Let me show you the way ₪ f. Dorea
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MessageSujet: Let me show you the way ₪ f. Dorea Dim 22 Fév - 0:45




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Alexis & Dorea

L’air est encore froid, le gel recouvre les fenêtres d’une fine pellicule blanche. Mes iris étudient avec attention les cassures et les nervures du gel. Fascinée par ce spectacle toujours nouveau, debout, je passe d’un geste souple et doux, le doigt sur la vitre glaciale. Le frisson remonte le long de mes phalange jusqu’à atteindre mon poignet pour courir le long de mon bras. Un tressaillement s’empare lentement des plus infimes parties de mon être. Depuis que ma peau d’enfant a touché le marbre glacial de la mort la morsure du froid m’est désagréable. Pourtant je ne retire pas mon doigt tatoué. Le dégoût est intérieur. J’ai trop chèrement appris à ne pas dévoiler mes faiblesses pour laisser le moindre signe dépasser mon enveloppe corporelle. La pointe de mon annuaire commence à s’engourdir. Cela fait exactement trente-trois minutes que je me tiens ainsi, le regard plongé dans la contemplation passive de cette plaque de gel aussi tortueuse qu’une toile d’araignée. Les aiguilles de l’horloge qui orne mon bureau ne mentent pas et leur cliquetis me fournis le seul repaire temporel dont j’ai besoin. Dans mon cerveau les pensées se bousculent pourtant et j’ai bien du mal à faire le vide malgré la douleur que je m’impose. Un éclair éclaire mes pupilles sombres alors que mon ongle crisse sur la surface vitrée. La rage se saisit de mon cœur fronçant mes sourcils de jais. Le souvenir du bal est encore vif dans l’atmosphère du château. Une pointe amère sert ma gorge. Dire que j’étais là et que je n’ai rien vu venir. Marilyn semblait avoir été terrassée par le drame. Sans doute tout rassemblement du genre serait définitivement proscrit. Pourquoi faut-il toujours attendre les extrêmes pour réagir à juste propos ? Un deuxième mort dans l’enceinte de Poudlard…Mes dents grincèrent légèrement.
Les nervures du gel n’ont rien de doux. Elles sont tranchantes, écharpées, brisées. Comme les fondements de l’école. Si le Conseil ne se montre pas rapidement capable d’assurer la sécurité des élèves, les parents de ceux-ci ne t’arderont pas à envoyer des hiboux postaux par centaine. La peur est plus rapide à se répondre que givre dans un coin de fenêtre. La peur est si facile à entretenir, à manipuler, à façonner. Personne n’y échappe pourtant il faut lutter contre, corps et âme, pour ne pas sombrer dans sa spirale dévastatrice. Mon doigt à retrouver le point névralgique, là où les cristaux semblent former un épicentre glacé. Dernier effort vain de capturer la sérénité de cette eau figée.

Lentement mon corps se remet en mouvement, engourdi par les longues minutes d’immobilité. Aucun geste n’est inutile et ma main droite reste levée, l’extrémité en est presque gelée et afin d’éviter un afflux sanguin trop soudain et désagréable j’attends patiemment que mon corps reprenne vie de lui-même. Bougeant au ralenti je promène mon regard de feu sur la pièce qui me sert de bureau. Les étagères qui ornent les murs sont pleines d’objets que j’ai collectés au cours de mes voyages en terres  étrangères. Des fioles contiennent des liquides plus précieux les uns que les autres et chacune à son histoire propre teintée de sentiments diverses, parfois joyeux, parfois amer. L’espace central est pourtant vide, contrastant avec l’encombrement des murs. Au centre une natte brune recouvre la pierre froide du château. Au fur de l’année passée j’ai fini par prendre possession de cette pièce comme un second refuge. Mon regard se pose sur une petite porte presque invisible entre deux étagères de grimoires. Elle renferme mes plus précieux ouvrages et personne hormis ma personne et ma voix ne peut en franchir le seuil. Celui qui oserait tenter sa chance n’aura jamais l’occasion de s’en mordre les doigts. Mes mouvements se font aux ralentis mais avec détermination. Ma paume se referme sur le bois lisse et chaud de ma baguette. Je sens son pouvoir fourmilier contre ma peau d’ébène. Sans un murmure un brasier dévore l’âtre vide. L’orangé des flammes vient lécher mes joues, pourtant je me détourne de son aura réconfortante. Le ronronnement du feu est un bien maigre délice dans ces tourmentes.

Les articulations de mes longues phalanges craquent, froissant l’air frais du bureau. Mon liquide vital a enfin repris possession de mon enveloppe, irrigant en abondance les parties délaissées. D’un geste rapide et souple je franchis les quelques pas qui me séparent de mon bureau. Des parchemins l’encombrent avec insolence. Les derniers courriers du Conseil d’Administration semblent dégager une aura brûlante. Je les sens sans même les voir et le souvenir de leur contenu m’écœure. Mon instinct de fauve se cabre en moi. Si aucun hibou ne m’apporte une réponse de Carl dans le weekend, j’irai moi-même m’imposer à ses soirées studieuses.
Encore trois cran d’horloge et l’heure fixée sera là. Sans chercher à faire de l’ordre dans toute cette paperasse je m’assoie sur un coin du bureau avec désinvolture. La dernière missive du Conseil trotte dans ma tête. Ils ne sont pas si aveugles que cela après tout. Faut-il y voir-là une faible et menue lueur d’espoir ? Mettre en place un cours singulier d’auto-défense pour les élèves qui souhaitent y participer. L’idée n’est pas absurde, mais dérisoire. Au vu des conditions imposées, la démarche risque de tourner court. Black et Yaxley ne me laisseront jamais diriger seule ce nouveau « cours », le fils se fait de plus en plus fin. Mes griffes, elles, sont fermement plantées dans mes résolutions pour lâcher prise. Les cobras aveuglés ne me font pas peur et leur ignorance est mon arme principale. Le bruit de ses pas atteint mes oreilles tendues. Seules mes pupilles embrassées se tournent vers la porte au son des coups frappés avec un léger mélange de sentiments où l’assurance n’est pas la plus criante. La détermination, l’excitation peut-être, et un brin de courage. La jeune Dearborn est une des élèves à laquelle je me suis attachée. Son caractère ressort dans la foule de ces camarades. Pourtant ses pupilles reflètent souvent le doute, comme une hésitation sur sa réelle identité. Mais elle est jeune encore, et insouciante. N’ai-je pas couru après mes racines jusqu’au plus profond des ombres de mon âme ? « Entrez Mlle » Ma voix est franche et chaude. Les cours particuliers ne font pas encore partie de leurs terrains de chasses. Les foulées du guépard sont plus longues que celles des chacals.

 


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MessageSujet: Re: Let me show you the way ₪ f. Dorea Lun 2 Mar - 20:49



« Très bien, c’est tout pour aujourd’hui ! » Un coup de sifflet retentit dans les airs, indiquant le point de chute des joueurs en direction des vestiaires tandis que les pans d’une cape noire volaient dans les tribunes. Posant un pied à terre, Dorea se retourna vers la grande tour en bois où s’asseyaient les professeurs et personnels du château lors des affrontements d’adolescents pour observer la silhouette de Lestrange, aussi minuscule qu’une allumette, ce qui ne l’empêchait pas de faire glisser un frisson le long de la colonne vertébrale de la lionne. Grimaçant, elle se détourna de lui lorsque James la tira par le bras, comme un rappel à l’ordre silencieux. « Je suis certaine qu’il va nous vendre à ses chouchous. » Les chouchous ? La plupart était des serpentards, tous de bonne famille bien entendu et membres de l’équipe de quidditch adverse qu’ils devaient affronter dans quelques semaines. Tous au sang aussi pur que nécessaire dans leur élite. James ne répondit rien mais la troisième poursuiveuse répondit à sa place, marchant à leurs côtés en se débarrassant de ses protections de coude. « Oh arrête un peu Dorea. Il s’agit d’un membre du conseil. Il est forcément tenu au secret. C’est déontologique ! » Déontoquoi ? La lionne chasse le mot inapproprié mais ne démordait pas de son idée, pestant d’autant plus « en attendant, sans ses décrets, on aurait pu profiter de la pause déjeuné pour continuer l’entrainement. Mais non, il faut aller se restaurer car le temps est écoulé » tout en se laissant docilement guider vers les vestiaires tandis que Sirius fit de l’humour. Avec les nouveaux décrets mis en place depuis l’épisode du bal, l’atmosphère était pesante à l’intérieur du château. Si étouffante, que l’écossaise appréciait le contact du vent, aussi glacial que vivifiant en cette période de l’année, sur son visage lui donnant l’oxygène nécessaire pour pouvoir affronter une journée encore. La peur et l’angoisse se lisaient sur chaque trait et les nerfs mis à fleur de peau faisaient de nombreux dégâts dont beaucoup en jouaient. Chacun en pâtissait à sa façon, entraînant crises de larmes, cris et brusqueries à diverses intensités. En son sein, les membres du Conseil étaient trop préoccupés par l’avancement de leurs décrets et de l’affaire pour réussir à faire appliquer correctement l’ordre dans les couloirs. Rusard était complètement dépassé par les évènements, son affreux chat sur les talons, l’animal surement plus intelligent que l’homme. Dans les recoins sombres où aucune entité n’était présente, des disputes se déchiraient en bagarres, ne se séparant qu’après qu’un guet n’alarme le troupeau.


« Au lieu de ronchonner, viens donc manger ! » clama la voix de Sirius à la sortie des vestiaires, attrapant la lionne par le cou pour lui ébouriffer ses cheveux humides qui partirent dans tous les sens malgré sa vaine tentative de s’extirper de là. « Regarde çà, tu te fais des rides hideuses sur le front. C’est moche, ça te vieillit. On va croire que tu deviens une vieille peau toute moisie. » continua le gryffondor en appuyant un doigt entre les yeux de la belle au niveau du front, la narguant ironiquement dans une tentative de détourner l’air inquiet et renfrogné de l’écossaise qui continua durant le repas, l’ensemble des maraudeurs se mettant à l’œuvre alors qu’un débat animé s’activait à leur table et déviant petit à petit sur des sujets plus badins, mêlant actualités, potins et cours. La plaisanterie continua bien après l’heure du repas et ce n’est qu’avec l’arrivée d’un hibou pour l’un d’entre eux que la jeune femme se rappela qu’elle était attendue ailleurs. S’excusant auprès de ses camarades, elle s’extirpa de table en prenant son sac sans leurs répondre lorsqu’ils lui demandèrent où elle s’en allait. Dorea n’avait jamais été très fan de devoir étaler son emploi du temps ouvertement, aimant ses petits moments qu’elle pouvait s’accorder librement, sans avoir de compte à rendre à quiconque. D’autant plus avec ces temps obscurs où chacun se méfiait de chacun. Le côté protecteur de ses amis se révélait plus présent, l’étouffant plus que la rassurant, la lionne étant persuadée de pouvoir se débrouiller seule dans n’importe quelle circonstance. En tout cas, à l’intérieur du château. Ses aspirations professionnelles n’en étaient que renforcées et lorsqu’elle reçut le hibou du professeur de Défense contre les Forces du Mal un brumeux matin, elle ne pût qu’acquiescer cette opportunité supplémentaire. Une chance de pouvoir accéder à ce qu’elle souhaite mais surtout et avant tout… une chance de réussir à contrôler cette peur qui ne la lâchait plus depuis la nuit du bal. Depuis la nuit maudite. Beaucoup de choses s’étaient produites - surement trop - mettant à mal les émotions d’ordinaire contrôlées de la belle qui n’arrivait pas à expliquer les origines diverses de son palpitant incontrôlable. Chaque bruit l’interpellait, comme un chat à l’affût de sa proie… sauf qu’elle avait peur de n’être que la souris. Pour une élève de la maison du courage, ce n’était pas joli à avouer. Alors, elle gardait tout pour elle, faisant semblant de prétendre le contraire. Comme si rien n’avait changé. Cela ne trompait pas mais on avait la décence de ne pas lui en parler. Un exploit dû à la période de deuil qui suivit les vacances de Noël, plongée dans l’obscurité de la mort avec l’enterrement du patriarche Samuels. Elle n’avait pas revu ses enfants depuis. Personne ne parlait d’eux, en témoignage d’un respect empli de tristesse. La mort de leur père avait été affreuse… Ce qui avait mené l’écossaise à réfléchir et faire un pas vers son propre frère. Et vice-versa. La première fois de sa vie et surement pas sa dernière. Preuve d’humilité d’une orgueilleuse.

Finalement, ses pas la menèrent plus rapidement que prévus devant la porte de la salle de Défense contre les Forces du Mal. S’arrêtant devant, elle leva la main mais hésita une seconde avant de cogner. Elle n’avait aucune envie de présenter un visage couvert d’incertitude et de peur à son professeur… bien qu’elle était là pour obtenir de l’aide en auto-défense et duels.  Inspirant une grande bouffée d’air, elle tenta de chasser ses pensées noires en se focalisant sur son objectif du jour. Elle n’avait aucune envie d’inspirer de la pitié ou autre sentiment négative de ce genre à la MacFusty. Alors, elle prendrait sur elle, encore et encore. Jusqu’à ce qu’elle ne s’effiloche et finisse par rompre, surement. Mais alors, elle se reconstruirait. Comme tout à chacun.  Surement… Ses doigts finirent par tomber contre le bois de la porte, laissant libre court à l’hôtesse de l’inviter. Tournant la poignée, elle pénètra dans la salle de classe en prenant soin de refermer derrière elle. Ses yeux se posèrent tout d’abord sur son professeur qu’elle salua d’un souriant « Bonjour, professeur. » avant de tomber sur la pagaille sur son bureau. « J’espère que je nous dérange pas. Vous étiez peut-être occupée. » fit-elle remarquer, en espérant qu’elle ne s’était pas trompée dans les horaires. Avec tous ses bouleversements, elle ne savait parfois plus si Nick quasi sans tête ne lui avait pas emprunté la sienne. Au fond d'elle, elle espérait le contraire, impatiente de pouvoir commencer à se prendre en main à travers les conseils d'une plus expérimentée qu'elle. Son professeur l'avait toujours légèrement intimidé par sa prestance et son silence à toute épreuve. Rien ne semblait la déconcentrer, ni même la troubler. Une transparence de calme et de self-contrôle qu'elle lui enviait énormément, où une lueur plus sauvage et dangereuse brillaient au fond de ses yeux. Si Carl Londubat l'avait inspiré plus jeune, Alexis MacFusty ressemblait fort à un modèle qu'elle enviait.



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MessageSujet: Re: Let me show you the way ₪ f. Dorea Mar 10 Mar - 17:10





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Alexis & Dorea

La porte s’ouvre avec délicatesse et frais du couloir tourbillonne entre ses jambes. « Bonjour, professeur. Mes iris se plantent sur son sourire enjoué, je devine aisément l’enthousiasme qui anime son esprit et la chaleur de ce sentiment réchauffe doucement mon âme tourmentée. Peut-être bien que toute l’innocence de mes élèves est plus efficace que toutes autres thérapies. Observer leurs évolutions personnelles ainsi que leurs améliorations en matière de magie diffusait un étrange sentiment de douceur en moi. C’était comme voir la vie s’épanouir devant moi, cette vie en laquelle j’avais cessé de croire quelques années plus tôt. J« J’espère que je nous dérange pas. Vous étiez peut-être occupée. » Un éclair traversa les profondeurs de mes yeux sombres. Ceux-ci se rivèrent au regard noisette de Dorea. Dans cette remarque tenait toute l’étendue de sa jeunesse et les raisons qui m’avaient poussée à lui proposer ces cours particulier. Certes, je représentais l’autorité pour elle, j’étais le professeur et elle était l’élève. Ce n’était qu’une marque de respect. Pourtant j’aperçu son rapide coup d’œil en direction de l’horloge pour vérifier l’heure. Ce geste m’arracha un léger sourire qui étira mes lèvres. « Bonjour Dorea » Jusqu’à présent j’avais gardé le silence, observer d’abord et agir ensuite. Depuis ma plus tendre enfance on m’avait appris à déceler en premier lieu l’humeur de mon interlocuteur, car de celle-ci dépend l’issue de l’entrevue. D’un geste souple je m’éloignais de mon bureau. Les nombreux parchemins dégageaient de telles vibrations négatives que je préférais m’en éloigner. « Quand bien même j’étais occupée, vous aviez tous les droits de venir me déranger lorsque je vous ai moi-même invitée ici à cette heure-ci non ? »  Mes iris de fauve ne la lâchèrent pas alors que je m’approchais du centre de la pièce. D’un signe de la main je l’invitais à se poser sur les sièges bas qui s’y trouvaient. Un mobilier asiatique que j’avais trouvé fort agréable. Lors de mes voyages dans cette étrange partie du monde, j’avais trouvé le même attrait pour la proximité terrestre. Les sorciers asiatiques savent écouter le battement de la terre et le chant du monde comme personne. J’étais assise avant même qu’elle ne fasse le moindre mouvement et je détournais enfin mon regard d’elle pour le poser sur l’âtre flamboyant au fond de la pièce. « Viens t’asseoir je t’en prie Dorea » Si ma voix avait été légèrement détachée jusqu’à présent, elle devient plus chaleureuse en accord avec le tutoiement dont je prie la liberté. Mais cela n’a rien de surprenant. Ce n’est pas la première fois. Il arrive souvent en cours lors d’exercices pratiques, que mes manières simples reprennent le dessus. Dans mes premières années à Poudlard cette facilité à faire tomber les barrières des convenances me valut un certain dédain des élèves de bonne famille. Jalousement je m’en suis fait une marque, un outil narquois pour montrer ma liberté face à leurs chaînes. Faire de la différence une force, voilà un des secrets de ma persévérance réussie. Certains ont bien essayé de me briser comme des vagues sur des rochers, mais leurs mesquineries n’ont jamais aboutis à autre chose qu’à renforcer mon caractère sauvage et indomptable. Seule la vie à sût me marquer de ses griffes acérées. Elle seule s’est montrée capable de briser mes défenses et enchaîner mon âme libre.
Mon attention se reporte sur la jeune Dearborn, au fond je sais bien peu de choses sur sa vie, sur son nom et son histoire. S’il y a des choses à savoir, je tiens à les tenir d’elle seule afin de pouvoir la comprendre mieux et la guider sur le chemin périlleux du monde adulte.

Un léger silence flotte dans l’air tiède de la pièce. Les langues de feu chassent les assauts du froid. Les entrelacs de  givre au coin de la fenêtre ont laissé place à de fines gouttelettes d’eau. « Pourquoi estimes-tu que tu as besoin de cours particuliers avec moi ? » ma question craquèle l’atmosphère. Le feu ronronne faiblement en arrière-plan et ma voix s’élance franche et calme. Prendre quatre chemins ne fait pas non plus partie de mes habitudes et dans cette question réside le nœud de cette entrevue. Je veux qu’elle me répondre franchement, avec une sincérité sans fard. Peu m’importe la gêne qu’elle peut ressentir face à moi, j’ai besoin de saisir ses véritables ambitions mais aussi son propre jugement sur elle-même. C’est surement un peu abrupt comme introduction, mais je n’ai pas le temps de m’éterniser sur des formules bateau. « Inutile de me faire un grand discours, je veux que tu me répondes franchement, avec liberté et passion s’il le faut. Je ne suis pas là pour juger mais pour comprendre et répondre au mieux à tes besoins vois-tu. » M’expliquer ne faisait pas partie de mes habitudes non plus avant. Mais en embrassant le rôle de professeur j’ai appris à démêler mes propos énigmatiques. Les dragons et la solitude ne sont pas des interlocuteurs très loquaces et c’est surement un des bienfaits de Poudlard et des beaux parleurs. J’ai appris à converser à demi-mots, pour dissimuler le véritable sens de mes dires. Un artifice acquis par nécessité que je dois aujourd’hui réussir à défaire face à mes élèves. Il est important que je me fasse comprendre de chacun d’eux lors de mes cours. Un court instant mes pensées dérivent à nouveau vers le tas de parchemin qui repose sur mon bureau. Irrémédiablement leur souvenir me revient en mémoire. Leurs contenus m’écœurent trop pour l’oublier aussi facilement. Les menaces de Lestrange reviennent sournoisement se répéter dans mes oreilles. Je me souviens de lui en tant qu’élève ici, exécrable sous tous les bords et le plus actifs des persécuteurs. Souvent j’ai été la cible de ses moqueries noires au goût amer de sa cruauté maladive. L’orage se réveille lentement dans les tréfonds de mon âme, mais pas un souffle ne transparait sur mon corps de marbre. L’image avide de ses yeux se peint clairement devant moi alors qu’il m’annonce presque tremblant de joie que je suis la première sur sa liste. Son rire carnassier ricane encore dans mes souvenirs. Je suis plus qu’intimement convaincue qu’il n’est pas étranger au meurtre de Samuels. Il suffit de voir l’aliénation dans le fond de ses pupilles pour deviner ses pensées dégoulinantes de sang. La même lueur de folie qui dansait dans le regard boisé de Son assassin cette glaciale après-midi à Détroit. Un léger battement de cil plus rapide est le seul témoin de ce souvenir douloureux. Un battement supplémentaire pour chasser ces visions de cauchemars. Les pupilles de mes yeux dérivent vers les flammes un court instant. Leur éclat m’aveugle presque immergeant ma vision de leur lueur rougeâtre. Lorsqu’elles se reposent sur le joli visage de la lionne, elles sont de nouveau libres de souvenir.


 


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