carl&nox ϟ whiskey lullaby
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MessageSujet: carl&nox ϟ whiskey lullaby Lun 2 Mar - 4:11

Les événements dramatiques ayant conclu le bal de Noël quelques jours plus tôt couraient inlassablement sur les lèvres des apprentis sorciers de Poudlard. Lorsqu’une minorité d’étudiants semblaient révulsés à l’idée de se ressasser ces sordides instants et désiraient uniquement les faire faner dans leur mémoire à tout jamais, tous les autres s’avéraient bien trop curieux et choqués pour taire cette soirée. L’on évoquait les cadeaux dorés devenus promptement ensanglantés, dévoilant pour la plupart des parties de ce qui semblait constituer un ancien membre du conseil d’administration. Samuels. J’avais entendu son nom à plusieurs reprises, avais sans doute dû le croiser à quelques reprises, pourtant, l’homme n’avait su marquer réellement mon esprit, sans doute car il ne m'apportait, ou menaçait, réellement aucun intérêt personnel, a contrario d’autres membres du conseil. Marilyne, par exemple, pour porter simplement le nom de McKinnon. Ou Carl Londubat, qui avait su m’irriter encore davantage avec son comportement douteux et bien trop avenant au bal. Depuis quand l’ancien Poufsouffle jugeait bon de prendre la défense de ma sœur ? Et de surcroît, s’opposer à mon géniteur pour ceci ? Carl arborait une réputation médiocre chez les Yaxley, et il ne composait aucunement le genre d’individu que j’appréciais. Véridiquement, je le méprisais. Lui et son pseudo rôle d’être le membre le plus proche des élèves, perpétuellement à leur disposition, souhaitant si naïvement leur venir en aide, rendre leur vie moins pathétique. Devenir leurs amis. J’abhorrais Londubat, car je le trouvais faible, je le trouvais bien trop sentimental. Et je haïssais le fait qu’il puisse souhaiter prendre Lux sur son aile. Si ma jumelle nécessitait une protection, c’était la mienne qu’elle acquérait, et non celle d’un pantin placé là pour quelconque question d’équité ou de chance. Par ailleurs, j’estimais également comme mon père que Lux n’avait pas besoin d’être couvée. Comme chacun d’entre nous, elle se devait de subir des actes peu agréables pour forger son caractère et apprendre à se défendre d’elle-même. En s’interposant, Carl ruinait toute cette éducation. Et en remettant en cause les préceptes de Damon, s’attaquait à toute une figure d’autorité. Et puis par Merlin, ce n'était pas son rôle. C'était le mien.

Oh, j’aurais pu considérer la chose distrayante, l’adulte chercher les foudres de mon géniteur et les recevoir bien assez tôt. Néanmoins, je savais pertinemment que si Damon succombait à une humeur massacrante, ses enfants, en particulier moi, en pâtirait. Nous étions perpétuellement dans la ligne de mire. Des victimes innocentes, qui ne jouissaient nullement de réelle liberté, encore moins depuis que le nom Yaxley apparaissait sur les sièges du conseil. Je détestais cette décision, j’insupportais la présence de mon paternel au collège de sorcellerie. J’avais subi Damon toute mon existence, et Poudlard était vite apparu comme une échappatoire, avait formé mon oasis, le seul emplacement sur cette planète où je pouvais demeurer sans scrupules et vivre sans être sans cesse réprimandé. J’échappais à la pression infernale Yaxley, aux ordres, aux critiques, aux châtiments. J’avais l’opportunité de devenir réellement quelqu’un sans avoir à entrer dans le moule bien trop étroit de la vision de mes parents. Et j’avais adoré Poudlard. J’avais transformé le château en échiquier géant, jouant des nombreux élèves. J'en avais fait mon territoire. J’avais dévoré les cours, excellant dans ma scolarité. J’avais pu enfin respirer, prenant du plaisir comme je le souhaitais, sans l’ombre de cette épée de Damoclès qui désormais, ne me quittait plus.

Pour combler mes malheurs, j’avais également reçu la contrariété de constater le jeu qui se déroulait entre Demitri et Lux. Une jalousie sans nom s’était immiscée en ma personne, dévorant sauvagement mes entrailles. Le Serpentard avait beau être quelqu’un que je fréquentais depuis mon plus jeune âge, ma sœur était simplement une propriété privée dans mon esprit. Et en aucun cas, le genre de femme qu’on contrôle et modèle à ses souhaits. Néanmoins, j’avais vite dû regretter ce sentiment de jalousie presque innocente qui avait naquit au bal, car la veille, j’avais eu l’immense plaisir d’apprendre que non seulement Demitri était l’homme qui pouvait se permettre de flirter avec Lux au bal, mais également celui qui l’épouserait. La jalousie avait fait place à la fureur, à de réelles envies de meurtre, à une possessivité extrême. Je m’étais montré incapable d’articuler le moindre mot envers ma sœur, lui accorder le moindre regard, sa seule vision devenant acide. De douleur, de frustration, d’ire. Un sentiment acerbe d'injustice, d'impuissance, s'infiltrant sous ma peau, bouillant mon sang. Et pour couronner le tout, puisqu’une bonne nouvelle ne vient jamais seule, j’avais également été fiancé. S’il existait à Poudlard une personne que je supportais moins que Carl Londubat, c’était bien cette femme. Lysandra Rowle.

Les bouteilles de whiskey pur-feu s’étaient ainsi enchaînées sans scrupules, certaines achetées sur le lieu même, d’autres ramenées de Poudlard, les dernières dissimulées, de provenance méconnue. En compagnie de quelques amis, nous avions décidé de tirer profit de cette journée organisée à Pré-au-Lard dignement. La petite fête avait méticuleusement été programmée, aucun de nous désirant se faire punir en premier lieu. Puis, promptement, les célébrations avaient procurer à cette après-midi un caractère assez mouvementée, comme peut très bien le former un groupe d’adolescents qui consomme de l’alcool. Chacun semblait disposer d’un certain motif, respectable ou ridicule. De toute façon, à seize ans, il semblait que l'on trouve toujours une raison de boire et faire la fête. Dans mon cas, je préférais exorciser mes démons dans les différents verres d’alcool, observant d’un air maussade mes camarades de classe semer le trouble ou se distraire de manière plus ou moins déraisonnable, sans néanmoins parvenir à agacer assez le propriétaire des lieux pour être jetés à la porte. Les heures filèrent, les garçons finirent par se diviser pour divergentes raisons, paris ridicule comme trop plein d'alcool, le groupe se réduisant petit à petit. Jusqu’à ce que je partage ma table uniquement avec Sevastian, meilleur ami, cousin du nouvel ennemi Demitri. Le traître, le voleur. Je l’écoutais distraitement déverser un flot de paroles sur un sujet que je parvenais que très difficilement à saisir, mes neurones manifestement anesthésiés. Le point positif triomphant étant tout de même que de cette façon, je parvenais à dénicher une certaine paix. Je n’avais pas à penser à Lux, à Damon, à Demitri, à Lysandra. Mon esprit n’avait qu’à se préoccuper intégralement sur le fait de conserver une apparence plus ou moins normale, pour que Sevastian ne réalise pas à quel point j’étais éméché et que je serais sans nul doute incapable de me lever de cette chaise. Il marmonna quelques paroles, me dévisageant d’un air interrogateur. Je devinai qu’il m’avait demandé quelque chose, et feintai en acquiesçant, incertain. Il m’observa quelques instants, avant de rétorquer : « Ok, je reviens alors. » Sevastian se releva brusquement, m’étourdissant presque au passage. Il sembla réfléchir quelques instants, avant d’annoncer : « Si je suis pas là dans une dizaine de minutes, on se rejoint au château. On sait jamais, si Melinda est furax, ça risque de me retarder. Tu sais comment elle est. » J’acquiesçais à nouveau, entourant mon verre de mes doigts, pour glisser le liquide entre mes lèvres, observant mon meilleur ami quitter la taverne. Je réitérais l’acte sans merci, jusqu’à perdre totale notion du temps et feindre la noirceur qui englobait sournoisement le village sorcier.

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MessageSujet: Re: carl&nox ϟ whiskey lullaby Jeu 19 Mar - 13:27

Whiskey Lullaby


ft. Nox Yaxley

La soirée de Noël avait mis le moral du membre du Conseil plus bas que terre. Comment cela avait-il pu arriver ? Sous ses yeux, en plus de ça ?! Lui qui pensait être un bon auror, un bon observateur… La mort de Samuels avait été la plus grand surprise de cette fin d’année, une tragédie à la hauteur du mage noir dont personne n’osait prononcer le nom. Quel nom ridicule… Carl haïssait cet homme, mais ça allait bien au-delà de lui… Si ce n’était pas lui qui avait mené Dumbledore à sa perte, quel autre sorcier était capable d’un tel… « exploit » ? Car c’était bien le terme le plus approprié… Qui serait assez puissant pour mettre le grand Albus Dumbledore hors d’état… ?

Carl Londubat passa sa main dans sa barbe qu’il avait oublié de couper… depuis quelques matins dorénavant. Elle était si longue à présent qui pouvait passer ses doigts entre les poils, plongeant le bout des ongles dans les méandres d’une barbe drue et sombre. Ce qui n’était sûrement pas plus mal pour ces journées glaciales d’hiver. Une nouvelle journée sinistre dans ces temps difficiles, mais heureusement, elle avait fini par prendre fin. Sauf que Carl ne dormait plus bien ces temps-ci. Déjà depuis qu’il avait monté au grade de Membre du Conseil, mais d’autant plus depuis le Bal de Noël. Il ne le disait à personne, mais il voyait encore en rêve la tête de Samuels dans son paquet cadeau, une tête qui lui hurlait que sa mort était de sa faute, de sa bouche mutilée, son regard creux et menaçant à la fois… Il trembla suite à un frisson particulièrement désagréable au niveau de la nuque, rien qu’en y repensant. Non… il ne voulait pas dormir tout de suite.

Carl arpentait les rues de Pré-Au-Lard, plongées dans l’obscurité de la nuit vite tombée. Il patrouillait, en compagnie de plusieurs collègues du Bureau des aurors. Ce n’était pas son rôle, personne ne lui avait demandé de le faire, mais c’était devenu vital pour lui. C’était aussi son métier, sa première voie professionnelle, peut-être sa préférée. Mais ce n’était pas non plus une question d’amour, d’appréciation, mais plus une histoire de culpabilité. Il avait besoin de se rendre utile… rattraper le cauchemar de Noël.

Pourtant, énormément de proches ne cessaient de lui dire qu’il n’y était pour rien, que personne n’aurait pu y faire quoi que ce soit. Marilyn la première, et sans hésitation, Debra…

Debra… Il n’avait jamais eu autant envi de passer du temps avec elle. Il voulait se réfugier dans ses bras, être protéger dans la chaleur de son étreinte, rassurer par la douceur de son amitié. Bien sûr, il y avait Nathan, mais il n’était pas assez conscient de ce qui se passait autour de lui, pas assez conscient de la guerre qui se préparait dans l’ombre. Il ne comprenait pas… il ne voulait que lui changer les idées, mais ce n’était pas ce que voulait le Carl. Il voulait que deux choses ; coincer ces deux salaud ( Voldy & L’anonyme tueur de Dumbly ) et protéger les élèves de Poudlard.

Les magasins étaient fermés et les deux pubs du village sorcier sur le point de fermer à leur tour. Seuls quelques lumières tamisées traversaient les fenêtres et les vitrines… Nathan avait sûrement déjà quitter son travail de barman depuis longtemps. Il n’y avait que le barman de la Tête de Sanglier qui maintenait son poste, comme si il était vital dans la vie du village, alors qu’il était sur le point de s’endormir.

Ce fut en zieutant vers le pub miteux qu’il se stoppa net. Il imaginait voir un poivrot habituel, mais il ne reconnaissait qu’une silhouette trop fine, trop jeune… Il plissa les yeux et s’approcha de la fenêtre. A l’intérieur, un jeune homme vidait son verre de Whisky Pur-feu, à moitié vautré sur le comptoir. Soucieux, l’ex-Poufsouffle pénétra dans l’établissement, sans pour autant réveiller un pilier de bar endormi sur une des tables, en ronflant bruyamment.

Ce fut à cet instant qu’il le reconnut. Le brun au teint d’ivoire montrait de lourde cernes et son regard était hasardeux, le blanc de ses yeux aux veines révulsées.

- Nox Yaxley ! s’indigna Carl, choqué de le voir ici, surtout après le couvre-feu de la sortie sur Pré-Au-Lard.

Il voulut le redresser, mais l’adolescent se défit violemment.

- Qu’est-ce que vous faites ici, par Merlin !? Vous cherchez définitivement les ennuis !

Ce n’était pas pour rien que Carl disait ça. Entre lui et le Serpentard, ça n’avait jamais été simple. Rien d’étonnant avec le fils de Yaxley, mais Nox avait aussi un malin plaisir à faire tourner l’auror en bourrique. Maintenant, le dilemme était de taille. Punir ou essayer de comprendre la détresse du garçon ? Parce qu’on ne jouait pas les piliers de bar à cet âge sans raisons… Carl souffla, hésitant. Il attrapa sa nuque de ses deux mains et se pencha en arrière, sur le point de prendre une décision qu’il ne voulait pas prendre avec le jeune sorcier. Pourtant, Carl voulait être équitable. Si il avait tendance à valoriser la sœur de celui-ci, il ne pouvait pas en faire autrement avec le garçon. Ça serait injuste et Carl était loin de prôner l’injustice, surtout en tant qu’auror.
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MessageSujet: Re: carl&nox ϟ whiskey lullaby Dim 5 Avr - 5:15

Mes doigts détenaient solidement le verre d’alcool vide. Je ne me souciais désormais guère de ce qui m’environnait, ma vision beaucoup trop trouble et mon organisme bien trop enivré pour risquer se concentrer sur quelque chose d’autre de ne pas tomber à la renverse. Je déposais une main sur mon front, enfonçant mes doigts dans mes cheveux. Promptement, je m’interrogeais sur ce qui m’avait attiré ici, sur ce qui m’avait motivé à boire autant, sur ce qui se déroulait dans mon existence depuis quelques mois. Depuis ma naissance. Puis, une voix tonitruante vint me faire sursauter sans merci : « Nox Yaxley ! » J’avalais la bile qui emplissait ma bouche, réprimant un haut-le-cœur provoqué par le choc de la voix de Londubat. Je me redressais légèrement, puis me défit de la pression que l’homme tentait de faire sur moi. Par quelconque miracle, je parvenais à faire le tout sans catastrophe, et le membre du conseil d’administration se contentait désormais de m’observer, incrédule. « Qu’est-ce que vous faites ici, par Merlin !? Vous cherchez définitivement les ennuis ! » Je détournais le regard, un silence de quelques secondes s’imposant entre nous deux. Puis, un rire amer s’échappa de mes lippes. Un rire que j’eus du mal à taire. Autant il me brûlait les lèvres, autant il semblait me libérer de toute cette pression que j’accumulais. Que je subissais.

« Je n’ai pas besoin de chercher les ennuis. Il y a toujours des ennuis. En fait, le terme même « ennui » est un euphémisme. Vous savez ce qu’est un euphémisme, Londubat ? » Je fixais l’homme. Mon ton sonnait tout aussi enivré que je l’étais. Je soupirais, avant de porter un doigt accusateur sur mon interlocuteur. « Non, parce que vous, vous n’avez pas de problèmes. Vous avez votre vie à vous, votre vie de Londubat. Si vous la foirez, ce que vous êtes de toute évidence en train de faire depuis votre naissance, personne ne viendra vous endoloriser pour ça ! Tout le monde s’en fout, de votre vie et de ce que vous en faîtes ! On s’en bat, des Londubat ! » Je m’étais exclamé, si bien que quelques regards étaient désormais rivés sur nous deux. Je contrôlais à peine mon ton, et mes paroles étaient bien loin d’être réfléchies. « Qui plus est, « définitivement » n'est même pas correct dans votre phrase. Absolument, certainement, réellement, assurément, manifestement, véritablement, immanquablement ! Incontestablement ! Indiscutablement ! Indubitablement ! Que de choix pour formuler votre phrase correctement, mais « définitivement », n'en est pas un. Parce que de toute évidence, il n'y a rien de définitif à ma situation. » Je fronçais les sourcils, ajoutant une couche à mon argumentation : « L'action même de chercher, sémantiquement parlant, n'a pas de fin. Car sa finalité est de trouver ce qu'on cherche, et pour cela, dans nos propos, il nous faudrait changer de verbe. Donc le verbe chercher n'a jamais de fin. On ne peut « définitivement chercher », comme vous le dîtes si mal, dans tous les cas possibles et imaginables. » En réalité, à peine les mots prononcés, je semblais les oublier déjà. Un rire bref me prit. Puis, je me retournais, les coudes sur le comptoir, mon visage enfoui dans les mains. Je m’entendais marmonner : « Qu’est-ce que je fous. »  Tout semblait s’annihiler, depuis cette rentrée. Depuis la mort de Dumbledore. Depuis que Damon était entré au conseil d’administration, et qu’il était présent au collège de sorcellerie, omniprésent dans ma vie. Je perdais pied. Pire, je perdais mes objectifs. Je ne reconnaissais plus mes bénédictions dans cette histoire. Je perdais mes aspirations, mes ambitions, ma loyauté ! L’année dernière encore, je désirais ardemment être le meilleur. Être un Yaxley dominant, qui donnerait encore plus de prestige à sa famille, qui attirerait la fierté de ses géniteurs, qui accumulerait les réussites, le respect, le pouvoir, les exploits. Et maintenant. Et maintenant ?! Je laissais filer un juron, mon visage toujours voilé dans mes paumes. Et maintenant, je partais à la dérive parce que… Parce que je ne valais pas mieux que Londubat ? Parce que j’étais faible ? Parce que la pression était trop forte ? Non. Parce que je savais que contre Damon, je ne pouvais lutter. Parce que Poudlard m’avait offert l’illusion d’un empire pour moi seul, et j’avais adoré cela. J’avais jouis de ce plaisir. J’avais désiré cela pour mon futur. J’étais devenu un individualiste. Je ne prenais plus de plaisir à redorer le blason des Yaxley, je voulais faire de Nox un nom gravé dans les mémoires. Je ne pensais plus qu’à moi et ma réputation, et non celle de ma famille, de mes générations futures comme passées. Et la présence de mon père m’avait ôté ce bijou, cette révélation, ce plaisir. Je redevenais le chien, le fils de secours, l’opprimé, l’elfe de maison, le soldat. Pourquoi ça me gênait tant ? Pourquoi ça me gênait tant alors qu’avant, je m’en complaisais ? Je libérais mon visage, mes poings contre ma bouche, mes dents s’enfonçant légèrement dans ma chair pour contrôler les tremblements qui semblaient vouloir me saisir.  

Je ne pouvais pas fuir. Je ne pouvais pas cracher sur ce que j’avais déjà d’acquis. Sur tout cet héritage que j’obtenais purement parce que j’étais un Yaxley assez digne. Je ne pouvais pas m’éloigner de cette voie-là. Non, c’était mieux que je la suive. Que je revienne au plan initial. Mais quel plan initial ? Qu’avais-je fait durant toutes ces années, réellement ? J’avais suivi les plates-bandes d’Erèbe, tout en sachant pertinemment que je peinerais à être aussi bon que lui. Finalement, aux BUSES, j’avais réussi à l’égaler, et ô quelle surprise avait orné le visage de ma mère. A croire qu’elle m’avait considéré aussi imbécile qu’un épouvantard défraîchi lorsqu’elle avait lu mon relevé de notes. Nox, le fils de secours. Je ne pourrais jamais être aussi bon qu’Erèbe, et même si un jour je parvenais à le dépasser, cela ne risquerait même pas de se faire remarquer, car Erèbe était l’aîné. Il était le prince, futur roi. Il était l’héritier. Le descendant. Erèbe ne voulait pas du cabaret des Yaxley, alors Nox le prendra. Nox prendra ce qu’Erèbe ne souhaite pas, ce qu’Erèbe rejette. Nox prend les restants. Ce roquet bâtard, faiblard, qui survit dans l’ombre. Mais de quoi me plaignais-je ? J’étais un Yaxley, par Merlin ! Le simple fait d’être un Yaxley se doit de me rendre heureux, princier, fier. Je peux tant accomplir.

J’inspire doucement, et tapote le bar de mon verre afin d’en réclamer un autre, oubliant prodigieusement la présence de Londubat. Omettant le fait que le couvre-feu était dépassé. Que je m’enfonçais dans mes travers. Je soupirais, pressais de mes doigts mes paupières, comme pour y voir plus clair. Finalement, je marmonnais, autant pour moi que pour le responsable des élèves. « Je veux plus. Je veux plus. »

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MessageSujet: Re: carl&nox ϟ whiskey lullaby Ven 10 Avr - 15:05

Whiskey Lullaby


ft. Nox Yaxley

Carl était définitivement hésitant dans la manière de réprimander le jeune Yaxley. En le voyant déblatérer avec une aisance qu'on ne connaissait pas d'un ivrogne comme quoi l'auror n'était qu'un ignare, incapable de choisir les bon mots dans les bonnes situations, il avait la terrible envie de lui en foutre une dans sa petite gueule d'angelot du diable, histoire de lui montrer le respect. Sauf que c'était la fatigue et son humeur massacrante qui parlait, pas le véritable Carl Londubat qui savait reconnaître quelqu'un qui souffrait quand il en voyait un.

C'était ce même besoin de jouer les héros qui avait poussé Carl à considérer Lux avec tant d'attention. En ce jour, il allait presque en faire de même pour le frère jumeau. Les bras croisés devant lui, il continua à observer le jeune sorcier ivre en fronçant les sourcils. Carl faisait si vieux avec ces rides entres les sourcils et sur son front, lorsqu'il les mêlait à cette barbe... Il faisait sévère aussi, même si il ne l'était pas réellement. Il n'était pas devenu membre du conseil pour l'être, il l'était devenu pour montrer aux jeunes sorciers ce qu'était la justice, l'équité, et aussi leur permettre d'apprendre tout ça dans un lieu sain, lavé de toute guerre entre le bien et le mal. Cette guerre dans laquelle il était plongée, presque à la limite de la noyade.

Il souffla, mais ça n'avait rien à voir avec le comportement de Nox. Il se décevait surtout. Lui qui portait tout sur ses épaules depuis tant d'années, il se devait de continuer ainsi si il voulait pouvoir toujours se regarder dans sa miroir.

- Je veux plus. Je veux plus. finit par répéter machinalement Nox Yaxley d'une voix faible.

Le barman le prit pour lui, il servit donc l'adolescent sans se soucier sur l'Auror. Carl répondit à ça d'un coup de baguette ce qui fit glisser le verre le long du bar, loin de la portée du Serpentard.

- Bon... C'est terminé, je te ramène à Poudlard. dit-il calmement.

Mais une nouvelle fois, il se fit rejeté, mais cette fois-ci, Nox en perdit presque l'équilibre, se vautrant sur le bar et en peinant pour se rasseoir convenablement sur la chaise.  

- Ecoutez, Mr Yaxley. Je sais que vous ne m'appréciez pas beaucoup et je me doute que votre père n'en est pas étranger, mais heureusement pour vous, ce n'est pas sur lui que vous être tombé, alors estimez vous heureux et laissez moi vous ramener dans votre dortoir en un seul morceau et dans un état pas trop pitoyable. lâcha-t-il, perdant patience.

Il n'arrivait pas à montrer la même tendresse qu'avec la petite Lumière des Yaxley. Lui qui détestait les professeurs comme Slughorn qui avait leurs préférés, était-il comme eux ? Avait-il ses chouchous ? Il pinça ses lèvres à cette réflexion. Non... il avait un mal fou à montrer de la compassion parce qu'il s'était rendu compte qu'il détestait quand on ne le laissait pas tout régler. Il était drogué au courage et à l'héroïsme, quelque soient les niveaux. Quand on ne lui donnait pas ce qu'il voulait, il était irritable, comme n'importe quel drogué...

Il se calma, se rendant compte du ridicule de ses réactions, offrant le bénéfice du doute au garçon.

- Je veux juste vous aidez. Je ne suis pas un ennemis. Votre soeur la bien comprit et elle me fait confiance. Vous pouvez en faire de même. finit-il par dire en posant un main sur l'épaule de Nox.

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MessageSujet: Re: carl&nox ϟ whiskey lullaby Ven 10 Avr - 23:36

Toute retenue s’était évaporée de mon être, asphyxiée par la quantité faramineuse d’alcool que j’avais absorbée depuis quelques heures. Les mots franchissaient mes lèvres, sans dénoter de sensibles réflexions de ma part. Je proclamais uniquement ce que j’estimais des propos de mon interlocuteur, ce que je ressentais, déblatérais mon opinion sans craindre quelconque retombée, ce que je n’avais jamais véritablement expérimenté, auparavant.

J’étais sombrement inconscient des conséquences que pouvaient détenir mes paroles. Carl était un adulte, un collègue de mon paternel. En quelques mots, j’offrais à l’Auror tout le nécessaire à rendre ma vie encore plus infernale, à réveiller une férocité chez mon géniteur à mon égard qui s’était assoupie depuis près d’une décennie, lorsqu’il m’avait assez fait souffert pour que j’apprenne à me taire, à penser comme lui, à le respecter, puis l’admirer. Instaurer un véritable syndrome de Stockholm, quand on y pensait longuement.

Je soupirais mes désirs de davantage, me désolais de ma position, de ma propre existence. Sobre comme ivre, je méprisais Londubat, sobre comme ivre, je ne désirais aucunement finir comme lui et considérais sa vie comme un échec irrécupérable. Sobre comme ivre, je ne lui enviais rien, et cherchais perpétuellement à être quelqu’un comme mon père. Après tout, je devais bien être le digne fils de ce dernier, le sang vainquait. La progéniture de secours, l’âme en rabais, celle qui est condamnée à rester dans l’ombre de son aîné et jouir faussement de ce qu’il ne souhaite pas convenable à ses yeux. Presque un bâtard qui se ramasse la carcasse des proies qui sont offertes généreusement à l'Autre. Et c’était pour ça, que j’abhorrais tant la présence de Damon à Poudlard. Car j’étais parvenu à ériger quelque chose en mon nom, mon propre nom, seul, dans les murs de ce château, et rien que son ombre faisait tout partir en fumée. Jugeait, et condamnait, continuellement, acerbement. Il m’ôtait tout. Il me volait, me dépouillait, crachait sur mes œuvres, mes fiertés. Les ailes que Poudlard et un travail acharné m’avait apporté avaient été brutalement coupées, et j’en souffrais encore. J’en souffrais tant.

« Bon... C'est terminé, je te ramène à Poudlard. » Je repoussais le sorcier, hautain, haineux. Dans mon esprit, Poudlard ne signifiait plus que les vestiges de mes joies, qu’une prison dans laquelle je suffoquais chaque jour. Je ne désirais en aucun cas y retourner, non, dans cet état, je ne pouvais pas y retourner. Je perdais presque l’équilibre en voulant faire comprendre au sorcier que je ne le suivrais pas, et me rattrapais de justesse, sans grâce aucune, sur le bar. Les quelques mages environnant prêtèrent peu attention à mon spectacle, manifestement eux-mêmes tout autant éméchés. « Ecoutez, Mr Yaxley. Je sais que vous ne m'appréciez pas beaucoup et je me doute que votre père n'en est pas étranger, mais heureusement pour vous, ce n'est pas sur lui que vous être tombé, alors estimez-vous heureux et laissez-moi vous ramener dans votre dortoir en un seul morceau et dans un état pas trop pitoyable. » Un rire sans joie fila entre mes lèvres, pour s’arrêter de manière aussi brutale qu’il avait débuté. Soudainement, je paraissais prodigieusement sombre, comme si un détraqueur venait de faire son entrée dans la pièce. Bien sûr, si mon père m’avait découvert dans ce bar, je ne serais sans doute pas en mesure de faire beaucoup de choses. Damon ne jurait que par violence et châtiments. Il ne maîtrisait pas l’art des mots comme Charity. Lui, pour se faire respecter, il lançait des sortilèges de torture, comme si nous étions de cabots incapables de comprendre son langage. Il rompait les os, ne faisait pas dans les blessures d’orgueil. Et il dominait toujours, despote souverain. Il avait toujours été le plus fort. Le serait-il à jamais ? Je plantais mon regard dans celui de l’adulte, avouant : « Je ne veux pas y retourner. »

« Je veux juste vous aider. Je ne suis pas un ennemi. Votre sœur l’a bien compris et elle me fait confiance. Vous pouvez en faire de même. » Il posa sa main sur mon épaule, et je me reculais, refusant tout contact de cette nature. C’était quoi ? De la sympathie ? Compassion ? Pitié ?! Mes traits s’étaient obscurcit davantage, ma mâchoire serrée. « Votre sœur l’a bien compris et elle me fait confiance. » Les mots retentissaient dans sa tête, toxiques, irritants. « Vous avez tort. » prononçais-je froidement, d’une voix étonnement calme, néanmoins. De ces trois petits mots, je reflétais avec une étonnante excellence l’attitude que ma mère empruntait lorsque quelque chose ne lui plaisait pas. Lorsqu’elle voulait détruire quelqu’un, annihiler un sentiment qu’il possédait, et qui l’agaçait. Ou qu’elle enviait. Je haussais les sourcils, élaborant : « Vous êtes un ennemi. Ce que vous avez fait au bal à Lux, est irréparable, vil et cruel. C’était l’enfoncer dans les abysses des fureurs de Damon. » Je souriais, mauvais. « Vous croyiez quoi ? En faisant une scène devant tout le monde, mon père changerait ? Lui pardonnerait ses écarts ? En s’opposant ainsi à lui, vous avez juste encore plus blessé ma sœur, enflammé Damon. En fait, Londubat, vous avez la détestable manie de vous mêler de ce qu’il ne vous regarde absolument pas, et vouloir faire du monde un écho à la petite vision risible et sans dessein que des mœurs bien trop candides et illogiques vous dictent. Ce que vous ne comprenez pas, c’est qu’on ne vient pas du même monde. Ce que vous ne comprenez pas, c’est que vous ne pouvez certainement pas "aider", pour reprendre vos mots, quelqu’un d’un monde opposé, contraire, au vôtre ! » Je me levais, non sans difficultés, tenant solidement le bar afin de garder un équilibre plus ou moins certain. « C'est comme si vous arrachiez un poisson de l'eau et vous attendiez à ce qu'il se porte bien, dans votre maison, en adoptant votre style de vie. Il mourra, Londubat. Il mourra au bout de quelques minutes seulement ! Restez en dehors de la vie de ma sœur. Elle n’a aucunement besoin de vous, bien au contraire. Lux est ouverte d’esprit, elle s’impressionne vite, elle est encore naïve. Peut-être que ça vous attire, une fille pareille. Mais en tout cas, elle n’est pas votre responsabilité, votre acte héroïque du jour, votre future recrue de votre univers demeuré. Foutez-lui la paix, oubliez-la. Elle m’a moi, et je suis tout ce qu’il lui faut. » Je toisais le sorcier, attendant sa réponse. J’étais possessif, jaloux, et surtout, méfiant. Carl n’avait sans aucun doute aucune idée de ce dont Yaxley était capable envers son propre sang. Il n’était pas conscient de son exigence, et de comment il lui faisait honneur. Lux était le mouton noir de la famille, celle qui s’égarait continuellement du droit et digne chemin. J’aurais pu être comme elle, sauf que j’ai appris mieux. J’ai appris à suivre Erèbe, ce frère froid et fils prodigue. Pourtant, si Erèbe n’avait toujours servi qu’une épaule frigide à ses cadets, jamais je ne repousserais Lux ou l’oublierais. Je voulais uniquement son bien, et c’était précisément pour cela que je servais ces propos à mon interlocuteur. Avec un peu de chance, il percuterait. « Si vous voulez sincèrement aider. » concluais-je, insinuais-je. Une véritable porte que j’ouvrais à Carl, ce que je n’avais jamais fait auparavant, ce que je ne faisais certainement pas sans nombreux - trop de - grammes d’alcool dans le sang. A ce moment-même, je lui accordais bien plus de confiance que je n’avais jamais offerte à une autre personne n’étant pas Lux, Valentina ni encore Sevastian.

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- undisclosed desires -
I want to reconcile the violence in your heart, I want to recognize your beauty is not just a mask, I want to exorcise the demons from your past, I want to satisfy the undisclosed desires in your heart.



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