mots ne sont que des murmures, dont chaque syllabe semble découpée pour qu’Elle en comprenne le message. « Nous partageons le même sang, Valentina. Mens-toi si cela te rend heureuse, mais moi, je sais qui tu es. Tu es une Dolohov, avec tout ce que cela implique ». Tu pourrais presque la sentir frémir sous ton contact. Volonté de la blesser, comme elle s’évertue à le faire avec toi. Lui rappeler son appartenance à votre famille te semble la meilleure des punissions. Anéantir ses espoirs d’échappatoires ; Lui rappeler qu’elle ne goutera jamais à cette liberté tant chérie ; que comme toi, la noirceur aura toujours une emprise sur sa vie, comme les empreintes ne vous quittent jamais dans la neige. Elle souffre autant que toi, tu le sais. Une douleur différente de la tienne, et pourtant si semblable. Valentina partage ta suite grand luxe au purgatoire. Le même qui lui a arraché les ailes étant enfant, ange écrasé à terre au lieu de descendre du ciel.

Tu reprends ta place sur ta chaise, abandonnant le contact ardent de sa peau contre la tienne. Ton regard froid et placide retourne à la contemplation des livres, jusqu’à ce que ta sœur ne vienne briser le silence qu’elle laisse d’habitude régner entre vous. « - Qu'est-ce que tu veux, Demitri ? » Question piège auquel tu n’as pas envie de répondre. Comment justifier ta présence en ces lieux ? Lui révéler tes angoisses nocturnes la ferait fuir davantage, alors que Son ignorance creuse déjà en toi un faussé immense qui te semble impossible à combler. Tu as besoin d’Elle, peut être même plus que Valentina de toi. Elle te manque, même si vos seuls échanges ressemblent à une lutte sans merci. Personne ne peut imaginer ce qui vous a uni autrefois, et ce qui continu de te ronger de l’intérieur au quotidien. D’ailleurs, tu n’as besoin de personne, sauf d’Elle et qu’elle t’échappe t’es impossible à admettre. Besoin de cette relation cruelle devenue ton ordinaire, ta norme. Une sorte d’équilibre qui tangue selon les humeurs de ta Chair. Les rôles semblent s’inverser parfois et tu te rends compte à quel point l’enfant malade que tu as laissé au fond d’un lit le jour de ton départ semble loin derrière. Valentina est semblable ; et pourtant si différente. « Toi ». Lâches-tu au bout d’un moment, sans lui jeter un regard, perdu dans l’abime de tes angoisses. Le bruit du plissement des feuilles attire soudain ton attention alors que tu las vois ranger précipitamment ses affaires, comme brulée par tes paroles incendiaires. Encore un rejet. Celui de trop, mais Elle l’apprendra à ses dépends.

« - Et puis, qu'est-ce que tu fais là ? Tes insomnies t'ont conduit ici par hasard ? Ne me fais pas croire que c'est juste une coïncidence. Tu n'as jamais aimé les bibliothèques. » Sa colère soudaine te tire un sourire, car Valentina ne te fait pas souvent cet honneur. Tu te lèves à ton tour, imposant l’autorité naturelle de ta carrure  pour l’empêcher de partir. La détester serait tellement plus facile, tu en as conscience. La haine abolirait la peur qui ne te colle à la peau ; qui te broie les tripes depuis ton plus jeune âge. Pourtant, laisser s’emparer la haine et l’indifférence de chacun de tes atomes serait une injure à la ‘chose’ qui vous uni et dont tu ne te sens absolument pas maître. Elle te pousse lentement dans tes retranchements sans même en avoir conscience. Mais la provocation à ses limites, ton géniteur te l’a toujours appris. Tes assassines se saisissent d’Elle, pressant sa gorge lentement vers l’arrière, coinçant par la même son corps frêle entre toi et le bois massif de la table de travail. Tu sens le liquide vital battre férocement dans la veine au creux de ton cou, alimenté par la colère de n’être que Son jouet, alors que tout résidu de culpabilité s’évanouit à l’instant même de ton cerveau. Tu n’as jamais porté la main sur Valentina. Pas une fois. Comment pourrais-tu abîmer la Douceur de son visage aux traits éthérés ? Pourtant, tes assassines enserrent en ce moment même sa gorge délicate, alors que tu te noies dans ta propre colère. « T’as raison. Je les aurais certainement aimées si le précepteur ne me tapait pas sur les doigts chaque fois que je butais sur un mot ». Sarcasme à peine voilé. Ta voix est calme, et c’est presque le plus effrayant. A ces mots tu jettes un vif coup d’œil sur tes doigts abimés, comme le reste de ton corps, en réalité. Stigmates de ton appartenance aux Dolohov. « Qu’est ce que tu insinues au juste, Valentina ? Que je suis voyeur au point de t’espionner à ton insu ? Que c’est comme ça que je prends mon pied, en pourrissant ta vie ? » A cet instant précis, une idée fugace te traverse l’esprit. Si fine, qu’elle semble un cheveu céleste dans le magma informe de tes pensées confuses. Tu songes soudain à ton oncle. Figure froide et aussi autoritaire que celle de ton géniteur, te demandant ce qu’il avait ressentit avant d’éteindre de droit la vie de son ancienne épouse. Était-ce le vide ? Immense, si profond qu’il se noie aux abysses ? La colère sourde, qui s’épanouit en toi comme un poison mortel ? Tu veux que Valentina te réponde, qu’elle te dise enfin ce qu’elle à logé au creux du palpitant. Tu tires ses boucles brunes en arrière, afin de percer ses prunelles claires. « Réponds. Arrête de fuir sans cesse. Ce n’est pas comme ça qu’on t’a élevé ». Si dur. Si autoritaire. Tu ne te reconnais plus, vois presque même ton géniteur parler à ta place. Tellement pas, que l’angoisse ressurgit au pire moment. Tu lâches ta propre Chair, t’en écartant vivement par crainte de l’abimer plus encore. La fatigue se lit sans difficulté à ton visage, visage auquel tu apportes tes mains tremblantes, essayant de calmer ce que Valentina a déclenché en toi. La chaise bute contre tes genoux et tu ne peux t’empêcher de t’y assoir, cherchant à comprendre ce que tu viens de faire. Comment as-tu osé ? Pour la première fois, ton regard de fauve ne recherche par le Sien, de peur d’y trouver le dégoût, ou l’infâme mépris.  

« En vérité, je n’aime les bibliothèques que parce que tu t’y rends ».


© charney


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MessageSujet: Re: Ouvre ton livre, ferme ton coeur[Demitri] Ven 6 Mar - 14:00

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La haine est un poison qui s'insémine lentement dans son corps, elle l'a conduite à devenir ce qui l'effraie le plus, une pâle copie du monstre qui lui fait face. La difformité de Demitri se trouve à l'intérieur de son cœur, si bien que parfois elle se demande si il existe encore un espoir pour lui. Si son esprit n'a pas finalement été corrompu pour l'éternité par ses hideuses pensées. «  Nous sommes fait de la même glaise, petite sœur. Un mélange épars du loups des grandes steppes et de la rudesse des châteaux Magyars ». Les yeux de cet ange déchu du paradis brillent d'une démence sans nom, nier l'existence de la chose insoumise qui plane entre vous n'est plus la solution. La résistance de Valentina connaît ses limites, les fissures du mur qu'elle s'est imposé devant les yeux commencent à apparaître dans un indomptable fracas. Il approche d'elle, tel un loup qui s'apprête à dévorer sa proie. Ce geste d'affection, la renvoie au temps félicité où ils n'étaient pas en conflit, ou son frère était son salut. Le léger tissu blanc, empêche aux deux peau désormais étrangères de se rencontrer, de renouer. Malgré elle, Valentina frémit. Cette proximité l'a dérange sans qu'elle ne sache l'expliquer, elle réveille la membrane à l'origine de votre séparation, stimule l’inquiétude de voir les choses lui échappées encore.    « - La glaise n'est pas un matériau noble, mon frère. On ne l'utilise que pour mouler les êtres, les façonner à des images et à des idées. » Et son esprit sera bientôt libre, débarrassé du poids de la culpabilité. L'heure est peut être venue de confronter Demitri ? Valentina, enfant terrible, depuis trop longtemps tu évolues dans cette plaisante catharsis. Prévoyante Serdaigle qui éloigne les complications hasardeuses de sa sphère intime, rejetant avec ardeur l'unique être capable de faire réapparaître l'harmonie de son corps et de son âme.  « C'est ce que tu attends de moi, n'est-ce pas ? Être une vulgaire statut de terre. Échangeable, imperméable, sans droits ? » Le triomphe de sa colère est béni par son omniscient. Il ne faut pas qu'elle se laisse attendrir par le diable déguisé, c'est son moment, celui où elle montre l’étendue de sa puissance, de sa rage. Elle ferme les yeux, faisant appel à sa volonté, à ses ancêtres  magyars.  « Nous partageons le même sang, Valentina. Mens-toi si cela te rend heureuse, mais moi, je sais qui tu es. Tu es une Dolohov, avec tout ce que cela implique ». « - Le sang ? Un simple liquide vermeil. Je peux bien m'ouvrir les veines dans l'instant, et plus rien ne nous relierait. » La blessure est profonde, les mots de Demitri résonne dans sa tête, créant un chaos assourdissant. Se boucher les oreilles ne suffirait pas à faire disparaître l'épaisse couche de ressentiment. C'est inné chez lui, il possède le don de voir à travers elle mais alors qu'hier il se servait de cette acuité pour faire son bonheur, aujourd'hui c'est pour la blesser mortellement. « Le mensonge est de croire que je serais éternellement une Dolohov. Je vieillie, bientôt je serais en âge de porter un autre nom. Que feras-tu alors, grand frère ? » Avant les autres elle était déjà vieille, partageant une étroite proximité avec la faucheuse, chérissant avec soin la cadeau que celle-ci lui avait fait. Un regard différent. Son obsession est le fruit de l'ennui, cette longue année d'attente où elle se confronta à la maladie et à ses désobligeantes preuves de sympathie. Demitri n'était pas là pour voir ce qu'il avait engendrer, son imagination n'était pas assez fertile pour percer l'étendu de sa souffrance. Sûrement s'en était-il voulu, sur ce point elle le croyait. Mais il l'avait livrer au dernier sommeil, celui duquel elle ne s'échappa qu'inextremis. Les spectres étaient toujours là, dans sa mémoire nécrosé, bien plus vivaces que tous les enchantements. « Que feras-tu le jour où je ne serais plus une Dolohov ? Ou ils me forceront à épouser un parvenu ? A échanger mon blason ? » Oui, Demitri, que feras-tu ? Un jour il prendra la place du patriarche, héritera de votre nom et de votre fortune, à ton détriment. Il est le mâle, la garant de la mémoire collective des hommes de votre famille. Le fond de sa colère, c'est cette injustice, comme-ci l'humain ne pouvait se révolter autrement que par la dépossession. Déjà il s'éloigne, se rasseyant sur sa chaise. Aurait-tu effleurer la chose qui palpite dans sa  tête ? Valentina veut qu'il est peur, qu'il soit en proie à une sépulcral inquiétude. « Tu ne seras plus là, bien sur. Tu sais fuir quand les choses tournent mal. » Les mots claquent sur sa langue, se noyant dans un calme euphorique. Ses yeux percutent ceux de Demitri. Sept années auparavant il avait fuit. Et il n'est pas d'usage que les gens changent, l'évolution est un écran de fumée, dont les optimistes font perdurer la légende. Mais toi, Valentina, tu a passée l'âge d'écouter les contes.  Il t'a abandonné, t'abandonneras encore. Préférant ses jouets à la désolation de ta présence.

Le silence salvateur lui permet de laisser vaquer son regard dure sur les contours des ombres des meubles de chêne, l'amour fraternelle est une affaire bien délicate, comment sortir indemne de cette passion ? Subsister est facile pour toi Valentina, elle ignore l’inapparent, traite avec légèreté les irascibles vérités qui se dissimule à sa vue. La simplicité du mobilier de la bibliothèque n'est à cet instant pas observable, cependant elle en devine l'imposante stature. Est-ce la métaphore de votre attachement ? Une entité double, qui s'expose de manière imprévisible, dont tu n'as cerné que l'apparence ? Là, se trouve la réponse à ses questionnements internes, une syllabe bien plus révélatrice que tout le reste de votre échange. Il te veut pour lui seul. Son sang, sa chair. Tu es lui, il est toi. Valentina n'ose jeter un regard dans sa direction, effrayée par l'épaisse cage qu'il met en place autour du délicat oiseau. La révélation est niée, la fuite dont elle l'accuse perpétuellement, elle finit par y céder. Elle s'élance, le sac maladroitement attaché à son épaule. Elle voit  la colère de Demitri tendre ses phalanges, son sourire tant aimé est le signal de départ, l'esquisse de trop. Il surgit devant elle, imperturbable maître, féroce par ses mots mais aussi bientôt par ses gestes. Il agrippe le coup de Valentina, l'obligeant à reculer, si bien qu'elle finit par butter contre l'épaisse table de travail. Emprisonnée entre le corps de son frère et l'inerte bois, la pression sur son coup est de plus en plus forte, elle est réduite au silence.  « T’as raison. Je les aurais certainement aimées si le précepteur ne me tapait pas sur les doigts chaque fois que je butais sur un mot ». Le sarcasme lui aurait décroché un sourire si les circonstances étaient différentes, si Demitri ne la menaçait pas. Son humour dérangeant est un des charmes du Serpentard, dire les choses les plus désagréables avec un sourire, n'est-ce pas d'un captivant éclat ? Elle sourit tristement, fixant ses doigts abîmés, se remembrant les scènes de torture du garçonnet.  « - Notre géniteur a toujours eu une vision bien particulière de l'éducation. » souffle t-elle dans un murmure. L'oxygène ne fait pas son périple habituel, l'air finit par lui manquer. Elle devine les rougeurs qui apparaîtront le lendemain, les stigmates de leur rencontre. « Qu’est ce que tu insinues au juste, Valentina ? Que je suis voyeur au point de t’espionner à ton insu ? Que c’est comme ça que je prends mon pied, en pourrissant ta vie ? » Elle le supplie presque de mettre un terme à son châtiment, sentant les longs doigts se glissées dans sa chevelure, s'agripper avec force aux mèches ébènes.  « Arrête Demitri ! » Elle articule chaque syllabes de sa terrestre appellation, gravant sur chacune des lettres, la gravité de la situation. L'impact de cette soirée sur leurs vies. Mère nature ne l'avait pas créer ainsi, Valentina en était persuadée. Est-ce donc les ténèbres qui avait fait de l'homme un bourreau ? Avait-elle une part de responsabilité dans la création de ce monstre à visage humain ? Un souffle de froideur imprègne son corps, hérissant les quelques poils parsemés sur ses bras, la peur à un goût dérangeant, la vérité encore plus.  « Réponds. Arrête de fuir sans cesse. Ce n’est pas comme ça qu’on t’a élevé ». dit-il froidement, sans une once de compassion.

La question te heurte de plein fouet, Valentina. Qui est cet homme qui s'exprime par sa bouche? C'est la voix d'un autre, les mots d'un titan oublié, le véritable architecte de votre aphérèse. L'imposante stature de votre père, sa salvatrice ignorance à l'égard de sa deuxième enfant, enlace le corps son fils. Elle peut presque palper l'étau vicieux , dessiner l'effondrement des anciens principes de son frère. Stupide femme au sensible tempérament, au lieu de t'éloigner il te pousse dans ses bras damnable. La vue de ses mains tremblantes, est la plus difficile de toutes les scènes auxquelles elle a due assister, sa mine détruite sombre dans une pénitence inconnue, c'est un calvaire de voir le fléau qui le ravage. La rage réapparaît alors, une justicière qui réclame vengeance. Excitée par cette preuve de faiblesse. « Fuir, n'est-ce pas ta spécialité ? Ne me donne pas des leçons que tu es incapable de respecter. C'est insultant. Et tu sais ce qu'il l'est encore plus ? » Elle enserre son coup, caressant l'endroit rougie. Cherchant dans la douleur un leitmotiv. « Toi. Ton comportement, tes agissements. Je te hais Demitri, je te hais si fort que j'en viens à changer. J’exècre ce que tu fais de moi, de ma vie. Je ne suis rien sans toi, et pourtant je ne désire qu'une chose, m’éloigner. Comme-ci je devais perpétuellement être assujetti à vos dogmes, à toi, à eux. » Elle rit, folle et désespérée. « Tu ne mesure pas la rage qui m'anime. Ta douce Valentina n'en peux plus. Et sais-tu pourquoi ? Parce qu'elle meurt. D'une agonie lente, faute aux parasites. Faute à l’amertume. Faute à l'amour. » Le mot a surgit malgré elle, stoppant son monologue, trahissant ce qu'elle voulait taire. Amour. Elle tombe au pied de Demitri, les lèvres tremblantes. « Alors frappe moi ! Puisque tu veux prendre ce chemin, vas-y, impose ton autorité sur ta sœur désobéissante. C'est comme cela que nous avons été éduqués, après tout, c'est exactement ce que ferait notre père. » Elle plonge ses yeux dans les siens, à la recherche d'une quelconque trace de bonté, d'allégresse. Elle approche son visage du sien, franchissant son espace. « - Qu'est-ce qui s'est passé, Demitri? Que nous aient t-ils arrivés ? » Son nom s'étouffe dans un murmure, alors que ses doigts viennent délicatement effleurer la joue du jeune homme. Caresse rassurante d'un esprit fatigué qui n'exige que des réponses. « Tes caresses autrefois m'apaisaient, aujourd'hui elles m'effraient... »  
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Dernière édition par Valentina O. Dolohov le Lun 23 Mar - 12:17, édité 2 fois
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Clan: Neutre
Sang: Pur



MessageSujet: Re: Ouvre ton livre, ferme ton coeur[Demitri] Lun 23 Mar - 0:30




les plus jolies choses de ce monde ne sont que des ombres.

Votre nature est électrique. Deux êtres intouchables auxquels la vie n’a fait de cadeaux que pour les reprendre par la suite. Tous deux trainés dans les limbes boueuses, gouvernés par une impérieuse et ingrate envie de rédemption. Pourtant l’heure n’est pas encore venue. En attendant le premier des anges déchus, qui ne t’apparait pas dans sa forme originelle, mais préfère celle qui te hante, la vision douce et cruelle de ta propre Chair te crachant à la figure tes propres offenses. Leurres dont Elle se croit la victime sans se douter une seconde qu’elle s’enferme seule dans le rejet, alors que tu tentes simplement de la protéger. « C'est ce que tu attends de moi, n'est-ce pas ? Être une vulgaire statue de terre. Échangeable, imperméable, sans droits ? » Tu la regardes, incapable de lui expliquer à quel point elle se fourvoie. A quel point elle ignore que tu exècres Sa position de femme, aurais presque préféré échanger vos rôles. Naître femme dans votre monde est le pire des châtiments et l’enfant malade a les épaules trop frêles pour ce lourd fardeau. « Le sang ? Un simple liquide vermeil. Je peux bien m'ouvrir les veines dans l'instant, et plus rien ne nous relierait. Le mensonge est de croire que je serais éternellement une Dolohov. Je vieillie, bientôt je serais en âge de porter un autre nom. Que feras-tu alors, grand frère ? » Ses paroles teintées de rancœur t’aspergent la poitrine d’acide. Malgré toi, tu réfutes toujours cette idée, croyance naïve qu’Elle serait trop fragile pour être donnée en mariage. Qu’elle resterait enfermée dans le tombeau avec toi. A jamais. Pourtant, si ton devoir est celui de faire perdurer le nom de votre famille, celui de Valentina est de perpétrer la descendance d’une autre lignée. Ta conscience douloureuse t’assaille comme un million d’aiguilles à l’idée même qu’un autre puisse érafler la pureté de Son être, égratigne Sa peau d’albâtre par des baisers fiévreux, ravivant par la même la Colère au creux de tes tripes.  « Que feras-tu le jour où je ne serais plus une Dolohov ? Ou ils me forceront à épouser un parvenu ? A échanger mon blason ? Tu ne seras plus là, bien sur. Tu sais fuir quand les choses tournent mal. » Disque rayé d’une musique résonnant dans un crissement désagréable à tes tempes. « Je n’ai jamais fuis Valentina, j’ai assumé mes responsabilités. Parles de décoctions aux plantes, ou de solitude si tu veux, mais ne me parles ni d’honneur, ni de lâcheté, tu ignores ce que c’est ».  Durs, tes mots claquent dans le silence de la bibliothèque, alors que la colère dégouline dans tout ton être à une allure phénoménale. Avant que l’orage n’éclate et ne dévaste tout sur son passage.

Le reflet que te renvoient les prunelles claires de ta propre Chair t’apparaît comme la damnation éternelle. Ce que Valentina croit voir en toi est la pire des tortures, et pourtant elle est la créatrice de ce monstre de froideur que tu es devenu. Quoi Valentina, l’œuvre de tes lubies n’est pas à ton goût ? L’éducation et les valeurs de votre famille s’étaient chargées de faire le reste. Démons se repaissant de l’amas de chairs à vifs de ton myocarde sanglant, les réduisant à l’état de cendres fumantes. Tes assassines tremblent encore d’avoir succombé à ton accès de rage, stupéfaites d’avoir ainsi pu se défouler sur Celle que tu chéries le plus dans la Noirceur, étincelle de lumière flamboyante dans les ténèbres les plus profondes. Tu sens la culpabilité ronger jusqu’à la moelle de tes os, sachant que tu ne te pardonneras jamais ce que tu as fait. « Fuir, n'est-ce pas ta spécialité ? Ne me donne pas des leçons que tu es incapable de respecter. C'est insultant. Et tu sais ce qu'il l'est encore plus ? » Tes yeux de fauve fuient les Siens, sachant pertinemment que tu y retrouverais des révolvers. Chacun de ses mots perforent chaque fois un peu plus ta poitrine, fissurant une à une les barrières que tu as érigé entre ton  être et le monde. Remparts que tu avais crus solides, et qui devenaient un fin halo de poussière sous les assauts de Sa rancœur.  « Toi. Ton comportement, tes agissements. Je te hais Demitri, je te hais si fort que j'en viens à changer. J’exècre ce que tu fais de moi, de ma vie. Je ne suis rien sans toi, et pourtant je ne désire qu'une chose, m’éloigner. Comme si je devais perpétuellement être assujettie à vos dogmes, à toi, à eux. » Valentina est plus inhumaine que tu ne le seras jamais. Tu constates que la blessure qu’elle t’inflige depuis sept longues années s’est corrompue et qu’il est trop tard pour éradiquer le mal. Tu vois la douleur prendre racine au fond de ses prunelles claires, les séquelles qu’elle subira à vie. Pour elle aussi, ce sera perpétuité : condamnée à souffrir éternellement. « Tu ne mesures pas la rage qui m'anime. Ta douce Valentina n'en peut plus. Et sais-tu pourquoi ? Parce qu'elle meurt. D'une agonie lente, faute aux parasites. Faute à l’amertume. Faute à l'amour. » Tu La regardes tomber devant toi, accablée par ce tumulte incohérent d’émotions, détruite par le poids d’années de tant de non-dits. « L’amour ? » Reprends-tu d’une voix égale à la Sienne. « Je ne vois pas d’amour en toi Valentina. Malgré ce que tu prétends, la vérité c’est que tu es vide de sentiments. Si vide que la moindre contrariété, la moindre frustration te pousse à bout. Il ne te reste plus que ta Colère,  et elle te tuera bien avant ces parasites. La faute à tes rejets incessants alors que ta rancœur nous détruit tous les deux ». Ebranlé par Ses révélations, n’imaginant par l’ampleur du ressentiment qu’elle chérissait à ton égard, tu restes figé alors que la brune incendiaire rit aux éclats. Son rire se cogne violement contre les méandres de ton esprit. La faire taire ; arrêter ce flot jaillissant de mots se fracassant sans vergogne contre ton crâne dans un écho de grincements sinistres à te faire perdre la raison. A réduire en l’état de cendres fumantes les derniers résidus du myocarde qui bat vigoureusement dans ta poitrine. « Je t’en prie, Valentina, tais-toi » Implores-tu alors que tes suppliques tombent sournoisement dans l’oreille d’une sourde. Sa détresse te brise, te renvoi machiavéliquement à ta propre nature, source de tous ces maux. Elle explose dans une rage qui finit de t’achever, témoin du gouffre dans lequel tu tombes, t’y brisant les genoux au point de ne plus vouloir te relever. Astre autrefois brillant aujourd’hui abattu à terre comme l’ange qui te fait face. « Alors frappe-moi ! Puisque tu veux prendre ce chemin, vas-y, impose ton autorité sur ta sœur désobéissante. C'est comme cela que nous avons été éduqués, après tout, c'est exactement ce que ferait notre père. » Ses prunelles claires s’amarrent aux tiennent pour ne plus s’en détacher alors que Ses accusations réveillent en toi quelque chose de plus sombre. Tu en serais capable, c’est d’ailleurs comme ça que l’on t’a élevé. Pourtant, tu te révèles inapte à lever la main sur Elle, revoit encore Celle qui éclairait tes journées d’un sourire enfantin. Celle que tu berçais de tes bras protecteurs, lui promettant que tu veillerais toujours sur elle, serments que tu avais laissé se piquer aux plantes corrosives. « Alors j’ai bien peur de n’être qu’une simple et fade copie de Lui. Tu sais que je pourrai le faire, mais pas quand il s’agit de toi. Pourquoi me torturer de la sorte, Valentina ? N’aie-je pas assez payé comme ça ? Ne m’as-tu pas assez puni de mes absences ? » Lasse, éteinte, la voix ne te ressemble pas, fatigué d’être partagé entre ta peine et sa haine. Tes yeux de fauve qui la fixaient sans ciller, se teintent peu à peu d’amertume, leur donnant cette couleur orage, exceptionnelle. Tu observes ta Chair rétrécir l’espace vous séparant, entrant dans la zone qu’elle laissait toujours pourtant exister entre vous. Rejet habituel du contact de ta peau rêche.

« - Qu'est-ce qui s'est passé, Demitri? Que nous est-il arrivé ? » Elle cherche des traces résiduelles de bonté en toi, scrute indéfiniment tes traits inébranlables à la poursuite d’un espoir, même infime soit-il, que tu ne sois pas devenu le simple reflet de votre géniteur. Ses prunelles te sondent sans relâche, cherchant certainement à se raccrocher aux parois lisses de ton âme alors que l’abîme du doute est sur le point de l’engloutir. Peut être commence-t-elle seulement à entrevoir que tu n’es plus depuis longtemps le garçon qui l’a quitté un soir d’Aout, sept années plus tôt. Qu’Elle a emporté dans sa rancœur les derniers débris du myocarde que tu gardais jalousement pour Elle. Tu retires lentement ses assassines de ton visage, les apportant à tes lèvres, comme pour en sentir la douceur. Baiser fugace. Vaine tentative de trouver la chaleur qui semble avoir quitté ton corps depuis toutes ces années d’amertume, l’ankylosant chaque jour un peu plus, peu habitué aux gestes tendres de ta sœur. Ta chair te pousse à des sentiments contradictoires, t’écartèle entre une envie irascible de la prendre dans tes bras pour la protéger et à la fois l’envie de lui faire mal, de la blesser sans aucune compassion. « Tes caresses autrefois m'apaisaient, aujourd'hui elles m'effraient... » Un sourire finit par se dessiner sur tes lèvres, alors que tes prunelles percutent les Siennes dans un combat que tu n’es plus sûr de vouloir remporter. Calme apparent après la tempête. « La douleur est la meilleure des compagnes, petite sœur. Parce qu’elle est la plus fidèle qui soit. On nous a forgé dedans, et aujourd’hui, c’est la seule chose que je suis capable de donner ». Tes mots sont presque chuchotés, comme si tu craignais de La briser un peu plus par cette vérité et par ce que vous répétait votre géniteur dans une autre vie. Tu lâches ses mains, alors que tes doigts frêles se posent délicatement sur la peau laiteuse de Son cou, constatant l’hématome qui commençait à se former.  De quoi haïr un peu plus ta propre nature. Comment as-tu pu ? La question tourne dans ton esprit, martelant ton crâne et enserrant ton cœur d’une culpabilité que tu n’avais jamais connue jusque là. « Pardonne-moi ». Il le faut. Tu as besoin de son pardon peut être pour te convaincre toi-même qu’il te reste une chance d’effacer tes propres erreurs. « Il faut que tu comprennes… » Commences-tu alors, en te relevant, aidant ta sœur à en faire de même, la gardant toutefois près de toi. Contact ardant de ta peau contre la sienne que tu ne briserais pour rien au monde. « Quand tu étais enfant, tu m’as demandé de te laisser sortir dans le jardin. Je savais que c’était interdit, que ton stupide enfermement avait bien une raison. Et puis tu as insisté, encore et encore jusqu’à ce qu’on sorte. Je t’ai écouté pour te faire plaisir et quand tu es tombée malade par ma faute, j’ai compris deux choses. La première, pourquoi faire la distinction entre envie et devoir est fondamental et la seconde, que je ne pourrai plus jamais vivre sans l’angoisse perpétuelle qu’il ne t’arrive quelque chose ». Confession d’un slave n’ayant pas pour habitude de se livrer. T’entendre parler de quelque chose d’aussi intime relevait d’ailleurs du miracle. « Alors déteste moi, si ça te chante. Étouffe-toi dans ta haine et ta rancœur. Je serai toujours là pour panser les plaies ». Si ta propre cher t’a bien appris quelque chose en ce bas monde, c’est le prix de la rédemption.


© charney


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