₪ Froide matinée pour une rencontre ₪ f. Ethan
Dragon Noir Coeur chaud et griffes d'acier

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MessageSujet: ₪ Froide matinée pour une rencontre ₪ f. Ethan Ven 27 Fév - 13:32




₪ Froide matinée pour une rencontre ₪

Alexis & Ethan

Le silence de la nuit glissait sur mon corps aussi sombre que les ombres des nuages. Mes iris luisaient faiblement dans cette obscurité sans étoile. Je glissais entre les brins d’herbe, froissant à peine l’immobilité nocturne. J’aurais pu transplaner, mais j’avais besoin de me confronter à la solitude nocturne de mon île natale. Inutile d’éclairer mon chemin. Mes pieds connaissaient la moindre bosse de l’île et malgré l’absence de point de repère stellaire je parvenais à deviner à quel endroit je me trouvais. Mes pieds nus dans l’herbe fraîche je n’étais qu’une ombre, un souffle de vent, une silhouette souple. Seul le grondement de l’océan gonfle cette nuit froide de janvier. Les bourrasques de vent marin sont chargées de sel, ma peau frissonne sous ma cape. Il doit encore neiger dans le plein pays. Sans doute Poudlard se réveillera encore sous un épais manteau de neige. J’aimais marcher dans cette immensité blanche, j’étais la première à lancer des boules de neige, lorsque l’insouciance faisait rire mon cœur de jeune fille. Soudain l’herbe cède place à la dureté de la roche. Mes pieds frottent contre cette surface poreuse et manquent de glisser sur la pierre humide. L’océan est là, sombre et profond, traître nocturne et ami immortel. Les embruns pénètrent tout mon être dans un tourbillon amer. J’aime l’odeur des algues mêlée à celle de l’écume fraîchement formée. C’est vivifiant. Debout au bord du récif je domine l’océan qui vient se fracasser contre la roche noir. Je devine plus que je ne vois, le rebord de l’île la plus proche. Avant je préférais la rive opposée afin de contempler l’immensité enivrante de l’océan. Désormais je ne parviens plus à plonger mon regard dans les vagues sombres en provenance de ce côté du monde. Mes pensées, irrémédiablement, avalent les kilomètres inondés pour rattraper le passer.

Le grondement des dragons endormis se confondait au roulement des vagues, même mes oreilles exercées ne pouvaient démêler l’un de l’autre. Amère solitude nocturne de mon âme meurtrie. Une autre nuit sans sommeil, sans étoile, sans chaleur. L’éclaboussure des vagues remplace sur mes joues d’ébènes les larmes que je n’ai plus. Mes paupières recouvrent mes iris d’un voile plus obscur. Je ne distingue plus la lueur bleuâtre de l’eau, ni les contours ébréchés de la roche. Les images qui se succèdent sont plus nettes et cassantes que les récifs à mes pieds. Le cœur semble palpiter encore, chaud de son corps, plein de son sang. Je pourrais hurler, mes yeux pourraient se révulser, je pourrais vomir. Mais cet organe est là entre mes mains, sur son écrin de velours noir. C’est la plus belle façon de me présenter un meurtre. Tant d’imagines sanguinolentes viennent se superposer à ce cœur-là. Un frisson parcourt mon échine. Mes yeux ouverts contemplent à nouveau l’île qui se dresse face à moi. La rage enflamme de nouveaux mes iris, torches brillantes dans la nuit. Au loin, à la lisière de l’horizon, une douce lumière argentée se profile. L’aube étend ses filets.

La roche éclate sous le coup du l’éclair rouge. Ici, à l’abri des regards, ma colère explose. La nomination de Lestranges à la place de Samuels a été la goutte de trop. Ses allégations contre moi ont remonté tant de sentiments que je pensais avoir réussi à enfouir au plus profond de mon âme.  Debout, baguette en main, mon regard est terrible. Depuis le décès de Dumbledore le monde magique semble se tourner vers un avenir bien sombre et mon cœur entier se soulève à cette perspective. La noirceur existe dans ce monde, c’est un fait. Mais les jeunes pousses n’ont pas besoin de la découvrir brutalement, comme le couperet du bourreau sur leurs rêves. Pourquoi faut-il toujours mettre l’intérêt des plus jeunes derrière celui des plus fiers ? Et tout ça pour quoi ? Mes dents grincent. La raison me dégoûte. Elle me donnerait envie de vomir, cette raison-là. J’irai volontiers leur ouvrir leurs cœurs gangrénés pour en faire jaillir ce même sang rouge, riche en fer, et pauvre en distinctions raciales. Mes ongles piquent mes paumes et la rage brûle mon cœur. Il est inutile de rester ici plus longtemps. Ma colère ne doit pas troubler la sérénité de ce lieu singulier.

Les rues de Londres sont froides. La neige n’est que boue grisâtre dans les caniveaux. L’aube dévoile à peine ses longs doigts effilés. Je passe inaperçue dans cette marée humaine des premières heures matinales. Les cloches des occupations sonnent pour chacun d’entre eux en ce vendredi matin et ils n’ont pas le temps de poser leurs yeux pressés sur une silhouette noire. Ils sont ignorants et bienheureux à leur façon. Mais la plupart des sorciers sont tout aussi aveugle à la noirceur de leur monde déchiré. Le Chemin de Traverse est tout aussi glacial, mais la neige y est plus blanche, préservée du passage des voitures qui polluent les rues à côté. Mon pas est vif et pressé parmi les rares sorciers qui arpentent les rues pavées de si bonne heure. Il est tout juste huit heures quand je franchis la porte de la première boutique. La chaleur à l’intérieur contraste avec le froid mordant de janvier. Les odeurs des plantes viennent chatouiller mon nez alors qu’un sorcier barbu de forte corpulence surgit de l’arrière-boutique.
La porte claque derrière mon dos et mes yeux sont plus sombres qu’avant. Mes chaussures claquent sur le pavé froid, il est maintenant presque dix heures, et même au plus profond de l’Allée des Embrumes je n’ai pas réussi à trouver un seul apothicaire digne de ce nom. A croire qu’il est impossible de trouver des pousses de Clémone en Angleterre. Ce n’est pourtant pas une plante bien rare, du moins en Afrique. Pestant intérieurement contre ces bons à rien je me dirige vers l’allée centrale lorsque mes pupilles s’arrêtent sur une enseigne d’apothicaire que je ne connais pas. Sans doute une nouvelle boutique ouverte pendant mon voyage. D’un air décidé je pousse la porte et m’engouffre avec vivacité dans la pièce. Les odeurs sont plus acres que dans les précédentes ce qui s’annoncer plutôt bien. Sans trop de mal je parviens à différencier plusieurs plantes et je retrouve un peu espoir. « Je suis à la recherche de pousses de Clémone et j’espère sincèrement pour vous que vous en avez » Ma voix est tranchante comme la roche. Dans le silence de la pièce je ne m’adresse à personne en particulier cependant, car le comptoir est bien désert. Attirée par des bocaux placés sur les étagères je m’approche d’un geste fluide, mes yeux se posent sur les étiquettes les unes après les autres, en attente d’une réponse quelconque.

 


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