Douleur partagée ◮ ft. Remus Lupin
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MessageSujet: Douleur partagée ◮ ft. Remus Lupin Jeu 5 Fév - 10:53


Douleur partagéeCarl P. Londubat & Remus J. Lupin

Son corps entier le brûlait. Des entailles l'avaient perforé de partout. Ses vêtements se noyaient dans son propre sang. Et pourtant, il savait qu'il n'était pas celui qui souffrait le plus en cet instant. Il peinait, mais sa vie était plus importante que la sienne. Il soutiendrait son poids sans faillir, même si les étoiles dansaient devant ses yeux. Il lui avait promis de l’aider à porter ce fardeau de la vie. En tant qu’adulte, il devait se montrer responsable et efficace. Malheureusement, il n’arrivait plus réellement à être efficace. Il avait veillé toute la nuit, une longue et épuisante nuit.

Ils sortaient enfin du tableau du Baron Carabistouille – un célèbre chercheur en magie expérimentale connut pour sa folie des mélanges abracadabrants ; Un nouveau passage secret spécialement créé pour les Membres du Conseil pour pouvoir passer des cachots au sommet de la tour du conseil où se situait la salle de réunion et les quartiers personnels des différents membres. Il enjamba donc la petite marche en réajustant l’équilibre du jeune homme encore à moitié conscient contre son flan. Tout en tendant toujours derrière lui sa baguette pour effacer les gouttes de sang qu’il laissait lui-même sur son passage.

Après deux/trois détours, ils arrivèrent enfin devant l’entrée. La poignée magique identifia le propriétaire des lieux et le laissa pénétrer à l’intérieur, se fermant automatiquement derrière eux après leur passage. Dans un dernier effort, il déposa le jeune sorcier sur l’épais divan le plus délicatement qu’il pouvait. En se redressant, il poussa un soupir qui lui fit mal aux côtes.

Les appartements de Carl Londubat étaient à son image ; propres, organisés et décalés. Aux premiers rapports, c’était une décoration simple digne de Poudlard, mais des objets étranges complétaient les lieux ; des magazines moldus mélangés à des magazines sorciers, un bureau avec la plus grande collection de plumes qu’on pourrait voir sur un seul et même bureau, des posters mouvants de Quidditch et de stars du monde sorcier, ainsi que beaucoup de photos personnelles comme pour donner vie à un lieu que très peu utilisé.

Carl n’était pas du genre à faiblir facilement devant la douleur et les blessures, qu’elles soient magiques ou non. C’était dans les qualifications de son métier d’auror d’être résistant et être capable de garder son sang-froid face à un revirement de situation poussant au danger, ou tout simplement à la blessure plus ou moins grave. Mais rarement, il ne s’était senti aussi faible et fatigué. Il attrapa ses côtes et déambulant maladroitement jusqu’à un buffet un peu plus loin. Il fouilla et entre plusieurs fioles, il attrapa un extrait de Pouss’os qu’il avala d’une traite, histoire de souder rapidement sa cage thoracique. Après ça, il chercha une nouvelle fiole, mais cette fois c’était de l’essence de dictame.

La douleur de ses côtes passant, ce fut un peu plus facilement qu’il se posta devant un grand miroir qu’il scruta en fronçant les sourcils. Il avait une mine déplorable, mais heureusement pour lui, mise à part de larges cernes et le visage couvert de saletés, seule une petite entaille à la base de ses cheveux se faisait voir. Il appliqua alors la lotion et celle-ci commença très vite à se résorbée. Il en fit de même avec les blessures plus profondes et plus larges qu’il arborait sur le corps, après avoir enlevé sa chemise réduite à une morceau de tissus informe et couvert de tâches pourpres. Il termina ses premiers soins en couvrant ses plaies beaucoup moins vives de gaze. Tout en sachant qu’il ne pourrait faire résorber les cicatrices malgré la magie, ajoutant à son corps meurtri par l’expérience de nouveaux souvenirs.

Il fouilla dans son armoire et y trouva un T-shirt gris simple, tout en préférant garder le même jean à présent plus que usé et troué. Tout en l’enfilant, il s’approcha de nouveau du jeune homme qui commençait à reprendre difficilement conscience. Longiligne, les joues creuse et le teint cireux, Remus Lupin était rarement dans cet état aussi pitoyable. D’habitude, Carl le voyait comme un garçon sérieux, joyeux, et plein de vie, malgré un calme qui contrastait avec les extravagances de ses deux amis, James Potter et Sirius Black. Tout en s’approchant, Carl tira une chaise pour s’asseoir près du Gryffondor.

- Ca va aller ? Tu es blessé ? … Attends, je sais ce qui te fera du bien ! ajouta-t-il avant même que le pauvre garçon ne percute les deux précédentes questions.

L’auror s’était levé d’un coup, tout en semblant beaucoup plus en forme qu’il y avait quelques minutes. Il se dirigea vers la table de chevet se trouvait à côté du lit baldaquin du fond de la pièce. Il y sortit une tablette de chocolat de ce qu’il y avait de plus simple ( pas de grenouille sautante, par exemple… ). Lorsqu’il fut de nouveau près de Remus, il cassa un carré pour le lui tendre.

- Ça te redonnera des couleurs. Lui affirma-t-il d’un sourire, fatigué, mais bienveillant tout de même.

Carl était très soucieux de l’état du garçon. Après tout, il était sa responsabilité en tant que Membre du Conseil, en tant que descendant du poste de Dumbledore. Il avait donné sa promesse à ce garçon, et il la tiendrait et ça malgré ce qui s’était passé cette nuit. D’ailleurs, derrière les vitraux, l’aurore rougeoyant du matin avait laissé place aux éclats jaunes du soleil d’hiver.

La nuit avait été très longue… c’était peu de le dire. Pour comprendre cela, il fallait revenir un peu en arrière. Lorsque peu avant sa mort ( comme si ce grand homme l’avait presque prédit… ), Dumbledore avait confié à l’Ordre du Phénix l’existence d’un cas de lycanthropie au sein de Poudlard. Un secret bien gardé par celui-ci pour le bien être de ce garçon tout simplement, pour qu’il puisse vivre une vie presque normal et surtout pour passer ses examens de sorcier comme tous les jeunes de son âge. Le bienfaiteur demandait à son Ordre, dans le cas… d’un évènement tragique, qu’ils prennent leurs responsabilités vis-à-vis de ce garçon.

En se faisant élire au sein du Conseil D’Administration de Poudlard, Carl se désigna de lui-même pour s’occuper du prénommé Remus. Se considérant comme le membre se devant proche des élèves, il n’hésita pas une seconde. Puis… dans le cas où il était possible de comparer leurs deux histoires, il se sentait plutôt proche de celui-ci. En se faisant mordre par un loup-garou, le garçon s’était retrouvé avec un pouvoir qu’il ne contrôlait pas. Un sentiment que Carl avait longtemps ressentit dans sa jeunesse lors des premières manifestations de sa magie. Certes, ce n’était que très peu comparable, mais sans le spécifier à haute voix, il avait une affection toute particulièrement pour le jeune Lupin, pour cette raison.

Remus prit le morceau de chocolat, mais ne semblait pas vouloir afficher le même sourire que le membre du conseil. Carl avait le don de relativiser les choses. Il avait failli mourir cette nuit de pleine lune, certes… Mais c’était le risque du métier, comme on disait. Puis, ça ne serait pas la première fois qu’il échappait à la mort, ni la dernière. En prenant la responsabilité des transformations de Remus, il s’exposait aux risques d’un dérapage pas prévu.

N’étant pas animagus, c’était compliqué d’envisager superviser les transformations de très près. Depuis son arrivée à Poudlard, Carl avait passé chaque pleine lune à surveiller les alentours de la Cabane hurlante de Pré-Au-Lard. Des nuits blanches jusqu’ici sans conséquences, mais cette nuit, quelque chose changea ; Remus avait fui la Cabane suivant que ses instincts d’animal. Il avait donc passé la nuit à essayer de le confiner dans une périmètre délimité de la forêt interdite, longtemps en compagnie de trois animaux qui semblaient s’intéresser très vivement à la situation. Seul ça avait été une tâche très dure et exténuante. Comme en témoignait le long bâillement de Carl tout en s’enfonçant contre le dossier de sa chaise.

© Lady
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