Karma is a bitch (Pv Alexis)
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MessageSujet: Karma is a bitch (Pv Alexis) Sam 18 Avr - 23:13

C'était parfois tellement plus simple de se taire que de mentir. Le silence n'était-il pas déjà une tromperie en soi ? Peut-être, mais Clive n'y accordait guère d'importance. Tout ce qui comptait, c'était le fait de pouvoir siroter son alcool incognito et qu'on le laisse en paix.

Le bruit qui l'entourait l'aidait d'autant plus à se centrer lui-même. Ce brouhaha incompréhensible était presque rassurant, comme une bulle qui le séparait définitivement des autres et le laissait seul avec ses pensées. Ses lunettes perchées sur son nez, ses cheveux roux en bataille et ses vêtements défraîchis, Clive s'attaquait à son premier verre de Whisky Pur-Feu, le regard dans le vide.

Ici, personne ne le connaissait. Du moins, personne ne savait la vérité. A leurs yeux, il n'était qu'un pilier de bar muet, un client habitué, qui faisait sa commande en griffonnant d'une écriture brouillonne sur un carnet. Quelqu'un qu'on regardait à peine. Quelqu'un qui n'intéressait pas. Quelqu'un qu'on oubliait sitôt qu'on l'avait vu. Et cela lui convenait parfaitement.

Ses pensées le ramenaient inévitablement quelques jours en arrière, alors que sa douce tranquillité avait été perturbée par l'arrivée impromptue dans son appartement et, par la même occasion, dans sa vie d'une certaine Alexis MacFusty.

Avec une aisance ostentatoire, elle était entrée chez lui, s'était installée et l'avait observé se vautrer dans le misérabilisme, pétrifié par la présence de cette intruse chez lui, au pied du mur, incapable de se ressaisir. Elle l'avait regardé, jugé, méprisé. Puis elle était partie en le laissant seul avec ses tourments.

Sitôt partie, il avait nettoyé l'appartement de fond en comble, à la javel, s'acharnant désespérément sur chaque latte qu'elle avait foulé de ses pieds, chaque objet touché, tentant de faire disparaître son souvenir aussi facilement qu'il pouvait dissiper la saleté. C'était un échec, bien sûr.

Alexis MacFusty hantait ses murs et ses souvenirs. Il fermait la porte de son appartement à double tour et la bloquait à l'aide de murs, faisant de même avec ses fenêtres, vivant dans l'obscurité complète par peur de la croiser à nouveau. Par peur qu'elle ne le dépossède un peu plus du refuge qui était le sien...

Il était resté accroché à son téléphone, murmurant mille mots d'amour et mille suppliques à Brianna, cherchant du soutien auprès de l'hallucination qui lui servait d'épouse pour n'obtenir que des moqueries. Il était faible... Et il pouvait presque entendre la voix d'Alexis se mêler à celle de sa femme. Faible. Faible.

Songeur, il posa son regard sur sa main qui avait pâti de la désartibulation. Il avait finalement été obligé d'aller à Sainte-Mangouste, la douleur et le sang perdu devenant insupportables, et les médicomages l'avaient rafistolé tant bien que mal. Ils avaient assuré qu'elle retrouverait sa forme normale sous peu, mais, pour l'instant, elle demeurait violacée, couverte de cicatrices, définitivement désagréable à regarder.

Pourtant, il se forçait à écrire, à user de cette main qui le faisait souffrir, malgré les recommandations des médicomages. Parce qu'il avait besoin de sortir de sa tête tous ses mots de colère ? Parce qu'il ressentait la nécessité de se punir plus encore ? Clive l'ignorait...

L'Odieux Chroniqueur avait sorti un nouvel article. Que pouvait-il faire d'autre ? Il n'était bon qu'à cela, désormais. Et il ressentait toujours un certain soulagement, bref, mais intense, après avoir déversé sa haine sur qui que ce soit. Cette fois, il était resté classique, le gouvernement avait tout pris. Rien de très politique, rien de constructif. Juste... de la haine. Et les gens aimaient cela.

Il ne se rappelait que trop bien des menaces d'Alexis à ce sujet et c'était pour cela qu'il ne s'était pas attaqué à Poudlard, même si cela l'avait démangé. Il ne gardait pas un souvenir agréable de l'école. Non, tout ce qu'il y avait retenu de bien, c'était d'avoir rencontré Brianna... Et, maintenant, Brianna n'était plus... Poudlard n'était plus que mauvais souvenirs... Etablissement honni... Où son bégaiement lui avait valu nombre de brimades...

Clive soupira et s'efforça de chasser ces pensées de son esprit. Quelques boissons en plus et il n'y songerait plus...

Clive terminait son verre lorsque son regard se posa sur la porte d'entrée. Et il faillit s'étouffer en remarquant l'identité de la personne qui venait d'apparaître. MacFusty...

Vite, Clive rabattit sur son crâne la capuche de son sweat usé et taché. L'avait-elle vu ? Il ferait probablement mieux de partir... Pendant qu'il était encore temps...
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MessageSujet: Re: Karma is a bitch (Pv Alexis) Dim 19 Avr - 16:34







Karma is a bitch
Clive & Alexis


Ombre noire dans les rues londonienne je marche avec souplesse, glissant sur le pavé sec. Mars étire ses premiers jours et la demi-chaleur du crépuscule laisse présager le retour du printemps. La renaissance du monde a toujours été quelque chose de magique qui attire mes envies et ma curiosité. Même après ces années sombres, j’attends le retour de la chaleur avec une certaine impatience. Comme si, vidée de mon énergie vitale, les beaux jours ont le pouvoir de relancer le peu de vie qui reste au plus profond de mes entrailles, cachée dans les replis de mes blessures béantes. Mon sac de cuir à présent rempli d’ingrédients en tout genre je profite des dernières lueurs du soleil avant de retourner dans l’ombre du château. Depuis l’annonce de la grève des professeurs à Poudlard je suis devenue la cible numéro une des foudres de Rabastan Lestrange et il ne rate pas une occasion de venir me chercher dans mon bureau, où dans tout autre endroit de l’école, pour me faire part de sa déception et de son mépris à mon égard. L’avantage principal des derniers événements reste sa nouvelle franchisse non dissimulée. Le chacal ne prend plus la peine de peindre son visage d’un sourire malvenu et d’entourer ses remontrances de formules éthiques. Si ce relâchement de sa part m’arrachait des sourires narquois intérieurs, il avait également le don de me mettre encore plus en rage contre sa personne et à m’obstiner dans l’idée générale qui avait entraîné cette grève complète pour une durée non définie. Il était hors de question que nous continuions à enseigner aux élèves dans de telles conditions. A-t-on jamais vu un directeur d’une école torturer d’autres personnes pour obtenir des résultats ? Son comportement était irresponsable et ses allégeances trop douteuses pour qu’on puisse permettre une telle chose. Heureusement pour nous, sa nomination au Conseil d’Administration n’avait rien de démocratique et je misais tout sur la popularité que la pétition de Debra commençait à prendre et sur le bon sens des parents d’élèves dont la majorité était encore acquise à notre cause. Mais cela ne saurait durer. Les langues du mal et de la peur commençaient à lécher les fondements de la société magique, les récentes descentes de Mangemorts dans des hôtels sorciers ne faisaient qu’attiser le sentiment d’angoisse qui commençait à se répandre comme la dragoncelle dans les ménages. L’attaque si « facile » de Poudlard par les Sombrals bien sûr n’avait rien arrangé. Pour montrer les failles de l’Ordre du Phénix, ils les avaient montrés. Nous avions même reçu plusieurs hiboux de parents d’élèves inquiets quant à la sécurité de leurs enfants. C’était compréhensible. A la prochaine attaque de la sorte entre les murs de Poudlard, il ne ferait aucun doute que certains élèves ne seraient pas autorisés à reprendre le Poudlard Express au retour des vacances.

Les derniers rayons du soleil disparurent derrière les toits des immeubles de brique et je repris ma marche sans but précis, repoussant un peu mon retour à Poudlard. Presque machinalement, mes pas me menèrent devant la vitrine embuée du Chaudron Baveur qui faisait office de passage entre le Londres magique et le Londres moldu. Prise d’une soudaine envie de m’installer prendre un verre, je pousse le lourd battant de la porte du bar. Après tout, cela fait plusieurs jours que je bataille entre les parchemins du ministère qui me pleuvent dessus sans arrêt. Les hiboux grand-duc défilent dans mon bureau comme dans une véritable volière et Isaac lui-même se sent dépassé par tous ces nouveaux arrivants. Il n’est pas rare qu’il soit obligé de distribuer des coups de becs à droite à gauche pour affirmer son autorité dans les lieux. Un hibou fier et territorial, un ami parfait, surtout en période de crise. En tant qu’initiatrice du mouvement de grève, il est normal que je sois l’interlocutrice en titre. Même si ce rôle ne m’enchante guère au vu de mon peu d’intérêt pour les formules de politesse qui sont d’usage. Me mettre au-devant de la scène fait pas non plus partie de mes habitudes et tout ce remue-ménage suffis à me donner envie de m’arrêter prendre un petit verre ce soir avant de retourner dans l’arène de combat.

L’odeur de l’alcool et du bois mouillé s’empare de mes narines avec vivacité. Les odeurs simples de la vie ont toujours eu le pouvoir de m’apporter un certain réconfort. C’est pourquoi dans les moments les plus sombres de ma vie, ceux où je me laissais dériver comme une barque sans attache, ballotée entre les différents courants des océans qui ravageaient mon âme, je finissais toujours par échouer dans des bars rustiques aux tables et comptoirs de bois, sur lesquels coulent encore quelques gouttes d’alcool frais. Un de ces bars m’a recueillie peu de temps avant mon passage à l’acte, une ombre aux courbes cruelles et aux idées terribles, percée de sang et de remords. Quand je regarde aujourd’hui certains visages accoudés au comptoir, je ne peux m’empêcher d’y voir ma propre ombre s’y glisser, sournoisement. Tristesse et compréhension se mêlent alors à mes pas, comme aujourd’hui. « B’soir Mlle MacFusty ! Ca faisait longtemps qu’on vous avait pas vu ici. L’école vous retient plus qu’avant si je ne m’abuse. » Mon regard sombre et dansant se pose sur le patron dont le visage me regarde avec une certaine sympathie. « Bonsoir Tom, en effet c’est quelque peu…mouvementé ces derniers temps. » Il me répond par un simple hochement de tête entendu avant de se tourner vers sa réserve de bouteilles « Je vous sert quoi ? Un whisky de chez monsieur votre Oncle MacFusty ? » Mes doigts glissent lentement sur le comptoir alors que mes prunelles scintillent doucement, marque subtile d’hésitation. « Ce sera une simple bièreaubeurre ce soir Tom merci » Un ton neutre mais qui n’appelle aucune question. M’épancher sur mes raisons personnelles de prendre telle ou telle boisson chez lui ne fait pas partie de mes habitudes, il le sait. Il respecte cela et se contente d’aller chercher une chope propre. En attendant mon verre je me retourne vers l’assemblée installée dans le petit bar lorsque mon œil est attiré par une silhouette repliée sur elle-même, capuche rabattue sur les oreilles. « C’est un étrange personnage que celui-là Mlle MacFusty. Pas un mot ne sort de sa bouche, il commande tout par écrit, un vrai perturbé si vous voulez mon avis » La voix de Tom s’est faite chuchotement alors qu’il pose la chope sur le comptoir. « Merci Tom, ce sera tout » lui répondis-je doucement avant de faire claquer les gallions devant lui. Un coude posé sur la surface de bois, je regarde avec une certains insistance cette personne intrigante sans trop savoir pourquoi. Peut-être bien que quelque chose dans son attitude immobile me rappelle quelqu’un. Mes souvenirs s’enchaînent, essayant tant bien que mal se faire correspondre des fils distendus. Soudain mon regard se pose sur une main violacée, qui a visiblement subit quelques préjudices. Comme un éclair d’illumination le lien se fait dans mon esprit. Poussée par je ne sais quelle idée je me saisis de mon verre entre mes doigts acérés et prend place en face de lui sous le regard intrigué de Tom. « Monsieur le chroniqueur énervé, je ne pensais pas que vous étiez capable de sortir de chez vous. » Est-ce la curiosité qui me pousse à venir lui parler ainsi ? Le dérangeant une fois de plus dans sa bulle personnelle et privée ? Ou bien est-ce autre chose ? Cette même pitié sans doute, venue des tréfonds de mon âme et qui me fait percevoir cette fameuse ombre de moi-même sur ses traits fatigués.  


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MessageSujet: Re: Karma is a bitch (Pv Alexis) Lun 27 Avr - 0:13

Les doigts de Clive s'étaient crispés autour de son verre au point que cela en devenait douloureux. La voix de l'Intruse parvenait à ses oreilles et lui tirait des frissons d'horreur, le ramenant à cet instant précis où elle avait pénétré son domicile et lui avait retiré son refuge, lui enlevant tout ce qui faisait de cet endroit un lieu où il pouvait se sentir en sécurité. Préservé du monde. Retiré. Elle était venue et elle avait tout chamboulé. Elle avait fait de son appartement le sien, avec une facilité terrifiante.

Et Alexis MacFusty était de retour. Coïncidence ? Une arrivée préméditée ? Le faisait-elle suivre ? Qu'attendait-elle de lui ? Essayait-elle de le repousser jusqu'à ses derniers retranchements ? De lui faire perdre la tête ? Quoi qu'il puisse arriver, il ne céderait pas à ses manigances. Jamais. Il savait jusqu'où elle voulait le mener. Mais il n'emprunterait pas ce chemin-là. Il ne se laisserait pas consumer par le désespoir, par la peur.

Il continuait à vivre, comme il l'avait promis. Il était seul, aigri, haineux, mais il était vivant. Il n'avait pas cédé aux douces sirènes de la mort, il avait respecté son serment envers Brianna, quoi que cela puisse le lui coûter. Et maintenant, cette... cette Intruse voulait le forcer à se dédire ? Le coincer contre un mur et le pousser jusqu'aux pires extrémités ?

Clive le sentait. Peu à peu, Alexis MacFusty allait envahir tous ses espaces de vie. L'étouffer dans sa propre existence. L'amener à envisager le pire pour lui échapper. Mais il ne se laisserait pas avoir, non... Il allait tenir le coup et lui prouver qu'il était plus fort qu'il ne le pensait...

Du moins, c'était ce dont le chroniqueur tentait désespérément de se persuader, car la vérité était toute autre. Cette once de courage qu'il était parvenu à trouver en lui s'était évanouie à l'instant même où Alexis s'était assise en face de lui. Un sursaut l'avait secoué et il avait reculé sa chaise dans un grincement sonore, sans pour autant être capable de se lever et de prendre la fuite.

Paralysé, il n'osa pas lever les yeux vers la jeune femme, se dissimulant sous sa capuche, comme si cette maigre protection allait suffire pour le préserver des foudres de celle qu'il avait autrefois calomnié. Difficilement, il retrouva un semblant de mouvement et s'efforça de regagner un peu de ce qu'il lui restait de dignité, rapprochant sa chaise de la table. Ses doigts s'égarèrent sur le bois, suivant les sillons creusés par le temps et l'usure, ses yeux suivant cette activité comme s'il s'agissait du spectacle le plus intéressant au monde.

Il était décidé à l'ignorer, quitte à se laisser emporter par ses propres pensées et à perdre le contrôle de lui-même dans un lieu qui n'était pas "sûr", mais Alexis ne lui laissa pas ce choix. A voix haute, elle dévoila une partie de son identité, ce qui lui tira une grimace et le sortit de sa passionnante activité, l'obligeant à lui accorder de l'attention et à rester les pieds sur terre. Posant un doigt sur ses propres lèvres, il écrivit ensuite avec frénésie quelques mots sur son carnet, le tendant à la jeune femme :

Criez-le plus fort, tant que vous y êtes. Je pense qu'on ne vous pas bien entendue, en Ecosse !

Il ne desserrerait pas les lèvres, c'était décidé. On le connaissait comme un "muet étrange" ici et il était hors de question qu'il en soit autrement. De toute manière, il était bien plus à l'aise avec ce mode de communication. A l'écrit, il ne butait pas sur les mots, il pouvait s'exprimer exactement comme il le souhaitait, sans aucun obstacle, sans subir le jugement consterné des autres.

Sentant que la confrontation risquait d'être longue et musclée, Clive finit son verre d'une traite, laissant l'alcool couler le long de sa gorge rodée, avant de reprendre son stylo pour communiquer.

Clive n'aimait décidément pas les plumes. Il ne s'y était jamais vraiment fait. Pourquoi s'entêter à écrire avec des horreurs pareilles quand les moldus pouvaient produire bien plus efficace ? Et c'était tellement plus propre et rapide...

Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous avez décidé d'envahir chaque centimètre carré de mon existence ? Si vous croyez que ça va m'affecter, vous vous trompez...

C'était un mensonge, un pur mensonge. Bien sûr que cela le touchait. Bien sûr que cela le perturbait. En profondeur. Clive avait l'impression de n'être en sécurité nulle part et il avait désormais la certitude qu'elle pouvait apparaître dans sa vie à n'importe quel moment, le manipuler comme une faible petite marionnette, faire de lui tout ce qu'elle désirait... Et cela le terrifiait.

Il ne voulait pas de cet élément perturbateur dans son existence. Il voulait rester seul avec sa haine, ses regrets, son alcool, son univers aussi rangé que son corps pouvait être sale et délaissé. Face à elle, Clive était perdu. Elle le confrontait, le menaçait et, plus que tout, le mettait en face d'une vérité qu'il fuyait depuis toutes ces années : sa propre faiblesse.

Toujours par écrit, il commanda un nouveau verre de Whisky Pur-Feu, pris d'une nouvelle résolution, une idée qui lui permettrait de fuir toute discussion : il allait se noyer dans l'alcool. Boire tant et si bien qu'il serait incapable de raisonner et, peut-être, finirait par s'égarer dans un coma salvateur. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire contre ça, cette Intruse, cette garce, hein ?

Et, pour votre information, je suis l'Odieux Chroniqueur et pas le chroniqueur énervé. Etes-vous si ignorante qu'il vous est impossible de retenir un simple pseudonyme ? Pas étonnant que Poudlard plonge peu à peu dans la décadence, avec des enseignants dans votre genre...

L'écrit libérait sa parole et, plus encore, sa haine. Si bien que Clive ne contrôlait plus ses dires et faisait preuve d'une audace qui ne lui ressemblait guère, oubliant qu'il n'était plus protégé par la douceur de l'anonymat et que la personne dont il médisait était là, juste devant lui...

N'ayant guère conscience des risques qu'il prenait, Clive était retourné à sa contemplation de sillons de bois, les suivant distraitement du doigt comme pourrait le faire un enfant.
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MessageSujet: Re: Karma is a bitch (Pv Alexis) Lun 27 Avr - 23:16







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Le crissement de la chaise contre le sol m’arracha une courte grimace désapprobatrice alors que quelques têtes se tournent vers nous. Visiblement peu heureux de croiser à nouveau ma route, l’homme a un mouvement de recul tout en essayant de garder sa capuche bien enfoncée sur ses yeux tel un animal aux abois. Il semblait parfaitement paralysé, incapable de réagir au nouvel affront que je lui faisais. Une nouvelle fois je pénétrais sans vergogne dans son intimité retranchée. J’en ai bien conscience, derrière mes iris sombres je devine son dégoût et ses reproches. Je les comprends. Cela fait longtemps que j’aurais remis à sa place une personne se permettant de telles libertés avec moi. Mais voilà, Clive est proprement incapable de prendre un tel courage et d’aller à de telles extrémités. Peut-être espère-t-il encore que je vais juste finir par m’en aller, continuer ma route, solitaire, et l’effacer de ma mémoire. Pourtant il n’en sera rien. Sans que je parvienne à déterminer exactement d’où vient cet étrange besoin de m’approcher de lui, de le pousser dans ses retranchement, je ne peux nier que son comportement a quelque chose de risible et d’attachant à la fois. A l’observer ainsi, il me rappelle un boursoufflet qu’un de mes cousins avait eu pour son anniversaire, enfant. La pauvre bête s’était aventurée un peu trop loin dans le jardin, se faufilant au-delà des limites du terrain jusqu’à poser ses longs poils rosâtres trop près d’une grotte d’un Hébride. Une pierre n’aurait pas fait plus de mouvement que lui à cet instant. Tout comme Clive devant moi, immobile dans une stupéfaction maladive.
Lentement, la vie repris son court dans ses muscles, irriguant son cerveau, et il rapprocha à nouveau sa chaise, sous les regards curieux de quelques badauds accoudés à leurs tables. D’un geste vif je tournais la tête vers le plus proche d’entre eux, vrillant mes iris de jais dans son regard avide de potins. Un simple avertissement oculaire, une mise en garde, un ordre silencieux et impétueux. Etre le centre de l’attention n’a jamais été une véritable passion. Bête sauvage qui défie de son regard fauve ses chasseurs. « Approches si tu l’oses » Un défi, un ordre, une injonction, terrible et sans appel sur lequel ses yeux glissent, presque honteux. Ici on me connait, on sait mes habitudes et mon caractère, il ne faut pas plus longtemps à ces curieux pour retourner à leurs occupations, forçant leurs cœurs à taire les sentiments qui tirent leurs regards par-dessus leurs épaules.

Un doigt sur ses lèvres il semble vouloir m’indiquer quelque chose et rapidement, comme une tempête marine, les paroles de Tom surgissent à nouveau dans mes oreilles. « C’est un étrange personnage que celui-là Mlle MacFusty. Pas un mot ne sort de sa bouche, il commande tout par écrit, un vrai perturbé si vous voulez mon avis ». Mon doigt glisse le long du verre parsemé de fines gouttelettes, crissant légèrement. Simple signe de cette surprise qui caresse mes pensées. Le monsieur se ferait donc passer pour un muet ici. Son identité est donc préservée de la fausse aux lions en ce lieu entre deux mondes. Les coins de mes lèvres se relèvent légèrement, esquissant un demi-sourire. Il n’est pas complètement perdu finalement.  D’un geste presque frénétique il s’empare d’un stylo moldu et griffonne quelques mots sur un vieux calepin tâché avant de le glisser vers moi. Criez-le plus fort, tant que vous y êtes. Je pense qu'on ne vous pas bien entendue, en Ecosse !  Mes yeux se relèvent lentement vers l’écrivain alors qu’une étrange lueur danse avec une certaine lenteur dans mes iris. Pourtant il ne me regarde pas, ses yeux fuyant toujours les miens. D’un geste sûr il enserre son verre avant de le finir d’une traite dans une expression déterminée. Que peut-il bien se passer derrière l’océan trouble de ses yeux ? D’un geste lent en comparaison aux soudains mouvements de mon interlocuteur, je resserre ma prise sur le verre froid de ma bièreaubeurre. Le verre atteint mes lèvres et le liquide coule avec un certain délice dans ma gorge. Ce n’est pourtant pas grande chose, mais ce breuvage, bien que simple, a le mérite de déverser un peu de douceur dans le corps de son buveur. Et si je revenais au château en sentant le whisky il ne fait aucun doute que Lestrange me tomberait dessus tel un chacal assoiffé de chaire. Reprenant le calepin, sa main recommença à courir sur le papier, couvrant ses lignes d’une écriture noire et penchées. Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous avez décidé d'envahir chaque centimètre carré de mon existence ? Si vous croyez que ça va m'affecter, vous vous trompez... Mon verre se posa assez lourdement sur la table de bois lorsque mes yeux se posèrent sur les lettres. L’homme est donc plus à l’aise par écrit qu’à l’oral. Forcément. Cela ne m’étonne pas tant que ça au final. C’était même, prévisible. Son léger bégaiement n’a jamais dû lui être facile à gérer, associé à sa peur constante des autres…Un obstacle de plus pour un homme aux nerfs fragiles. Pourtant malgré les mots clairs, sans ombre et sans couleur, je ne parvenais à croire en la totale véracité de ses dires. Même par écrit, le pauvre bougre, ne sait pas mentir. Mes yeux luisant scrutent à nouveau son visage fatigué à la recherche de réponses. Sans mot dire je l’observe commander un nouveau verre de whisky alors que Tom me jette un regard oblique, cherchant lui aussi des réponses dans mon visage de marbre.

Son nouveau verre planté dans mes mains Brody s’empare à nouveau de son stylo avant de me tendre le calepin sans même prendre le temps de me décrocher un regard. Et, pour votre information, je suis l'Odieux Chroniqueur et pas le chroniqueur énervé. Etes-vous si ignorante qu'il vous est impossible de retenir un simple pseudonyme ? Pas étonnant que Poudlard plonge peu à peu dans la décadence, avec des enseignants dans votre genre... Un rire éclate, franc et plus joyeux qu’il ne l’a été depuis des années. Ce rire fort et communicatif dont les élèves de Pousouffle connaissaient l’intonation par cœur à force de l’entendre résonner dans la salle commune. Certes, il n’a pas la même puissance qu’avant, ni le même pouvoir influençable. Mais il est tout de même là, légèrement chevrotant, d’une fraîche douceur. J’en suis la première étonnée, au même titre que tous les autres comparses du bar qui n’avaient rien entendu de tel venant de ma personne depuis autant d’années que moi. A nouveau, je sens les regards curieux se poser sur notre table, et à nouveau, je les chasse d’un regard. Car aussi rapide qu’il est venu, aussi rapide il s’en est retourné s’enterrer au plus profond de mes entrailles. « Vous avez le mérite de m’avoir fait rire monsieur B., ces dernières années personne d’autre ne peut s’en vanter. »  Ma voix est devenue murmure. Filet d’un souffle destiné à n’atteindre que ses oreilles. « Vous vous nommez odieux, mais de mon point de vu vous n’êtes qu’un énervé contre lui-même qui passe ses nerfs sur le premier venu à défaut de pouvoir faire autrement » d’un geste souple je porte une nouvelle fois ma choppe à mes lèvres fermant les yeux une demi-seconde le temps d’en savourer le parfum. « De mon point de vue oui. Sachez cependant pour votre gouverne que votre tribune ne fait pas partie de mes lectures quotidiennes. Vous comprendrez donc que je n’ai pas pris la peine de retenir ce vulgaire surnom qui vous va si mal. » D’un geste calme je passe un doigt pour essuyer mes lèvres du mince filet de mousse qui les habillent. « De vous à moi, je suis surement la plus odieuse de nous deux en ce moment. Je ne suis pas venue là pour vous poursuivre, croyez-le ou non. Le simple hasard. Je n’ai pas pu m’empêcher de venir saluer un vieil ami. » Mes yeux le fixent avec intensité, cherchant à provoquer une réaction chez lui, quelle qu’elle soit.  


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MessageSujet: Re: Karma is a bitch (Pv Alexis) Sam 2 Mai - 11:48


Clive s'était attendu à mille réactions de la part d'Alexis MacFusty. Il pensait être insulté, lynché sur place, humilié, battu, torturé... Mais il n'avait certainement pas imaginé que ses mots rapidement griffonnés, emplis d'une haine injustifiée, la feraient... rire. Elle avait ri et, visiblement, ça devait être un événement, puisque la population du bar tourna la tête vers eux, affichant un visage interloqué. Mal à l'aise, Clive tira un peu plus sur sa capuche pour dissimuler ses traits, détestant attirer l'attention.

Les mots de la jeune femme le poussèrent presque à commettre une gaffe. Il allait ouvrir la bouche pour lui répondre, sans vraiment savoir ce qu'il allait lui dire, lorsqu'il réalisa au dernier moment qu'il était supposé jouer les muets. Il referma ses lèvres, les joues légèrement rougies, baissant la tête pour dissimuler son embarras. La jeune femme avait le don de le faire sortir de ses gonds. Non seulement elle le terrifiait, mais elle lui faisait perdre toute prudence, toute raison. C'était très mauvais signe...

Il n'osa même pas lui écrire un nouveau message, craignant de perdre le contrôle de ses émotions et d'être soumis à un résultat beaucoup moins bénin qu'un simple éclat de rire de la part de Miss MacFusty. Il la laissa donc diriger la conversation, s'efforçant de regagner son calme et de faire abstraction des quelques regards qui, de temps à autre, se posaient sur eux.

Triturant nerveusement ses cheveux, il haussa un sourcil devant la description que la jeune femme faisait de lui. Un énervé qui passe ses nerfs sur le premier venu ? Il n'était pas tout à fait cela... Certes, il se défoulait très largement grâce à sa plume sur des personnes qu'il ne côtoyait même pas, mais il ne s'attaquait pas non plus à des innocents, à des êtres choisis purement par hasard. Chacun d'entre eux avait une faiblesse, avait commis une erreur susceptible d'attirer son attention... Etait-ce de sa faute s'ils n'étaient pas irréprochables ? Il ne faisait que souligner le pire qui existait chez tout un chacun...

Clive prit une nouvelle gorgée, la teneur de la conversation le rendant de plus en plus nerveux. Elle attaquait sans vergogne, défaisant chacune des pièces de l'armure que constituait pour lui l'identité de "L'Odieux Chroniqueur". Mais elle ne l'atteint jamais aussi profondément qu'au moment précis où elle parla de lui comme d'un "vieil ami".

Ce fut à cet instant précis qu'il releva les yeux vers elle, la fixant à travers ses verres de lunettes d'un regard aussi décontenancé que bouleversé. Un regard où l'on pouvait également deviner une forme de colère, un soupçon de tristesse...

"Ami"... Personne ne l'avait désigné comme cela depuis des années. "Ami"... C'était ainsi que Brianna parlait de lui avant que leur relation n'évolue vers quelque chose de bien plus fort, de bien plus intense. "Ami"... Ami, ce n'était pas lui. Ami, cela ne lui ressemblait pas. Les amis,  ça n'avait qu'une sombre et cruelle utilité : vous faire regretter leur absence dès lors qu'ils disparaissaient.

Clive se recroquevilla sur sa chaise, glissant à ses lèvres les doigts de sa main qui n'était pas abîmée. Il rongea ses ongles, ses yeux fixant Alexis d'un regard lointain, brumeux...

Puis, quelques secondes plus tard, il se saisit à nouveau de son carnet et griffonna à la hâte ces quelques mots, qu'il jeta à la jeune femme comme s'il avait souhaité les crier :

Je n'ai pas d'amis.

Il hésita un instant, son regard fuyant pour éviter de percevoir de la pitié ou du mépris dans les yeux d'Alexis, avant d'ajouter sur un autre bout de papier d'une écriture frénétique :

Je n'ai pas besoin d'amis. Ils vous ralentissent, vous affaiblissent, vous vampirisent. Je n'ai pas d'amis parce que je ne le souhaite pas. Alors, laissez tomber le coup du "vieil ami", ça ne marche pas.

Mensonge ou vérité ? Peut-être un peu des deux... Bien sûr, Clive s'était volontairement éloigné des autres, dressant une barrière de méchanceté et de haine entre le reste du monde et lui-même. De cette manière, il ne risquait plus de perdre qui que ce soit. Son coeur, déjà morcelé, ne pourrait pas se briser plus encore.

Mais il avait aussi rêvé d'être aimé, autrefois. D'être apprécié, écouté, respecté. Il savourait les moments passés avec Brianna, ces instants où ses albums jeunesse avaient eu leur succès et où les enfants le regardaient avec des grands yeux pleins d'affection. Ce temps où il avait l'impression de compter pour quelqu'un, malgré ses faiblesses et ses défauts...

Ce temps était désormais révolu. Brianna était morte et, avec elle, ce qu'il y avait de plus humain en lui s'était effondré. Il ne se laisserait pas à nouveau avoir par la vie. Aimer encore ? A quoi bon ? Pour perdre une nouvelle fois la personne qui lui était chère ? Pour que la folie et le désespoir le rongent pour de bon ? Pourquoi ?

Clive soupira. Il cessa de se ronger les ongles et, du bout de ses doigts, suivit les sillons formés par l'usure du bois de la table à laquelle il s'était installé. Le regard plongé dans cet exercice étrangement hypnotique, il se laissa aller à murmurer d'une voix à peine audible :

"P-Pourquoi restez-vous ici à me p-parler ? V-Vous avez sûrement mieux à faire..."

Il n'avait même pas réalisé qu'il avait brisé sa règle d'or, l'esprit occupé par ce petit rituel qui tendait à le rassurer. Il suivait les sillons, ses doigts s'y égarant, s'y retrouvant, comme au coeur d'un labyrinthe inextricable.
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MessageSujet: Re: Karma is a bitch (Pv Alexis) Jeu 7 Mai - 0:06







Karma is a bitch
Clive & Alexis


Au fond on ne sait jamais pourquoi on finit par s’attacher à quelqu’un. Un regard ? Une pensée, un souvenir peut-être. Mais la réalité est là, si présente que je peux presque que la toucher du doigt. Ce Clive Brody a quelque chose d’attachant, un souvenir qui parle à mon âme et réveille un semblant de sentiments dans mes entrailles dévastées. Ses soudaines pulsions qui lui font ouvrir la bouche pour me répondre avant de se raviser dans un regard presque apeuré face à sa propre négligence me déchirent presque le cœur. Est-ce que Carl ressent ce genre de sentiments lorsqu’il croise une personne dans le besoin ? Je ne saurais le dire, mais mon esprit brisé s’accroche à l’envie de venir en aide à cet homme effondré. Je voudrais pouvoir lui montrer que la vie continue et qu’il faut accepter le lourd poids du supplice laissé par l’être perdu. Mais a-t-il vraiment perdu une personne chère à ses yeux ? Je ne sais rien de sa vie, de son histoire, de son passé, de ses épreuves. Sans doute que je transpose sur lui-même propres douleurs. Car il me semble reconnaître dans ses yeux brumeux les mêmes sentiments qui grondent dans les cavités béantes de mes blessures internes. Sa réaction violente lorsque j’ose l’appeler « vieil ami » pour le titiller dépasse mes espérances et sa réponse jetée sur un coin de son carnet qu’il me jette presque au visage est comme un cri silencieux. Je n'ai pas d'amis. Mon regard s’assombrit légèrement face à cette réaction excessivement dure et empressée. Le venin de mes crochets est venu réveiller en lui une colère sombre emplie d’une tristesse aussi profonde que l’abysse qui se devine derrière ce mot. Encore une fois, mes mots ont touché juste, flèches pointues qui frappent à l’aveugle pour tomber sur des blessures ouvertes. Ses yeux rencontrent les miens quelques secondes avant de disparaître à nouveau sous la capuche de son vêtement, fuyant l’éclat de mes iris. Mêlés de pitié et de désapprobation mes yeux le fixent avec une persistance incroyable à laquelle je ne prête pas vraiment attention. Je n'ai pas besoin d'amis. Ils vous ralentissent, vous affaiblissent, vous vampirisent. Je n'ai pas d'amis parce que je ne le souhaite pas. Alors, laissez tomber le coup du "vieil ami", ça ne marche pas. Le carnet glisse à nouveau vers moi, heurtant la chope de bièreaubeurre que je tiens entre mes doigts, savourant la fraîcheur du verre humide contre la paume de ma main. Son jugement est dur et erroné, mes iris s’assombrissent encore un peu plus alors que mon front se plisse légèrement sous la contrariété. L’amitié est une chose précieuse et il convient d’en prendre soin. Le visage de Marilyn s’impose à mon esprit et les remords me submergent à nouveau en souvenir de mes actes condamnables à son encontre. Cependant jamais je ne me permettrais de juger l’amitié comme un vampire. Ces créatures sont asservies par des pulsions animales plus sombres et macabres qu’une personne qui tient à vous ne pourrait le faire. Ceci-dit cette solitude dans laquelle se réfugie le sorcier explique beaucoup de chose. Un léger soupire s’échappe de ma poitrine de fauve alors que mes yeux s’embrument légèrement, perdus dans le souvenir des moments heureux de ma vie, ceux de l’insouciance, où, entourées d’amis à Poudlard, la vie était pleine de sève et coulait dans mon corps avec impétuosité. J’avais des amis à l’époque, fiers et heureux. De ceux-là il m’en reste si peu. Souvent, j’ai l’impression de les avoir tous perdus en même temps que Tomas. Il a emporté avec lui tous les liens qui m’attachaient à d’autres êtres humains. Coupée du monde et de la réalité j’ai oublié jusqu’à leurs noms, leurs visages, leurs souvenirs. Certains peut-être me croient encore morte dans une contrée d’Afrique. Je sais que la rumeur avait couru, à une époque, lorsque, tombée dans l’abime de la souffrance, j’étais devenue aveugle à l’univers, perdue dans mes propres tourmentes. Un pincement douloureux sert mon cœur avec fore à ces souvenirs et c’est la voix de Clive qui me tire de mes pensées mélancoliques. « P-Pourquoi restez-vous ici à me p-parler ? V-Vous avez sûrement mieux à faire... »  Brutalement ramenée à la réalité du bar mes iris se plantent dans son regard fatigué, comme lavé par des années d’attente interminables. Autour de nous j’ai l’impression que le temps s’est arrêté quelques secondes. Mais peut-être est-ce uniquement le fruit de mon imagination. Les regards ne semblent pas être plus accrochés par notre table que toute à l’heure, pourtant je ressens un certain malaise naître au creux de mes bras. Presque nerveusement je porte la chope à mes lèvres pour en avaler une bonne et longue gorgée avant de reposer le verre alléger sur la table de bois. Clive semble être à nouveau dans son monde, suivant les nervure du bois de son doigt aussi distraitement qu’un enfant. « Je vois que votre verre est vide » D’un geste souple je fais signe à Tom et lui commande un nouveau whisky pour Clive. Peut-être que cet autre verre le remettra d’aplomb et lui fera reprendre un peu consistance. « Mon cher, vous ne devriez pas cracher ainsi sur un sentiment que vous semblez fuir depuis de nombreuses années. L’amitié est l’unique chose qui peut encore faire des miracles dans cette sombre époque.  Que vous crachiez sur les politiques, grand bien vous face, mais encore une fois, ne critiquez pas ce que vous ne connaissez pas. » Ma voix est un murmure sombre, grondant comme le tonnerre lointain se répercutant sur la houle des vagues marines. Je marque une pause alors que Tom revient déjà le verre en main et un regard interrogateur sur le visage. Pourtant je le laisse repartir sans un coup d’œil dans sa direction absorbée par mon interlocuteur « Vous devriez faire plus attention à vous, décidément, vous perdez facilement vos moyens, je suis étonnée que personne ne soit venu vous chercher des noises avant. Et que ferez-vous lorsqu’un membre du ministère que vous aurez dénigré plus qu’un autre viendra vous demander des comptes ? Personne ne se lèvera pour vous défendre. Je ne suis pas convaincue qu’Askaban vous réussisse. » Je ne cherchais pas spécialement à l’effrayer, à dire vrai il l’était déjà. Mais je cherchais encore et toujours à le faire réagir, à faire remonter en lui les sentiments propres à un être humain, à faire ressurgir en lui l’envie de relever la tête, pour arrêter de se laisser sombrer lentement tout en gardant volontairement le nez hors de l’eau. Etonnant qu’un de ces Mangemorts n’aient trouvé le chemin de la porte de Clive… « Je ne comprends pas pourquoi vous vous obstinez à jouer cette mascarade avec vous, avec tout le monde. » Un murmure plus faible que les autres, destiné à ma seule personne, distraitement énoncé à haute voix alors que je porte une nouvelle fois mon verre à mes lèvres sombres.


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Karma is a bitch (Pv Alexis)
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